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Sanctions contre le Burkina : pourquoi les chefs d'État de la Cedeao hésitent, hésitent !

Les Chefs se sont concertés sur la situation du Burkina Faso, ce jour vendredi 28 janvier 2022. Aucune décision importante n'est sortie de ce sommet extraordinaire, en dehors des sentiers battus de la suspension. Preuve d'un embarras palpable !Nana Akufo-Addo, Président de la Cedeao (Photos web)

Le minimum syndical. C’est ce qui est donné de voir du sommet extraordinaire par visioconférence, tenue le vendredi 28 janvier par les Chef d’État de la de la Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest (Cedeao).

Selon toute vraisemblance, le cas Burkinabé ne connaîtra pas le sort de celui du Mali. En tout cas, les nouvelles autorités au pouvoir à Ouagadougou bénéficient d'un sursis bienveillant qui coûte au moins jusqu'au 03 février 2022. Personne ne va s’en plaindre par ailleurs !

En tout cas, l'on n'est bien loin de la frénésie qui s'était emparée des Chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) dès après le second coup d'État survenu au Mali. La même excitation a été vécue sur les bords de la Seine. Le régime au pouvoir à Paris avait pris le coup d’État des militaires dirigés par le lieutenant-Colonel, Assimi Koïta comme un affront personnel, un casus belli contre l’imperium de la France dans son "arrière-cour" !Les Chefs d’État de la Cedeao n'ont jamais été autant inaudibles des populations

Au concert d'indignation outrée a suivi une batterie de sanctions, annoncées plusieurs jours avant par la ministre française aux Armées, Florence Parly et fidèlement exécutées par les Chefs d’État de la Cedeao, le 0ç janvier 2022 à Accra (Ghana). Ces visait visiblement ostensiblement à étrangler sur tous les plans, les nouvelles autorités au pouvoir à Bamako et par ricochet, tout le peuple malien.

La rue malienne jugeant ces sanctions particulièrement injustes est sortie massivement pour crier sa colère contre la Cedeao et surtout contre la France qui était manifestement à la baguette. La même colère indignée a parcouru toute l'Afrique et quelques capitales occidentales.

Au vu de la « mansuétude » dont fait preuve aujourd’hui ces dirigeants de la sous-région face à la « nouvelle rupture de l'ordre constitutionnel »au Burkina, bien de questions se posent. Soit ces Chefs d'État se sont rendus compte qu'ils sont allés trop loin en s'aliénant au passage leur crédibilité en face des populations africaines, soit, Paris qui est aux manettes a ordonné de mettre la pédale douce.

La première hypothèse est peu plausible quand on sait que tous ces Chefs d’État, qui exigent vent débout, le respect de « l’ordre constitutionnel » dans les pays voisins, n’ont eux-mêmes que faire d’une quelconque légalité, encore moins du respect de leurs opinions publiques nationales.Le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba regarde les choses venir !

La seconde est certainement la bonne. A preuve, la France marche désormais sur des œufs en Afrique occidentale. Sa présence militaire et même physique tout court est bruyamment contestée par la majorité des populations. Par ailleurs, avec le pourrissement des relations avec les autorités maliennes, la présence des troupes françaises au Sahel relève désormais de la farce.

La « Task Force sabre » de Takuba qui est censée être le fer de lance du redimensionnement de la présence militaire française, est fortement ébranlée par les défections successives de la Suède et du Danemark. Face à la situation de pourrissement actuelle, Paris risque fort de se retrouver toute seule dans son aventure de reconquête du Sahel.

Le Burkina se présente dès lors comme un pion clé dans la politique militaire de la France en Afrique de l’ouest. Les décisions concernant les militaires au pouvoir dans ce pays ne peuvent, de ce point de vue, être prises les yeux bandés. Le silence de Macron et de ses lieutenants en France et ailleurs est pour le moins révélateur !

Théodore Sinzé  

 

Content created and supplied by: ThéodoreKoffiSinzé (via Opera News )

Burkina Faso Cedeao

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