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Culture : chez les guéré, voici ce qui attend le gendre en cas de décès du beau-père

Les obsèques font partie de nos traditions. Organiser des obsèques dépend du peuple et même de l'identité du défunt. Du coup, les obsèques d'une épouse ne s'organisent pas de la même façon que celles d'un beau-père. Les obsèques d'un roi ne sont pas pareilles à celles d'un simple habitants du village. Poussé pas la curiosité, nous nous sommes interrogés sur ce qui attend le gendre en cas de décès du beau-père chez les guérés, peuples de l'ouest de la Côte d'Ivoire. En général, perdre le père de son épouse est synonyme d'une charge tant émotionnelle que financière.

Selon le Dr NAMOI Ahiza Célestine, Assistant à l'ENS, dans son document intitulé "Les funérailles du beau-père chez les guéré de Duekoué et Bangolo, d'hier à aujourd'hui d'après les témoignages des anciens : une construction à l'histoire culturelle du peuple Wè", le gendre informé du décès de son beau-père, porte la nouvelle à son tour à son épouse dont les pleurs attirent l’attention des voisins et la triste nouvelle se propage à travers le village. Sans tarder, le couple se rend au domicile du défunt pour le couvrir avec un pagne traditionnel. Le premier geste, sur le lieu, est de pleurer et de saluer toute la maisonnée. Ensuite, le gendre pose la question rituelle au neveu : ‘’où se trouve mon beau-père ?’’ ; Le neveu répond par la formule consacrée : ‘’le corps de ton beau-père est dans la maison, va voir’’. Le gendre entre alors dans la chambre mortuaire et couvre le cadavre du pagne traditionnel, lequel servira à l’enterrement. Après cette étape, le gendre retourne auprès de son père qui convoque sa famille par le biais du chef de famille pour porter la triste nouvelle du décès du beau-père à sa connaissance. Ensemble, ils décident des dispositions à prendre pour les préparatifs et pour honorer leur engagement, preuve qu’en pays guéré, le gendre n’est pas tout seul à assumer les charges qui lui reviennent en cas de décès dans sa belle-famille. Il est aidé par sa famille et les membres du quartier, parce qu’il faut enterrer dignement le beau-père pour une question d’honneur.

Les charges sont composées de :

• 1000 noix de colas 18 emballées dans un panier tissé avec des feuilles de palmier ;

• un bœuf, un mouton ou un cabri ;

• des pagnes traditionnels guéré ;

• un panier de riz blanc décortiqué ;

• la boisson traditionnelle extraite du raphia appelée bangui (5 à 6 calebasses).

Pour les préparatifs, un délai de trois jours est donné aux deux familles pour réunir tout ce qui est recommandé par la tradition pour l’inhumation, et permettre aux parents éloignés d’arriver à temps pour l’enterrement.

Ça semble compliqué, mais c'est notre culture et nous devons nous en accommoder.

Content created and supplied by: yakouser (via Opera News )

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