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Gestion des heures dans les universités publiques : le mouvement LDCI demande un audit

Dans une déclaration diffusée, le mercredi 18 mai 2022, le mouvement politique et citoyen, Les démocrates de Côte d’Ivoire (LDCI), présidé par Séraphin Prao, maître de conférences agrégé, professeur d’Economie des universités, attire l’attention du ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Adama Diawara, sur l’opacité dans la gestion des heures complémentaires des enseignants-chercheurs dans les universités publiques.

 

« A travers cette déclaration, le mouvement Les Démocrates de Côte d’Ivoire (LDCI) souhaite attirer l’attention du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique sur un sujet qui alimente d’incessants débats passionnés. La question des volumes horaires des enseignants-chercheurs est un sujet de préoccupation dans les établissements d’enseignement supérieur publics de Côte d’Ivoire. Si les heures dues sont connues et statutaires, les heures complémentaires, communément appelées HC, restent une préoccupation permanente. Elles sont au cœur de nombreuses polémiques enflammées entre enseignants-chercheurs au sein de certains départements ou font l’objet de pratiques peu honorables ou recommandables de la part de certains responsables académiques qui leur permettent de gagner de l’argent sur le dos des uns et des autres », déclare d’emblée le président de LDCI, dans une déclaration, diffusée le mercredi 18 mai 2022.

Selon Séraphin Prao, à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, « pour contrer l’inflation galopante des heures complémentaires dans les unités d’enseignement à petit effectif d’enseignants-chercheurs alors que les unités d’enseignement à gros effectif n’en avaient pratiquement pas, une mutualisation des volumes horaires d’heures complémentaires a été instaurée par les autorités académiques. Cette mutualisation permet d’affecter les heures complémentaires des uns aux autres pour compenser les déficits et, l’harmonisation est effectuée en fonction des grades au sein des départements. Malgré l’existence de cette mesure d’équité et de solidarité, la clé de répartition fait toujours l’objet de vives polémiques et une absence de transparence est souvent décriée ».

Quant à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, lit-on dans la déclaration, « en revanche, les heures complémentaires n’ont pas été traitées dans un contexte de mutualisation. Elles sont restées la propriété des unités d’enseignement qui décident, seules et en interne, de la clé de répartition qui leur convient. La polémique, dans cette université, a été créée par la présidence quelque peu acrimonieuse (sous le professeur Abou Karamoko) qui, pour avilir les enseignants, a décidé d’autorité d’instaurer unilatéralement un taux de rémunération et de ne pas respecter le bréviaire ou vade-mecum mis en place depuis les présidents Ohouo Assepo, Téa Gokou, Aké N’Gbo et Bakayoko-Ly Ramata. Le même arbitraire règne à l’université Péléforo Gon Coulibaly ».

Pourtant, révèle le professeur d’Economie des universités, « dans la gestion de ces heures complémentaires, en plus de l’opacité qui l’entoure parfois, des abus sont constatés au niveau de certains responsables de filières ou d’unités de formation et de recherche (UFR) qui se livrent à des ponctions arbitraires sur les heures de service complémentaires et sur les rémunérations des enseignants-chercheurs. C’est le cas dans certaines UFR de l’université Alassane Ouattara, où des plaintes reviennent avec récurrence en termes d’exemple. Certains responsables académiques avaient même trouvé l’ingénieuse astuce de laisser courir les inscriptions d’étudiants jusqu’après les examens de fin d’année afin de s’offrir une bonne partie des heures complémentaires des enseignants-chercheurs sur la base d’une double comptabilité ». Poursuivant le mouvement LDCI indique qu’un premier calcul est fait qui tient compte des étudiants effectivement inscrits tandis qu’un second calcul plus opaque prend en compte les inscriptions qui surviennent après mais toujours au titre de l’année achevée. « Pour le mouvement, Les Démocrates de Côte d’Ivoire, souligne-t-il, ce mode d’approche aux apparences rationnelles et innocentes qui est, en fait, un désordre savamment entretenu dans la gestion des heures complémentaires et qui, certainement, profite à quelques-uns devrait prendre fin avec les nouvelles autorités académiques. 

Le mouvement LDCI demande au ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de vérifier le statut de tous les bénéficiaires de ces heures afin d’éviter qu’en soient bénéficiaires des personnes qui n’en ont pas droit ou qui ne figurent pas sur la liste des enseignants-chercheurs reconnus dans le personnel ».

Selon Séraphin Prao, de tels abus ont existé par le passé. C’est pourquoi, demande-t-il : « Pour plus de lisibilité et une meilleure maîtrise des flux financiers, le mouvement, Les Démocrates de Côte d’Ivoire, demande aussi un audit de la gestion des heures complémentaires de ces cinq ou dix dernières années dans les établissements d’enseignement supérieur publics de Côte d’Ivoire ».

En outre, pour une gestion plus rationnelle des heures du personnel, le mouvement, Les Démocrates de Côte d’Ivoire, recommande également le recours, par les universités, à des logiciels tels que « helico », « Geisha » ou autres qui sont des logiciels de gestion des états de service des agents et chargés d’enseignement et qui permettent de gérer les heures complémentaires des personnels universitaires et les vacations d’enseignement. Car, ailleurs, dans les universités françaises, par exemple, ces logiciels sont d’usage.

Au surplus, pour une meilleure maîtrise de la population estudiantine, le mouvement, Les Démocrates de Côte d’Ivoire, demande aux administrations universitaires de circonscrire les inscriptions dans un temps et de faire respecter la règlementation en vigueur, même si des accords obtenus avec des syndicats d’étudiants expliquent le laxisme apparent. Dans la pratique, il est constaté que les cours sont débutés alors que les procès-verbaux de délibérations ne sont pas disponibles, alors que de nombreux étudiants ne sont pas inscrits et que les groupes de travaux dirigés ou de travaux pratiques ne sont pas constitués.

Le mouvement LDCI demande aussi que des efforts soient faits pour faire coïncider le paiement des bourses avec la période des inscriptions pour rendre moins laborieuse la recherche de moyens pour les étudiants boursiers. Le mouvement LDCI demande également qu’un contrôle a priori et a posteriori de l’exécution des heures de service des enseignants-chercheurs soit effectué pour s’assurer de leur traçabilité par enseignant-chercheur.

Le mouvement LDCI demande, enfin, que prenne fin l’arbitraire dans la fixation des taux de rémunération des heures complémentaires et que le vade-mecum en vigueur depuis les années 90 dans les universités publiques de Côte d’Ivoire soit respecté par toutes les universités. L’existence de taux de rémunération différents pour les mêmes services d’enseignement, tous payés par le trésor public, montre qu’il y a problème et, cela devrait, en toute logique, interpeller la tutelle.

« Pourquoi certaines universités, alors qu’elles l’ont observé pendant de nombreuses années, ont-elles subitement décidé d’opter pour autre chose, en l’occurrence, les universités Félix Houphouët-Boigny et Péléforo Gon Coulibaly ? La fixation du taux de rémunération des heures complémentaires relève-t-elle des compétences des présidents d’université et de leurs conseils ? », s’interroge le président du mouvement LDCI.    

 

La nécessité de remettre sur la table le projet de revalorisation des salaires

   

Le mouvement, Les Démocrates de Côte d’Ivoire, se demande où l’on en est avec le projet de décret portant revalorisation des salaires, primes, indemnités et avantages de toutes natures reconnus aux enseignants et aux chercheurs en fonction et à la retraite qui a été discuté au sein d’une cellule technique mise en place en juillet 2018 par la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, madame Ly-Ramata Bakayoko, et censée rendre ses résultats après deux semaines de travaux ?

« Qu’a-t-on fait des résultats de l’atelier qui s’est tenu le jeudi 14 mars 2019 au pôle scientifique et d’innovation de l’Université Félix Houphouët-Boigny (Bingerville) sur les Heures Complémentaires (HC) et d’encadrement dans les établissements publics d’enseignement supérieur de Côte d’Ivoire sous la présidence de Dr. Albert Mabri Toikeusse Abdallah, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ? », s’interroge le président de LDCI.  

 

AKE

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