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Découverte touristique : la vérité sur les singes sacrés de Gbêpleu

Située dans la région du Tonpki dans la ville de Man, à quelques encablures du lycée professionnel, la forêt sacrée de Gbêpleu fait l’objet de curiosité du fait de la présence de nombreux singes chargés d’histoire. Approché, l’un des gardiens de cet espace animalier a levé un coin du voile sur le regroupement de ces ‘’parents’’ en ce lieu pittoresque. « Ces singes que vous voyez sont nos anciens parents. Il y a eu un marché situé non loin de cette forêt. Les singes venaient en ce lieu au même titre que les hommes. On ne les voyait jamais venir, mais ils se retrouvaient parmi les hommes, sans la moindre menace », explique un jeune initié en charge de la surveillance. 

Le gardien ancré dans la tradition Yacouba indique que pour intéresser les singes, il suffit de battre les mains pour les voir sortir par vagues selon leurs classes d’âge. Ils se familiarisent très vite avec eux les visiteurs qui leur offrent des bananes douces, un met qu’ils affectionnent.

Plusieurs bananes se retrouvent dans les mains des ancêtres qui les mâchent avec appétit. Une banane de couleur verte retrouvée à même sol ne passe pas inaperçue. Le gardien s’explique. « Ils n’aiment pas les bananes non mûres », dit-il. 

L’origine du nom Man


Selon le guide, le nom Gbépleu donné à la forêt n’est pas fortuit. « C’est le premier village de Man. Nos parents y ont fait des sacrifices pour pérenniser cet espace. C’est sur ce site que Mandé (ndlr : la fille d’un patriarche) décédée a été inhumée. Elle a gardé sa virginité avant sa mort », fait-il savoir. D’une génération à une autre, les informations se complètent. L’un des vieillards du village ne dit pas le contraire. « Ce sont des singes sacrés. L’origine de la ville est partie de là. Il y a un patriarche qui a bien voulu sacrifier sa fille pour que la ville se développe », ajoute-t-il.

 Désormais parmi leurs enfants, les descendants des Yacouba de Man connaissent les mêmes oraisons funèbres que les hommes. « Quand ils sont victimes d’accident mortel ou de mort naturelle, on enterre ces singes comme des hommes. Quand l’un d’eux meurt, les autres pleurent avec des cris stridents », indique le guide. 

Et de renchérir : « Si vous les tuez, vous aurez des problèmes. Il faut un sacrifice en cas de meurtre causé par un homme ou un animal domestique ». A la forêt de Gbêpleu, il n’y a pas que les essences naturelles. A la demande du visiteur, des sacrifices peuvent être faits pour conjurer des mauvais sorts et même recevoir le soutien des ancêtres. Cela passe toutefois par un rituel avec l’accord du chef du village. 

Aimé Dinguy’s N.

Content created and supplied by: AiméDinguy's (via Opera News )

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