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La Grande Traversée IV: Le Roi déclare la guerre à la Princesse POKOU

Le trône circulaire de la reine POKOU

Dans la suite de la princesse Pokou, une ombre passe, fugace, mais marque un arrêt devant la chambre du petit Kouakou. Il dort paisiblement dans l’insouciance de tout le tumulte que vit le royaume ces temps-ci. Elle poursuit sa marche dans la chambre de Pokou. Celle-ci s’est aussi assoupie après un long moment d’insomnie, qu’elle aurait voulue entre les bras de son homme. Cette ombre avance en grossissant vers sa couchette. Couchée sur le côté droit, elle n’offre que le dos de son corps à la porte d’entrée de sa chambre. Dans cette position, on devine bien ses rondeurs. Son bassin et le reste supérieur de son corps renvoie la physionomie d’une guêpe maçonne sous sa couverture moelleuse. Une main fébrile relève le bord de la couverture et un corps se glisse sous la dessous. Il la ceint par la hanche, se serre contre elle. Pokou peut sentir la chaleur de ce souffle exhalée des narines sur sa nuque. Ces pectoraux bien arrondis contre son dos ; et ce ventre ferme, parcourus de muscles abdominaux contre sa hanche. Elle frémit. Ce corps c’est bien celui de son guerrier. Tout est fait de sorte à ne pas troubler le sommeil du petit Kouakou.

Au petit matin, Tano informe la princesse sur les détails de la rencontre de la veille avec les généraux des tribus alliées. Les préparatifs vont bon train et chacun sait quoi faire le moment venu. Ils discutent également du moyen d’emporter avec eux les attributs du pouvoir royal et les signes distinctifs de la royauté lors de cet exode. La princesse Pokou charge sa cousine Lotteny de séduire le gardien des armoires afin de facilité la récupération de ceux-ci. 

Ainsi, le Bia (siège royal) symbole du pouvoir politique, l’Akrafena ou l’ahôto (le sabre royal), le Djah (symbole du pouvoir économique), l’Atounglan (le tambour parleur, le verbe) et bien d’autres objets significatifs sont dérobés à la Cour.

Arrivé le jour indiqué pour le départ, les généraux procèdent à l’évacuation des populations des tribus alliés. Cette opération se fait par vague successive en commençant par les tribus plus proche du point de sortie du royaume. Elle dure trois nuits au cours desquelles chacun emporte ses biens les plus précieux. Pour certains c’est le bétail ou la volaille, pour d’autres des malles contenant divers objets, d’autres encore de simples baluchons. Ces tribus sont composées d’enfants, jeunes, femmes, hommes et vieillards ; parfois des malades qu’il faut aider à marcher ou transporter. 

A la lune noire, Abla Pokou et sa suite quittent la capitale pour le point de ralliment sous une pluie battante. Ils sont escortés par un premier groupe de guerriers jusqu’à la lisière de la forêt, limite naturelle du royaume. Des groupes de guerriers, embusqués, sont positionnés le long de leur trajet pour assurer les arrières.

L'Akrafena ou ahoto de la Reine POKOU

Tout au loin, aux confins de la capitale Ashanti, vibre le son d’un tambour ; c’est l’alerte et le texte est clair. Un ennemi inconnu vient de s’introduire dans la cour royale. Le roi, est informé des manœuvres de la princesse POKOU. Si ces informations sont vraies, elle vient de commettre un acte de haute trahison. Elle va le payer de sa vie.

Le tambour parleur

Cependant, il ignore encore que la saignée est importante au sein de la confédération. Que nombreuses sont les tribus qui ont apporté leur soutien à la princesse. Il bat le rappel des troupes et organise une battue pour que cette ‘’asaè’’, cette emmerdeuse et tous ses complices soient rattrapés et châtiés de la plus belle des manières. Cette première battue se solde par un échec cuisant. Les soldats du roi ont sous-estimé la témérité et détermination des guerriers de Pokou. Le mot d’ordre est clair : préserver la vie de la princesse quid à y laisser la sienne.

Auteur : Képhren

La Grande Traversée

Content created and supplied by: Képhren (via Opera News )

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