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Honorable Dr Soumahoro Youssouf : « le Président Gbagbo est un acteur majeur de la scène politique ivoirienne à ne pas négliger » [Interview]

Médecin de formation, Opérateur influent dans le secteur de la filière des déchets solides en Côte d’ivoire, Dr Soumahoro Youssouf, ex maire de la commune de Koro, Député de Koro commune et Sous-préfecture, s’est prêté à nos questions pour apporter un éclaircissement aux nombreux conflits et autres difficultés qui secouent le secteur des déchets, mais aussi pour faire le tour de l’actualité politique en Côte d’ivoire. Entretien.

 

Qui est l’Honorable Dr Soumahoro Youssouf, pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Je suis Dr Soumahoro Youssouf, Médecin spécialiste en santé publique, ex maire de la commune de Koro, aujourd’hui Député de de la circonscription de Koro commune et Sous-préfecture, Président d’honneur du Mouvement Horizon Rhdp  né depuis le dernier trimestre de l’année 2018. Je suis également président de l’Association Interprofessionnelle des Opérateurs de la Filière Déchets solides (AIFD). Parce que j’ai eu à animer une entreprise qui exerce dans ce domaine, le Groupement Ivoire Eco Environnement.

Vous exercez dans un secteur d’activités où règnent souvent des conflits, du désordre, en somme, de nombreuses difficultés. Comment vous vous y prenez pour éviter ce genre de situation afin de garantir à la population ivoirienne un environnement sain?

Parler de désordre au jour d’aujourd’hui dans le secteur, je pourrai dire que c’est du passé. Effectivement, il y a de cela quatre ans il y avait un peu de désordre dans le secteur. Il faut dire que depuis un moment, nous avons essayé d’organiser ce secteur que nous avons structuré avec les associations des pré-collecteurs que nous avons mises en place. Les pré-collecteurs s’occupent d’un volet de la collecte des déchets qui comporte plusieurs étapes. Vous avez la pré-collecte effectuée par des jeunes gens qui font du porte à porte et qui envoient les ordures jusqu’aux coffres des opérateurs qui sont outillés avec de gros engins et qui les transportent jusqu’aux centres de dépôt que nous appelons communément centres de transfert ou décharges. Comme vous l’avez dit, effectivement, il n’y avait pas cette organisation avant. Depuis un moment nous avons organisé et structuré le secteur. Mais juste après nous avons fortement été confrontés, malgré l’organisation, à des problèmes de financements du secteur. Ce qui était un problème réel. Le gouvernement avait des difficultés pour le paiement des factures des prestations réalisées. Ce qui a occasionné un moment donné l’appel d’offre dans le District d’Abidjan lancé  par la Ministre Anne Ouloto qui avait en charge le Ministère de la salubrité et de l’assainissement. Depuis fin 2019, vous avez remarqué à Abidjan de nouveaux opérateurs qui ont fait leur entrée dans le secteur dans le district d’Abidjan avec des engins neufs et modernes. Et à partir de là, de nouveaux centres de transfert ont été mis en place. Ce qui n’existait pas avant. Et c’est justement ce qui créait le désordre ! On n’avait que l’ancienne décharge d’Akouédo qui était là depuis des années et qui était dépassée ; mais on faisait avec. Avec des engins qui n’étaient pas acceptés pour le district d’Abidjan. Ce qui a occasionné un appel d’offre international qui demandait de gros moyens d’investissement. Tout a donc été confié à ces opérateurs qui ont créé des centres de transfert et une décharge finale appelée centre d’enfouissement technique (CET) de Kossoin. Cela a nécessité de gros moyens de la part des nouveaux opérateurs en partenariat avec le gouvernement. Des moyens que nous les nationaux ne pouvions pas avoir. L’élément nouveau dans tout ça qui a permis de renforcer les opérateurs nationaux, c’est que nous avons lutté avec madame la Ministre pour qu’on puisse avoir une collaboration avec ces nouveaux opérateurs internationaux. Cela a été facilité entre les deux gros opérateurs qui ont été choisis, ECOTI qui a en charge le secteur de Cocody, Anyama, Abobo, Plateau et Bingerville, en collaboration avec EIDA, Coulibaly, la société Moya, et ECO EBURNIE qui s’est mis en collaboration avec GI2E, CLEAN BOR, INTER COR, et une société qui se charge de Songon. Ce sont donc ces entreprises locales qui pré-collectent pour le compte des deux entreprises internationales. C’est cela l’organisation qui a été mise en place et qui a permis d’améliorer la qualité des prestations dans les différentes communes. Dans l’ensemble, les choses ont donc beaucoup évolué dans le secteur, malgré quelques petites difficultés liées au financement. Notre souhait le plus absolu est que l’Etat paie régulièrement les factures des différentes prestations pour que les résultats soient plus meilleurs.    

Quelle est votre stratégie de positionnement dans ce secteur de la filière des déchets et de l’assainissement en Côte d’ivoire, mais aussi dans des pays de la sous-région ?

Stratégie de positionnement, je pense qu’avec ce que nous avons déjà pu obtenir avec feu Amadou Coulibaly, la collaboration entre les entreprises internationales et les entreprises locales, de sorte à pouvoir réussir un transfert de technologies, de savoir-faire. Ce qui n’avait pas été initialement prévu. On s’est dit que si ces entreprises ont été recrutées, c’est parce qu’elles ont plus d’expérience, plus de moyens et qu’elles sont plus meilleures que les entreprises nationales. Nous avons donc proposé cette collaboration directe de sorte que demain ce soit les entreprises nationales qui soient au premier plan. Après avoir acquis l’expérience nécessaire avec les entreprises internationales. Voici par exemple l’une des stratégies que nous avons proposée au gouvernement et qui a été acceptée. Aujourd’hui donc, ces entreprises internationales se basent sur les entreprises nationales dans l’exécution de leurs activités. Je peux donc confirmer qu’il y a un savoir-faire qui est établi. Notre tutelle qui est l’ANAGED, ainsi que tous nos dirigeants, savent très bien le rôle que ces entreprises nationales jouent dans le dispositif des entreprises internationales. C’est donc là, l’une des meilleures stratégies pour l’acquisition des diverses technologies que nous appliquerons dans les autres villes de la Côte d’ivoire. Le problème réel aujourd’hui, c’est vraiment le manque de financement. Sur le plan national et dans la sous-région, l’entreprise GI2E qui est de plus en plus sollicitée essaie de se positionner. Nous appuyons beaucoup de mairies pour améliorer la qualité de la collecte et du transport des déchets dans leurs communes. Nous avons commencé par la ville de Tiassalé qui a été classée parmi les villes les plus propres de la Côte d’ivoire. Il y a également Toumodi et plusieurs autres villes. Sur le plan international, le GI2E est aujourd’hui l’une des meilleures entreprises à Lomé. Sollicités par d’autres pays de la sous-région, nous sommes en ce moment en discussion pour nous accorder sur le mode de collaboration.   

Président d’honneur du Mouvement Horizon Rhdp, et Député de Koro commune et Sous-préfecture, vous avez souvent fait ce rappel à l’ordre dans certaines de vos interventions : « Alassane Ouattara est doublement notre Président ». Quel message à travers ces mots ?

’’Alassane Ouattara est doublement notre Président’’, je pense que le message est assez clair ! Nous voulons dire à travers ces mots qu’Alassane Ouattara est le Président de notre grand parti, le Rhdp. Il est également le Président de la Côte d’ivoire, donc de tous les Ivoiriens de tous les partis politiques de la Côte d’ivoire. Et nous estimons qu’Alassane Ouattara est véritablement le champion des leaders politiques en Côte d’ivoire. Ceci pour plusieurs raisons. D’abord pour ce qu’Alassane Ouattara a apporté comme développement à la Côte d’ivoire. J’estime que le développement est bénéfique à tous les Ivoiriens. Quel que soit le bord politique. Tous nous avons une seule chose en commun : la Côte d’ivoire. Donc le développement qu’Alassane Ouattara apporte aujourd’hui et qui n’est pas fait par sélection de régions est chose utile pour tous les Ivoiriens. Rares sont les régions qui diront qu’elles n’ont pas bénéficié du développement apporté par le Président Alassane Ouattara. En matière de route, d’électricité, d’eau, d’écoles, d’infrastructures de base. Son projet, et son souci majeur, c’est de couvrir toutes les régions de la Côte d’Ivoire en matière d’infrastructures. Et il le réussira. Ça, c’est déjà à saluer. Et nous lui disons merci. C’est vrai que retourner au parti unique ne peut être envisageable, mais quand quelqu’un fait bien, la logique voudrait qu’on reconnaisse qu’il fait bien. On estime aujourd’hui qu’au vu de toutes ces réalisations apportées, mais aussi au niveau de la cohésion nationale, le Président Alassane Ouattara est triplement notre Président. On a dépassé ‘’doublement’’. Il travaille sur des éléments que nous avons tous en commun dont le développement. Mais celui sur lequel le Président Alassane Ouattara doit mettre un accent particulier, c’est la cohésion entre les Ivoiriens. Moi je suis heureux aujourd’hui de l’ambiance qui règne à l’Assemblée nationale. Tous les partis politiques se retrouvent et chacun apporte sa contribution librement aux débats et on finit tous par voir l’intérêt de la Côte d’ivoire et non celui d’un parti politique. Ce qui est une première, et c’est quelque chose à saluer en terme de démocratie.

 

Dans le paysage politique ivoirien, l’Ex-Président Laurent Gbagbo a récemment créé le PPA-CI. Que pensez-vous d’un éventuel repositionnement lors des élections à venir ?

D’un éventuel repositionnement ? Moi, je suis Rhdp. Mais je l’ai dit dans l’une de mes interviews, tous les Ivoiriens doivent être unanimes que le Président Gbagbo est un acteur majeur de la scène politique ivoirienne à ne pas négliger. Tu veux ou tu ne veux pas, le Président Gbagbo est un acteur majeur de la scène politique ivoirienne. Donc le Président Laurent Gbagbo, un acteur majeur, qui crée un parti politique, c’est clair que, malgré que ce soit un nouveau parti, il ait avec lui son capital d’expérience et son génie politique. C’est pour dire qu’il ne faut pas le négliger. C’est pourquoi, nous au Rhdp, nous affûtons nos ‘’armes’’ avec la restructuration du parti initiée par le Président Alassane Ouattara. Ce qui veut dire que nous sommes conscients qu’il faudra aller aux prochaines élections avec de nouveaux outils, de nouvelles stratégies pour vaincre les autres partis d’en face. Et surtout que le Président Gbagbo essaie de s’allier au Pdci. Ce qui veut dire qu’on pourrait avoir en face un groupement qui n’est pas à négliger. Quand vous me parlez du repositionnement du Président Gbagbo, il ne faut pas perdre de vue le grand avantage que nous avons. Le Rhdp est plus ancien que le Ppa-Ci. Donc le temps que le Ppa-Ci fasse les premiers pas et apprenne ensuite à marcher, nous on ne va pas s’arrêter pour l’attendre ! On serait en train d’avancer pour récupérer une grande part de l’électorat. Si je me réjouis d’une chose aujourd’hui, c’est que le Rhdp n’est plus dans ce carcan du Rdr. C’est-à-dire que le Rhdp est le parti qui est présent dans toutes les localités de la Côte d’ivoire. Ce qui est pour nous un grand avantage et cela nourrit bien notre sérénité. Le Président Alassane Ouattara fait en sorte que le Rhdp soit partout en Côte d’ivoire, et même dans tous les foyers. C’est pourquoi au Rhdp nous avons des cadres influents de toutes les régions pour ratisser large. Ça, c’est déjà un acquis. Nous avons le plus grand parti et nous faisons notre marche majestueuse vers son développement.

Un de vos admirateurs, et non des moindres, le Ministre Mamadou Sanogo, lançait ce message à vos parents, à la célébration de votre victoire aux législatives : « Vous avez un bon élu qui est d’un commerce facile, soucieux du bien-être de sa population et qui est à l’écoute de ses parents… ». Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Là, vous avez suivi l’événement. En tout cas, merci beaucoup. Le Ministre Mamadou Sanogo est un aîné qui est une figure emblématique du Rhdp. Il fait partie des membres fondateurs du Rdr qui est aujourd’hui le Rhdp. Il occupe une fonction très stratégique au niveau du parti. Comme il le dit lui-même, sa première feuille de nomination a été signée par feu Djéni Kobénan, en charge des élections. Quand donc il dit de son jeune frère qu’il est d’un commerce facile, je pense que c’est par rapport aux nombreuses actions sociales et de développement que je ne cesse de mener dans ma circonscription pour le grand bonheur de mes parents. Au centre de mes activités, je mets nos parents et ma région. Donc tout ce que je peux apporter pour soulager mes parents, au niveau social, économique et développement, je le fais sans hésiter. En tout cas, au niveau des infrastructures, nous apportons notre contribution. Nous sommes toujours aux côtés de nos parents. Ce qui fait que mes parents et moi nous sommes en phase. Quand donc une action vient de Dr Soumahoro, ils sont tous mobilisés pour l’activité. C’est cette chaleur, cette forte mobilisation des parents autour de ma personne, chaque fois que le Ministre Sanogo est venu chez moi, qui lui ont fait dire cela.

Quel mot à l’endroit des Ivoiriens ?

A l’approche des élections, mais surtout dans la vie de tous les jours, c’est un message de paix et de cohésion que je lance à tous les Ivoiriens. On peut être de partis différents et mettre au centre de nos réflexions l’intérêt de la Côte d’ivoire et l’intérêt des Ivoiriens. Ce qui fait ma fierté, c’est l’ambiance que nous vivons à l’hémicycle. On a eu par moments des débats très tranchés, mais on finit par parler et on tombe tous d’accord sur ce qui est bon pour tous les Ivoiriens. C’est pourquoi je me réjouis du ‘’Débat politique’’ initié par le gouvernement. Reste à ce que la mise en application des conclusions soit effective. Mon mot de fin à l’endroit des Ivoiriens, c’est la paix et la cohésion sociale. Et que, quels que soient nos bords politiques, nous essayions de mettre au centre de nos activités l’intérêt des Ivoiriens. J’invite les partis politiques à plus de sagesse, surtout dans nos propos les uns envers les autres. On peut faire la politique sans réveiller tout ce qui peut provoquer des déchirures entre les Ivoiriens. Pour encore nous ramener dix ans, quinze ans en arrière. Acteurs politiques ou de la société civile, ayons tous un langage modéré pour vivre ensemble dans un pays apaisé.

 

Interview réalisée par M. O.

Coll: Sébastien Levry


 

Content created and supplied by: Sebastien_Levry (via Opera News )

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