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Le retour des coefficients divise, pourtant la Ministre a vu juste (Opinion)

Depuis l'annonce de madame la ministre de l'éducation nationale de ramener les coefficients au premier cycle du secondaire, plusieurs personnes se sont levées en multipliant les posts et commentaires sur les réseaux sociaux ou médias en ligne pour marquer leur désapprobation. Toutes ces prises de positions sont légitimes. Mais, sortons de l'émotion et posons-nous les vraies questions :

- Que nous a apporté l'uniformisation des coefficients durant ces dernières années ?

- Le retour des coefficients signifie-t-il qu'une matière est au-dessus d'une autre ?

Tout observateur objectif répondra ''rien de concret'' à la première question car avec l'uniformisation des coefficients, nos élèves arrivent aujourd'hui au lycée sans aucune base en sciences encore moins en lettres. Il n'existe quasiment plus de séries A1 et C dans nos lycées. Pourquoi ? ''on ne force plus en français ou en maths, tout est même chose maintenant. On peut prendre edhc, HG, musique... pour boucher maths et français'' disent-ils avec joie. Arrivé au second cycle, c'est la catastrophe.

On nous dira peut être que ces derniers pourraient exceller en art ou en sport. Peut être que oui. Malheureusement en côte d'ivoire, à part les lycées et quelques collèges publics, rares sont les établissements scolaires du pays qui enseignent les arts plastiques et l'éducation musicale. En plus, dans notre système il n'existe pas de classe de secondes dédiées aux arts ou au sport.

Parlant de sport, nous savons tous les objectifs de l'enseignement de l'EPS à l'école, inutile de les rappeler ici. Des structures comme l'INJS et les centres de formation existent pour ceux qui veulent en faire une profession.

Alors, ne nous voilons pas la face, les arts et le sport sont certes importants, mais la politique éducative d'un pays doit coïncider avec le modèle de développement économique que l'on veut réellement, ce, conformément à nos réalités. La Côte d'Ivoire a besoin de développer son industrie, son agriculture, son commerce, son tourisme, bref, tous ses secteurs d'activités en formant de solides scientifiques et littéraires. Cela doit être en accord avec son système éducatif.

Concernant la deuxième question, nous répondrons simplement par la négative. Les coefficients ne feront pas aimer une matière au détriment d'une autre. Le professeur a la responsabilité d'amener ses apprenants à s'intéresser à ce qu'il leur enseigne à travers le sérieux qu'il mettra dans son approche pédagogique. En cela, il est souvent aisé de voir des élèves très concentrés à un cours d'arts plastiques, musique ou edhc et se comporter comme s'ils étaient à une kermesse à un cours de maths ou français. Aussi, si nous voulons orienter le débat à ce niveau, que dirons-nous des volumes horaires accordés à chaque matière ? Ceux qui refusent les coefficients devraient aussi se battre pour que toutes les disciplines aient le même volume horaire. Soyons sérieux, Le débat devrait être ailleurs.

Plusieurs questions mériteraient l'attention de ceux qui s'offusquent face au retour des coefficients. Nous pouvons citer entre autres les effectifs pléthoriques dans les salles de classe, l'amélioration des conditions de travail des enseignants, le calvaire des enseignants du privés qui vivent un esclavage des temps modernes au nez et à la barbe des autorités étatiques etc.

En un mot, nous pensons que l'uniformisation des coefficients ne nous a rien apporté de bon alors revenons à ce qui marchait bien, notamment le retour des coefficients pour réveiller un peu nos apprenants.


Anicet Afri

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