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Soins mère-kangourou : plus de 90% des bébés prématurés ou de faible poids sauvés

Depuis 2019, la Côte d’Ivoire s’est engagée à ouvrir des unités de soins mère-kangourou. Cette technique simple et efficace contribue à la réduction de la mortalité néonatale dont la prématurité est une des grandes causes.

Des nouveau-nés minuscules. Ils sont nés prématurément ou avec un trop faible poids. Ces nouveau-nés sont nichés bien au chaud sur la poitrine de leurs mamans. C’est dans des poches d’amour qu’ils prennent chaque jour quelques grammes et des forces avant d’aller à la rencontre du monde extérieur.

Ce vendredi 27 mai 2022, nous sommes à l’unité de soins mère-kangourou du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Treichville inauguré en février 2019. Pour l’ouverture, l’Etat ivoirien, appuyé des partenaires comme l’Unicef, et la France par le biais du Fonds Muskoka.

Dr Meazieu Somé est le chef de cette unité. Elle nous ouvre les portes de son « village » qui accueille pour un temps indéterminé des mères-kangourous et leurs bébés nés avec un poids inférieur à 2kg.

Les soins mère-kangourou consistent pour la mère à porter continuellement sur sa poitrine le nouveau-né de faible poids, peau contre peau. Ils aident le bébé à s’épanouir physiquement et mentalement.

« La méthode mère-kangourou est une alternative à la couveuse. C’est une méthode humanisante où la disponibilité de la maman 24H/24 apporte plus d’amour au bébé et augmente ses chances de survie », affirme Dr Meazieu Somé.

Elle a encore en mémoire la prise en charge avec succès d’un bébé entré à 980 g et qui est sorti de l’unité à 2000g.

La mère doit garder le bébé contre elle entre 15 et 18 heures par jour pour un bon maintien de la température. Les spécialistes estiment que bien suivi, le nouveau-né doit prendre 15 grammes par jour et atteindre 2000g avant de rentrer à la maison. Le séjour des mères dans le village dépend donc de la prise de poids de leur enfant.

Et quand la mère biologique n’est pas en état de le faire, c’est une autre femme qui joue le rôle de mère couveuse. Tissant autour des berceaux de belles histoires d’amour et de vie.

Le bébé de dame Fanta Savané hospitalisée après une césarienne est porté par sa sœur. « Le bébé est né à 1,150 kg. Nous avons été admis dans cette unité. Nous sommes bien suivis par un personnel disponible 24 heures sur 24. Nous ne payons rien ici. Tout se passe bien », assure la mère-kangourou.

A quelques lits de là, des triplés de petits poids ont réuni autour de leurs berceaux, leur mère, leur tante et leur grand-mère.

Emmanuelle Yao a donné naissance le 15 avril 2022 à des jumeaux de faible poids. La jeune maman garde un bon souvenir de cette technique.

« Contrairement à la couveuse où la mère ne peut pas voir son enfant comme elle le souhaite, ici, elle l’a avec elle. Elle peut le toucher, lui parler. C’est plus rassurant. Et les bébés évoluent bien », dit-elle.

Depuis son ouverture, l’unité a accueilli 118 petits poids de naissance en 2019, 140 en 2020 et 129 en 2021. La méthode a permis de sauver la vie de plus de 99% des prématurés admis.

De façon générale, pour l’année 2021, ce sont 708 bébés prématurés ou de faible poids qui ont été régulièrement suivis dans l’ensemble des unités. 672 ont été sauvés, soit un taux de survie de 94,92%.

Après la sortie, les enfants sont régulièrement suivis. Les mères reviennent à l’unité de soins pour des contrôles. Et des visites sont également organisées à domicile pour s’assurer que les mamans, une fois dans leur milieu de vie, suivent bien toutes les recommandations.

Toutes ces mères-kangourous souhaitent la multiplication des unités afin que toutes les femmes qui en ont besoin puissent bénéficier de cette technique révolutionnaire qui a de nombreux avantages.

Fort des résultats obtenus, l’objectif est désormais de la propager sur tout le territoire national.

Ainsi, après le CHU de Treichville, des unités ont ouvert aux CHU de Cocody, de Bouaké, aux CHR de Korhogo, Bondoukou, Odienné, Man et à l’Hôpital général de Gagnoa.

C’est en 2003 que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) souscrit à la méthode pour la première fois. Pour l’OMS, cette méthode est « un moyen efficace de répondre au besoin de chaleur, d'allaitement au sein, de protection contre les infections, de stimulation, de sécurité et d'amour du nourrisson ».

Content created and supplied by: CICG (via Opera News )

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