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Les "Poros" au cœur du confinement de Korhogo lors des funérailles d'Amadou Gon durant trois jours

Toute la culture sénoufo s'exprime depuis quelques jours à Korhogo. Un initié est tombé. Ses funérailles sont en cours. Amadou Gon s'en est allé dans le ventre de la terre. Il est passé dans l'autre chambre. Il a rejoint ces ancêtres. Ce jour-ci fut l'épicentre des funérailles du l'ex premier ministre. Ce jour-ci est solennel. C'est aujourd'hui que le mystère de la vie et de la mort vont fusionner afin que le corps du défunt soit au centre de l'univers des initiés au poro. Aujourd'hui c'est le jour sacré du rituel d'intégration. Une façon de dire aux initiés dont il a fait partie ceci : venez chercher l'un des votres son corps vous appartient.

Ce troisième jour des funérailles est solennel. L'essence même de l'initiation du jeune "Tchlélé" se trouve au carrefour du mystère de la mort. C'est le temps des honneurs et de la reconnaissance. Il est donc temps que ses pairs viennent chercher l'un des leurs. Mais comment ? Cette question est fondamentale pour comprendre le rapport du sénoufo à son bois sacré et à son institution du PORO. Mais aussi son rapport à la solidarité de corps et du groupe social. Aujourd'hui est pour le défunt le jour de son jour. Alors, majestueusement, le PORO va se présenter comme l'instrument du sacré qui, dans sa longue procession, décrivant une ligne droite fera la jonction entre le bois sacré central de Korhogo et le lieu où le corps devrait être. Il s'agit pour les initiés de venir chercher l'un des leurs. Aux pas majestueux, aux sons du tambour qui fend les cœurs tout en remuent les boyaux, le "corps" des initiées vivants avancera à pas cadencé dans la direction du levant. C'est le "Tchofarare". Il n'est donc pas donné à tous d'y être. Seuls les initiés peuvent regarder cette procession loin des sourires qui se fanent, tous dressés comme un seul homme.


Il sera permis à chaque génération d'initiés (Leguele-Nonhou) après le "Poudrigueri" d'exprimer son savoir-faire dans un univers où la vie et la mort sont perçus comme étant la même face d'une médaille. Le "Kojor " prendra le relais avant que les cérémonies du "Kouwel" suivi du "Koutor" viennent mettre fin aux rituels d'intégration des "POROS", des initiés de cette institution en pays sénoufo. Mais cette cérémonie ne prend pas fin aussitôt, à partir de 16h30 s'ouvre le passage des danses disposées en haie vive du "Kafoundal" à "Gondala". Il sera 22h 30 quand la cérémonie d'intégration du défunt prendra fin. Alors qu'elle à véritablement commencée ce jour-ci à 8h45 minutes par le "koutchonhou". En pays sénoufo, un défunt initié au PORO ne peut être enseveli que par ses pairs initiés. C'est à eux que revient la pratique des rituels d'intégration du défunt. Le mort qui doit rejoindre ses ancêtres est célébré. Amadou Gon a rejoint ses ancêtres après cette journée de ses funérailles. Amadou Gon est rentré par la grande porte dans le monde de ceux qui ont vaincu la mort et qui vivent parmi nous. 

Les morts ne sont pas morts en pays sénoufo. Marcus Rediker voilà un pan de cette institution du PORO qui forge le jeune initié sénoufo à l'école de la vie. 

Content created and supplied by: dognimalass (via Opera News )

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