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Divo / Face à la cherté de la vie, les femmes crient au gouvernement : « ayez pitié de nous !»

Faire le marché est de plus en plus difficile pour les femmes


« Que le gouvernement ait pitié de nous. Nous n’arrivons même pas à économiser parce que tout ce que nous gagnons reste au marché. Comment pouvons-nous vivre ? » Mme Sylvie Dadié est couturière à Bada, un vieux quartier de la ville de Divo. Dans son atelier, elle s’active avec paresse sur sa machine. Le  cœur n’y est pas vraiment. Mère d’une famille de six enfants, elle est rongée d’interrogations. « Avant, quand tu achetais le matériel pour la couture, tu pouvais te faire une économie. Maintenant, tout est si cher qu’on travaille presque à perte. Quand, par exemple, tu confectionnes une robe à 4.000 FCFA, le matériel comme les boutons, la popeline, le collant, etc., peuvent emporter tout ton budget », soupire-t-elle.

Mme Dadié est avant tout, une femme au foyer qui doit faire vivre sa famille. « Mais on ne peut plus rien acheter au marché», se plaint-elle. Selon elle, du fait de son occupation, elle avait coutume de préparer une sauce pour trois jours. Aujourd’hui, la sauce faite avec le même budget dure à peine deux jours. « La viande est passée de 2500 F le kilo à 3000 F. Le prix de l’huile est passé du simple au double et le riz coûte 500 F le kg. Nous ne mangeons plus convenablement. Nous ne gagnons rien dans nos activités et tout est cher. Ce n’est pas une vie ».

Même la jeune Toh Lou Fatim, élève en classe de 3ème au collège Rapha et vivant avec son frère aîné dans une chambre que leur père loue, se désole. « Je ne me nourris plus comme je le faisais l’année dernière. Avec 500 F, j’arrivais à faire le marché pour une sauce de trois jours. Maintenant, ce n’est plus possible. Il me faut désormais 1000 F pour faire le même marché », soutient-elle.

Un tour dans le marché de Bada permet de constater que trois cubes de bouillon alimentaire coûtent 100 F et un seul revient à 50 F. Pour acheter une boîte de graine de palme pour faire la sauce graine, il faut débourser 400 F quand il s’agit de la graine industrielle que l’on n’apprécie pas beaucoup dans la cuisine. La bonne graine du palmier sauvage dont l’huile rouge ne « dort » pas, coûte 45O F la boîte. C’est intenable pour les femmes qui doivent nourrir une nombreuse famille avec le même budget qu’il y a un à deux ans.

« Quatre à cinq bananes coûtent 1000 F et dix bananes font 2000 F. A Divo ici ! Pourquoi ? Je vends un petit pain de foutou à 300 F. Les clients se plaignent mais je n’y peux rien. C’est ce que nos gouvernants veulent qu’on fasse ! On va s’en sortir comment ? Tout est cher sur le marché, on ne peut rien acheter », s’écrie Koffi Lucie. Elle tient devant sa maison, un petit bistrot dans lequel elle fait aussi à manger pour ceux qui n’ont pas les moyens d’aller dans les restaurants. Ce qui la met davantage en colère est le manque de petite monnaie dans les marchés. « Si tu as 500 F et que tu fais un achat de 300 F, on te dira qu’il n’y a pas de monnaie. Tu es obligé de laisser tout ton argent là, ou bien tu vas ailleurs où on te dira la même chose. A cause de monnaie, tu vas tourner dans le marché pendant des heures ».

Cette question de monnaie qui est apparue de manière inexpliquée depuis quelque temps, en rajoute davantage au désarroi de la population. La colère gronde, surtout parmi les femmes qui ont la charge de trouver chaque jour à manger pour la famille.

Paul D. Tayoro

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

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