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Montée en force des coups d'État / CEDEAO : se réinventer ou périr

Créée le 28 mai 1975 à Lagos au Nigeria, la CEDEAO est une organisation à caractère économique. Aujourd’hui, son fonctionnement est mis à mal par des questions sécuritaires et des remous politiques.

La sous-région ouest-africaine est très éprouvée ces derniers mois. Et la CEDEAO, organisation sous-régionale créée pour réaliser l’intégration des peuples et des économies joue sa survie. C’est d'abord le coup d’État au Mali avec Asssimi Goïta. C’est ensuite un mois de septembre 2021 en Guinée avec le coup de force de Mamadi Doumbouya. Aujourd’hui, ce qui est en train de se dessiner au Burkina Faso, a aussi tout d'une tentative de coup d’État.

Qu’à cela ne tienne, la CEDEAO doit se redéfinir pour s’adapter aux aspirations des peuples ouest-africains et surtout au nationalisme poussé de la jeunesse. Aujourd’hui ou plus que jamais, il est dans l’intérêt de la CEDEAO de mettre en priorité la diplomatie préventive. La meilleure façon de gérer les conflits, c’est de les prévenir. Un peu partout dans la sous-région, il existe des causes visibles sur lesquelles portent plus tard les renversements.

Il faut travailler honnêtement à créer un cadre propice à une résolution durable des causes des coups de force. La diplomatie préventive s’avère importante d'autant plus qu’une situation conflictuelle a plus de chances d’être résolue efficacement lorsque les médiateurs ou arbitres interviennent dans la phase de latence. Outre la question du terrorisme aujourd’hui, pour laquelle la CEDEAO a désormais intérêt à avoir une politique commune de lutte, notamment la création d'une force spéciale antiterroriste, l’organisation gagnerait à se faire le porte-étendard des aspirations des peuples que celles des seules élites au pouvoir.

Aujourd’hui, plus que jamais, la CEDEAO doit faire du respect des constitutions, de la démocratie, du respect des droits de l'homme, de la dignité humaine, des libertés individuelles et collectives une priorité. Tout cela ne peut se faire qu'en promouvant l’avènement d’institutions fortes qui vont au-delà des individus. Il faut renfoncer la lutte contre la corruption, les activités transfrontalières illicites, la marginalisation économique et la grande pauvreté. Si la faiblesse de la lutte contre le terrorisme a pu justifier certaines prises du pouvoir, la lutte contre le chômage généralisé des jeunes doit permettre à son tour de briser certaines poches de soutien aux activités terroristes. 


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

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