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Tradition : Le peuple Sénoufo et son attachement à sa culture, le Poro

Les Sénoufos (ou Siéna, nom qu'ils se donnent, ou encore Sénéfo, Séné, Syénambélé ou Bamana), constituent une population d'Afrique de l'Ouest, présente au Burkina Faso, dans le Sud du Mali (principalement dans la région de Sikasso) et en Côte d'Ivoire (au nord, autour des villes de Boundiali, Madinani et Séguélon, Tengréla, Korhogo, Fferkessedougou, Katiola...)

Les Sénoufos sont essentiellement des paysans qui cultivent le riz, le mil, le maïs, l'igname, le coton, le karité, la mangue.

Les villages sénoufos sont gouvernés par un conseil des anciens. Dès l'âge de sept ans, les Sénoufos sont initiés, dans des bois sacrés ou sinzang, et éduqués. La théologie sénoufo est basée sur la croyance en Koulotiolo, dieu puissant et Katielo, déesse-mère. Les sociétés sécrètes initiatiques, dont le Poro, qui est la plus importante, joue un rôle déterminant dans la vie des Sénoufos.

La société sénoufo, restée très traditionaliste, n'a pas de frontière très précise entre les différentes institutions sociales, économiques et religieuses, qui sont toutes étroitement solidaires. Le sentiment religieux imprègne toutes les manifestations sociales. Le Poro, aux mains des vieillards initiés, est une organisation politico-socio-religieuse qui constitue l'élément charnière de toute la vie sociale des Sénonfos.

Il existe chez les Sénoufos, comme dans toutes les autres ethnies voisines, trois grandes divisions sociales : les nobles ou gens libres, les hommes de caste et les anciens esclaves. Les castes sont composées des artisans: les forgerons (Fonombélé) qui travaillent aussi bien le fer que le bois, et exceptionnellement le cuir (leurs femmes font de la poterie), les Lorhos, bijoutiers sur cuivre, les musiciens joueurs professionnels, les Koulés, spécialisés dans la fabrication des statues et des masques religieux. Ils sont redoutés comme jeteurs de sorts. Les Sonons, prêtres des cultes, fabriquent des fétiches et sont les animateurs des cérémonies et des danses auxquelles ils participent.

Le Poro est un système initiatique pratiqué par la majorité des populations établies au Nord de la Côte d'Ivoire et dans le Sud du Mali.

Chez les Sénofos du nord de la Côte d'Ivoire, il nécessite beaucoup de temps voire toute une vie. L'initiation au Poro se déroule en trois étapes de 7 ans. Tous les jeunes garçons prennent part à l'initiation dès l'âge de 7 ans jusqu'à l'âge de 28 ans. Toute l'étape de l'initiation se déroule à l’extérieur du village dans le Bois sacré. Les jeunes y effectuent ainsi périodiquement des retraites d’un mois environ. Les femmes quant à elles peuvent être initiées à la première étape après quoi elles ont l'obligation de se marier et sont capables de continuer l'initiation après la ménopause.

Selon la conception sénoufo, l'être humain à sa naissance est dans un état d'animalité et le Poro lui est dispensé afin de le faire passer de l'état d'animalité à celui d'homme.

Tous les cultes senoufo vénèrent Katyeleo une divinité féminine. Le créateur, Kolotyolo (Dieu), s'est retiré loin des hommes et a confié à Katyeleo la gestion du monde.

Il existe 3 cycles d'initiation, d'une période de 7 ans chacun.

·        Le Kouord a lieu pendant la période d'adolescence. L'initié a alors à charge certaines corvées et apprend certains mots essentiels. Il apprend également les rudiments de la vie communautaire et est amené à faire des sacrifices personnels. Il se doit aussi d'exercer de l'artisanat en confectionnant des costumes.

·        Le Tcholo amène l'initié à philosopher sur le sens de la vie. Durant cette étape, l'on lui révèle bon nombre de secrets qu'il n'aurait pas pu cerner auparavant, notamment des secrets sur la théologie, la philosophie et la vie en communauté.

·        Le Kaffono mène à la connaissance suprême et l'accession au cercle fermé des initiés masqués.

Le Poro comprend également une phase d'enseignement plus matérielle. Les initiés sont enseignés sur le calendrier des travaux agricoles, les diverses techniques artisanales etc...

Après la formation les futurs initiés sont soumis à un test pour déterminer le meilleur d'entre eux. Celui-ci se verra être le chef de la génération. Cet examen est un ensemble de questions sur les connaissances acquises durant le temps passé dans la forêt.

Le Poro est une initiation à la vie pour le peuple sénoufo. Dans la culture sénoufo, seul les initiés participent aux funérailles d’un initié. Autre, à la sortie du fétiche les personnes non initiées au Poro ne peuvent le voir au risque de se voir jeter un sort. En somme, on retient que le sénoufo est très attaché à sa culture. 

Content created and supplied by: Melystan (via Opera News )

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