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Affaire “tous les prisonniers sont sortis de prison” : Koné Katinan répond à KKB

Le ministre de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, Kouadio Konan Bertin (KKB), dans un entretien accordé à la chaîne TV5 MONDE, dans le journal de l'Afrique diffusé ce mardi 14 juin 2022, a été emmené à faire le point de la réconciliation en Côte d'Ivoire. Selon cet ancien collaborateur du président Henri Konan Bédié, plusieurs actes allant dans le sens de la réconciliation ont été posés par le gouvernement d'Alassane Ouattara dont le dernier en date, l'octroi du passeport de Charles Blé Goudé. « Le président de la République a déjà reçu le président Laurent Gbagbo, ils se parlent régulièrement. Le président de la République a reçu le président Henri Konan Bédié, les deux se parlent régulièrement. Tous les prisonniers politiques sont sortis de prison. Nous sommes persuadés que depuis quelques temps, une rencontre entre les trois grands se préparent activement », a-t-il déclaré. Dans la seconde édition de « La tribune du PPA-CI », tenue ce jeudi 23 juin 2022, le porte-parole du Parti des Peuples Africains Côte d'Ivoire (PPA-CI), Justin Koné Katinan a réagi à cette sortie de l'ancien collaborateur du président Bédié.

« Le PPA-CI conteste véhément cette affirmation. Bien que fausse le parti se réjouit cependant qu’un membre du gouvernement avoue, enfin, à la face du monde, que ce régime a fait des prisonniers politiques. Pendant longtemps, cette réalité a été niée par le pouvoir », a-t-il réagi. Et de faire remarquer que la notion de prisonnier politique serait subjective précisant que les organisations de droits de l’Homme ont chacune sa définition du concept de prisonnier politique. Par exemple, a-t-il cité, le Conseil de l’Europe utilise alternativement 5 critères pour cerner la notion de prisonnier politique. « Ce sont : 1/ Une détention imposée en violation de l’une des garanties se rapportant notamment à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, la liberté d’expression ou d’information. 2/ La détention a été imposée pour des raisons purement politiques sans rapport avec une infraction quelle qu’elle soit. 3/ Pour des raisons politiques, la durée et les conditions de détention sont manifestement disproportionnées par rapport à l’infraction dont la personne a été reconnue coupable. 4/ Pour des raisons politiques la personne est détenue dans des conditions discriminatoires par rapport aux autres prisonniers. 5/ Enfin, la détention est l’aboutissement d’une procédure qui était entachée d’irrégularité et que cela semble être lié aux motivations politiques des autorités ».

En tout état de cause, Koné Katinan relève que “personne n'a jamais été condamnée dans le monde avec comme chef d'accusation expressément libellé « opinion politique discordante »”. En effet, fait-il savoir, tous les prisonniers politiques connus dans le monde ont, de tout temps, été condamnés pour des motifs de droits communs. « Par conséquent, notre parti estime que l’on ne saurait s’abriter derrière le fait que les personnes encore en prison soient condamnées ou poursuivies pour des infractions de droits communs, pour affirmer qu’elles ne sont pas des prisonniers politiques. Pour le PPA-CI, les prisonniers des différentes crises constituent des prisonniers politiques qu'ils soient civils ou militaires. C'est d’ailleurs parce qu'ils sont politiques que les auteurs présumés des crimes les plus graves qui sont du camp au pouvoir n'ont jamais été inquiétés. Au contraire ils ont été promus. La discrimination défavorable aux partisans du Président Laurent GBAGBO dans les poursuites diligentées contre les auteurs présumés des infractions des dernières crises politiques accrédite la thèse des motifs politiques desdites poursuites », a-t-il ajouté.

Yannick_LAHOUA

Content created and supplied by: Yannick_LAHOUA (via Opera News )

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