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Dialogue politique. Le pouvoir rassure, l'Opposition veut le prendre au mot

Le Gouvernement ivoirien tente de rassurer l'opposition sur ses bonnes intentions.

<< Le dialogue politique aura lieu. La date est maintenue, sauf avis contraire de la Primature (… Nous tenons à saluer la participation de chaque parti politique quant à la fourniture des termes de références (TDR), tels que demandés par le ministère de l’Intérieur, afin de permettre que ce dialogue soit mieux structuré en prenant en compte leurs préoccupations. >> A rassuré le Porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly, ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie, le mercredi 19 Janvier 2022, veille de cet important rendez-vous. Avant d’indiquer que << Ce dialogue permet de renforcer la cohésion sociale. Pour nous, cela est une opportunité à saisir car, ailleurs dans des démocraties, le pouvoir gouverne et l’opposition s’oppose >>.

L'ensemble des partis politiques significatifs a répondu présent à la reprise du dialogue politique ce jeudi 20 janvier.

Ainsi donc la phase 5 du Dialogue politique inter-ivoiriens s’est ouverte, hier, à la Primature entre le Premier ministre Patrick Jérôme Achi pour le compte du régime Ouattara et les formations politiques et les associations de la société civile. Plusieurs fois demandé par les Ivoiriens représentés par l’opposition et la société civile et finalement accepté par le Rhdp le parti au pouvoir, ce dialogue donne l’occasion aux responsables des partis politiques et des associations de la société civile de prendre au mot le gouvernement d’Alassane Ouattara. Ce gouvernement veut-il réellement s’ouvrir au dialogue gage de la paix ? C’est une bonne opportunité que lui offrent ses opposants pour le prouver. Car, si l’on doit chercher de la bonne foi, c’est assurément du côté de l’opposition que l’on la trouvera.

Dès son retour en Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo n'a pas mis de temps pour chercher à rencontrer son successeur Alassane Ouattara.

Et le cas de Laurent Gbagbo est la parfaite illustration de cette quête du dialogue qu’il traduit toujours par sa célèbre phrase : ‘’asseyons-nous et discutons’’. Tous les actes que pose l’ancien chef de l’Etat ivoirien sont la traduction de cette tolérance, du pardon et l’acceptation de la différence de l’autre. Combattu pendant plusieurs années, depuis son accession au pouvoir, bombardé de mars à d’avril 2011 Laurent Gbagbo a été arrêté puis humilié pour être transféré d’abord au QG (quartier général) de Ouattara, ensuite au nord, précisément à Korhogo, dans le fief des rebelles de Guillaume Soro alors Premier ministre et ministre de la Défense de Ouattara. Dans la soirée du 29 au 30 novembre 2011 il est déporté aux Pays-Bas en prison de la Cour pénale internationale (Cpi) pour y être jugé. Malgré toutes les intrigues fourbies par le régime d’Abidjan en complicité avec la procureure de la Cpi Mme Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo est, le 31 mars 2021, finalement acquitté totalement blanchi des crimes dont il était accusé. Alors qu’il manifeste sa volonté de revenir dans son pays, on se souvient encore des tractations souterraines et des tracasseries pour la délivrance de ses documents administratifs en vue de la confection de ses passeports, ordinaire et diplomatique. C’est un Laurent Gbagbo résolument déterminé à revoir les siens en Côte d’Ivoire qui ira faire le pied de grue à l’ambassade de Côte d’Ivoire en Bruxelles en Belgique pour l’acquisition de ses passeports, lui un ancien Président de la République. Cette autre humiliation il la subira sans y prêter attention, son objectif bien connu de tous, étant de regagner son pays où l’attend un vaste chantier de la réconciliation nationale.

La reprise du dialogue politique est la conséquence de la rencontre Ouattara et Gbagbo qui a détendu l'ambiance politique qui régnait avant le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire.

Laurent Gbagbo finira par avoir raison du régime Ouattara lequel consentira à lui ouvrir les portes du pays, le jeudi 17 juin 2021. On dira contre son gré, puisque le régime déploiera toute son armée pour bastonner et violenter en vue d’empêcher l’accueil triomphal minutieusement préparé par les partisans de son rival. Vingt jours après son retour au bercail, soit le mardi 27 juillet, prenant entièrement sa place de chef de file de l’opposition, Laurent Gbagbo - qui a fait fi des tribulations et humiliations dont il a souffert durant toutes ces années - demande et obtient une rencontre avec son bourreau d’hier, Alassane Ouattara. << Je suis venu rendre visite au président Alassane Ouattara, que je connais depuis longtemps. On a parlé fraternellement, amicalement et je suis très heureux parce que c’était très détendu. Je suis fier de cela. J’ai souhaité que nous puissions avoir ce genre d’entretiens qui détendent l’atmosphère dans le pays >>. On voit bien que c’est Laurent Gbagbo qui est à la manette, c’est lui qui prend l’initiative de cette rencontre qui, en fait, est le prélude du dialogue politique qui a débuté hier. La balle est désormais dans le camp d’Alassane Ouattara. S’il veut la paix, le chef de l’Etat qu’il est, a tous les leviers entre ses mains. La Côte d’Ivoire l’observe.

Haity

Content created and supplied by: Haity (via Opera News )

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