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Péage de Bassam : la CNGR-CI désavoue Amédé Kouakou et propose de nouveaux prix à Ouattara

La Coordination Nationale des Gares Routière de Côte d'Ivoire brise à son tour le silence sur les coûts de Péage de Grand-Bassam. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux ce mardi 28 juin, son Premier Responsable Adama Touré s'indigne, casse des papos et fait des propositions au gouvernement ivoirien.


Les tarifs du péage de Bassam, la goutte d'eau qui fait déborder le vase 

Avant même son ouverture le vendredi 24 juin, le poste de péage installé sur l’autoroute reliant la ville d'Abidjan à Grand-Bassam, était au centre des polémiques. Et pour cause, la grande majorité des usagers juge les taxes trop élevées pour un péage situé à moins de 17 Km de la la capitale économique.

Selon les tarifs arrêtés par le gouvernement et annoncés par Fonds d’entretien routier (FER), les véhicules légers, représentant la classe 1, payeront 1.000 Fcfa par passage, les véhicules intermédiaires (classe 2) débourseront 1.500 Fcfa. Les véhicules de la classe 3, poids lourds, autocars, véhicules à deux essieux, payeront 2.500 Fcfa par passage, tandis que ceux de la classe 4, poids lourds, véhicules à 3 essieux et plus, s’acquitteront du montant de 3.500 Fcfa.

 Une annonce qui passe mal chez une grande partie de la population. Ainsi, membres de la société civile et acteurs politiques... sont montés au créneau pour faire d'une pierre deux coups: Péage de Bassam, Dette, Cherté de la vie et la politique économique du Président Alassane Ouattara sont passés au peigne fin.


Société civile, acteurs politiques, l'affaire occupe toute les langues

Pulchérie Gbalet, la présidente de l’ACI (Alternative citoyenne ivoirienne) fait savoir de son côté que "Cela fera 40 à 48 000 F par mois pour ceux qui sont véhiculés (plus du coût de certains loyers) et ceux qui ne le sont pas 9 600 F à 14 400 F par mois (le coût d'un sac de riz). Plusieurs habitent ces villes-dortoirs pour éviter les loyers exorbitants d'Abidjan".

Pour Jean Kouadio Bonin, juriste, spécialiste des partenariats publics privés, membre du cabinet international d’avocats Serres à Paris, et Président du Think Tank FIER, le coût est excessif. «Si l’autoroute Abidjan – Yakro est maintenu à 1 250F, par tronçon, alors qu’elle a moins de trafic que Bassam et, qui plus est, elle est exploitée par la même structure, le Fonds d’Entretien Routier (FER), objectivement, je ne vois aucune raison financière qui justifieraient que le péage sur ce tronçon Abidjan – Bassam soit établi à 1000F pour les véhicules légers et même à 3 500F pour les autocars notamment», a-t-il d'ailleurs tranché, précisant par la même occasion que «Le ministre de l’équipement et de l’entretien routier doit absolument revoir sa copie».

Du côté des partis politiques, opposition et pouvoir s'empoignent. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo estime que «Les populations n’arrivent plus à vivre décemment et les hommes au pouvoir s’en foutent». Pour le PDCI d'Henri Konan Bédié, «les Ivoiriens vivent dans le stress et la peur. Il ne se passe pas un seul mois sans qu’un immeuble ne s’effondre». Au RHDP d'Alassane Ouattara, on ne voit pas les choses de cet angle. Pour le ministre Mamdou Touré, «aucun pays au monde ne peut se développer sans dette». Et le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), reste convaincu que «Ce sont des sorciers qui ne veulent pas le développement».


La CNGRCI rejoint la danse et tacle Amédé Kouakou

Le ministre de l’Équipement et de l’Entretien routier, Amédé Koffi Kouakou déclarait le 21 juin 2022 qu'« il y a un accroissement important du réseau routier en Côte d’Ivoire ». Donnant sa position sur les tarifs du péage de Bassam, il ajoutait qu'« Il faut que celui qui passe sur la route paie une petite contribution, pour permettre non seulement d’entretenir, mais aussi d’aider à financer d’autres routes dans d’autres régions ». Et de préciser que «la somme de 1000 Frs recommandée est l’un des prix les plus bas de la sous région»

Une position qui passe mal chez les transporteurs. A en croire le Président de la Coordination Nationale des Gares Routière de Côte d'Ivoire (CNGRCI), «Nous sommes surpris du coût très élevé de cette station que nous avons accueilli avec joie et qui est en train d'être annoncé pour la mise en application. Nous dénonçons que cela a été fait sans aucun consensus, san aucune information au préalable et nous ne pouvons accepter ce genre de montants sans réagir. Au nom de la Coordination nationale des Gares Routières de Côte d'Ivoire, nous nous adressons directement à son Excellence Monsieur le Président de la République Alassane Ouattara, pour qu'il s'approprie directement de ce dossier qui ma fois risque de rendre la vie plus difficile à nos populations qui s'écroulent déjà sur le poids élevé de la vie chère».

Insistant sur le fait qu'«Aujourd'hui, Abidjan-Bassam, nous les transporteurs le faisons à 500fr. Demander qu'à chaque passage sur le pont à péage, nous devons payer 500fr, nous serons dans l'obligation de doubler ou de tripler pour faire des bénéfices, l'axe Abidjan-Bassam dans un premier temps, sans oublier l'axe jusqu'à Noé. Alors, vivement que monsieur le Président essaie de revoir et appelle son ministre à l'ordre pour que les populations ne continuent pas à souffrir et que les transporteurs ne soient pas obligés de faire des augmentations incontrôlées. Parce que tous les modes de véhicules sont abusivement augmentés pour cette station, chose que nous ne comprenons pas».


Les transporteurs cassent des papos et font une proposition à Ouattara

La CNGRCI ne s'est pas limitée aux plaintes. La faitière fait des révélations tout en proposant de nouveaux coûts au gouvernement. «Une chose est vraie, il y a des riverains aussi qui vont en partir, car ils vont obligatoirement passer par cette station avant d'atteindre leurs différents domiciles», martèle Adama Touré dans sa vidéo.

C'est pourquoi poursuit-il, «Nous proposons simplement qu'au niveau des petites voitures, le Président de la République fasse l'effort de voir au niveau de son ministre des infrastructures, qui d'ailleurs ne convie personne à aucune réunion (Nous n'avons jamais été contacté par le ministère des infrastructures pour des fixations de ce genres de coûts). Le Fond d'Entretien Routier (FER) connait notre existence, nous avons déjà eu à faire des missions ensemble au Maroc! Mais aujourd'hui, la direction s'est enfermée dans une réalité que nous dénonçons tous Parce qu'elle a fait des promesses non tenues sur l'autoroute du nord et aujourd'hui, elle a honte de nous la montrer».

La Coordination Nationale des Gares Routière estime toutefois dans sa conclusion que «ce n'est pas le lieu de nous obliger à réagir, nous ne voulons pas de trouble dans notre pays. Car si les populations se plaignent de l'augmentation du transport, les transporteurs seront obligés de garer leurs véhicules. Parce que nous avons fait cela pour rentabiliser notre activité. Nous demandons au président de la république de mettre le coût des petites voitures à 250fr, c'est la proposition de la Coordination nationale des Gares Routières. Et, de faire une réduction minimale de 50 à 70% sur les autres modes de transport qui vont passer à cette station»

Cliquez-ci pour lire la vidéo de la CNGRCI


Mamadou Ouattara

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Bassam

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