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Actualité-Opposées au mariage forcé avec des vieillards : deux jeunes filles traquées et séquestrées

Les pratiques coutumières chez certains peuples ont la peau dure. Au 21ième siècle des pratiques moyenâgeuses continuent de se pratiquer dans certaines contrées de notre pays. Barakissa et Korotoumou (noms d’emprunt) font l’objet de séquestration et de traque de la part de leurs parents à Taabo et à Agboville. Barakissa, âgée seulement de 15 ans, déscolarisée, domiciliée à Taabo, vit un calvaire depuis que ses parents ont décidé depuis le mois de mars dernier de la mariée contre son gré à un vieillard sexagénaire. Qui nourrissait l’intention de se rafraîchir avec une nouvelle femme. Vendeuse de fruits et revenue du marché de Taabo le 13 mars dernier, Barakissa est appelée par sa mère dans sa chambre conjugale qu’elle partage avec son mari, le père de Barakissa. Ayant l’habitude de recevoir des conseils de sa génitrice dans ce lieu, la jeune promise ne se doutait de rien. Or, ce jour-là était celui où elle va connaître son premier grand conflit générationnel avec ses parents. Ceux qui, par leurs efforts conjugués d’une nuit, lui ont donné la vie vont lui imposer l’homme avec qui elle devra désormais vivre. Même sans son avis. Un sentiment de tristesse et de révolte l’envahit aussitôt. « Tu n’y peux rien du tout. C’est comme cela que les choses se passent et ce n’est pas toi qui va briser cette chaîne », lui dit sa mère, selon l’information relayée par  Barakissa aux agents due la direction régionale de la famille, de la femme et de l’enfant. Mais la jeune fille ne compte pas se laisser piétiner ses droits et sa liberté. Elle est, une semaine après, emmenée de force à son prétendant qui vit à Kossou dans le département de Yamoussoukro. Stratège, elle réussit à s’échapper des mains de son vieillard d’époux qui a 63 ans et se rend à Tiassalé où elle dénonce ses parents qui sont mis aux arrêts. Avant d’être relâchés après avoir payé une amende de 360 000 francs au tribunal de Tiassalé. Si Barakissa a pu se soustraire de ce guet-apens, ce n’est pas le cas de Krorotoumou dont le cas ressemble fort bien à une chasse à l’homme digne des polars américains. En effet, depuis le mois de décembre dernier, Korotoumou promise à un riche commerçant âgé de 71 ans, domicilié à Divo, est envoyée à son prétendant sous bonne escorte. Elle est la quatrième épouse de ce vieillard qui n’a plus d’avenir et qui perd la majeure partie de son temps à penser à son passé. Korotoumou refuse de se soumettre aux ébats de cet incompétent septuagénaire qui a déjà du mal à satisfaire au lit ses trois autres femmes. Pendant une semaine, elle s’oppose à consommer ce mariage arrangé par ses géniteurs. Elle décide donc de partir de Divo pour Abidjan où elle exerce désormais le métier de servante. Koroutoumou, âgée de 18 ans, s’en sort bien avec cette activité mais elle va être contrainte de revenir à Agboville pour assister sa mère malade. Que ne ferait-on pas pour l’amour d’une mère ? Erreur, car c’était un piège à elle tendu par ses parents pour mettre la main sur elle. On tente encore de la ramener à Divo. Mais Korotoumou est aguerrie et réussit à se réfugier auprès de celui qu’elle prétend aimer à Petit-Yapo où elle est encore débusquée pour être rapatriée de nouveau à Agboville. Korotoumou est excédée et se confie aux services de la direction régionale de la famille, de la femme et de l’enfant à Agboville. « Elle est depuis la semaine dernière, dans une famille d’accueil à partir d’où elle compte tisser son avenir elle-même », selon Paulin Mathurin Guégnon, directeur régional de la famille, femme et enfant, ce lundi 4 mai, à la salle de la préfecture d’Agboville. C'était lors de la 3ième édition du grand plateau de la presse. Les deux filles au même destin sont le reflet du drame que vivent aujourd’hui encore de milliers de jeunes filles à travers des pratiques désuètes.

Brou Paul   


Content created and supplied by: Brou_Paul_Kouadio (via Opera News )

Barakissa Taabo

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