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Divo / Fabrication du pagne Dida en raphia, La bataille de l’autonomisation engagée

Le Prof Sangaré avec des membres de l'association que préside Mme Yalé (assise).


Le professeur Sangaré, secrétaire général du Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI), a visité le Jardin des palmiers de Divo, le jeudi 19 mai 2022. Le jardin des palmiers est le Centre où sont assurés la formation des artisans qui fabriquent le pagne Dida et la promotion de leurs productions. Il était accompagné des professeurs Biaka Zasseli et Kouadio Yatty Justin qui sont membres du Comité scientifique du Fonds.

Le pagne Dida doit être soutenu


Mme Marthe Yalé est l’initiatrice du projet depuis 1977. Elle a saisi cette occasion pour raconter comment elle a dû se battre pour voir son rêve que beaucoup jugeaient utopique, devenir une réalité. Outre quelques membres de son association, elle avait à ses côtés, le professeur Bakayoko de l’université Nangui Abrogoua d’Abobo-Adjamé. Cette université est en partenariat avec le Jardin des palmiers de Divo pour la recherche sur les palmiers et l’éducation environnementale. Le raphia, le rotin et le palmier à huile qui représentent la matière de travail des artisans du Centre, sont des palmiers tout comme le cocotier, a-t-on appris au cours de la rencontre.

« Le jardin des palmiers est un exemple de recherche-action », a précisé le docteur Akoua Clémentine, membre de l’équipe du professeur Bakayoko. Selon elle, il existe plus de 2000 espèces de palmiers dans le monde dont seulement 17 en Côte d’Ivoire. Malheureusement, poursuivra-t-elle, le raphia et le rotin sont en train de disparaître. Les artisans du rotin sont donc obligés de se rendre à Anyama pour s’en procurer. Des réflexions sont donc en cours, avec le jardin des palmiers, pour préserver ces espèces. Les défis sont de deux ordres : la domestication des espèces et l’autonomisation du Centre. « Notre problème est que quand l’on plante des graines de rotin, il faut huit pour les voir germer ».

Après avoir écouté les uns et les autres, l’envoyé du FONSTI a tenu à préciser que le jardin des palmiers est et doit rester la propriété des femmes de l’association de Mme Yalé.  Il a informé qu’en Malaisie, les artisans se font des milliards avec le rotin. Pour lui, cela est possible en Côte d’Ivoire. Il a donc, avec ses compagnons, estimé qu’il faut rechercher les espèces de rotin, de raphia et de palmier qui poussent le plus rapidement possible. « On veut des résultats économiques qui permettent d’avancer ». Mme Yalé qui possède une parcelle de 10 ha dans la région, a souhaité la création d’une plantation de raphia. « Si on ne créé pas de plantation, le pagne de raphia sera encore plus cher et les gens vont recourir à des matières synthétiques. Or, il s’agit d’un objet culturel à préserver », a-t-elle insisté.  

Le professeur Sangaré s’est dit émerveillé par tout ce qu’il a vu et entendu dans le Centre. « Pour le FONSTI, le soutien aux femmes est très important », a-t-il déclaré en les félicitant pour leur travail. Il a toutefois insisté pour la domestication des espèces et une gouvernance claire du Centre. Le soutien du FONSTI est très attendu pour permettre au pagne en raphia de rester un objet culturel Dida dont les ingrédients sont disponibles et le prix abordable.

Paul D. Tayoro

 

 

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

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