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Boni-Claverie ramène Ouattara aux vrais problèmes du pays et crache ses vérités sur le cas Gbagbo

Après 72 heures de réflexion, la présidente de l'Union Républicaine pour la Démocratie (URD), Danièle Boni-Claverie a dépecé le discours à la Nation, prononcé le 6 Août dernier par le chef de l’état, Alassane Ouattara à la veille de la commémoration du 62eme anniversaire de l'indépendance. Peu enthousiaste des "mesurettes" prises par le dirigeant Ivoirien dont elle dénonce les "promesses vagues" dans la lutte contre la vie chère, l'ancienne ministre de la communication ramène le pouvoir en place aux véritables problèmes qui minent la nation et lui crache ses vérités à propos de la grâce présidentielle accordée à Laurent Gbagbo.


Nous avons entendu le 12 ème discours du Président de la République depuis son investiture et avons constaté la satisfaction du père de famille, heureux d’annoncer à ses enfants un certain nombre de mesures qui vont améliorer leur quotidien. Qui, en effet, ne peut se réjouir de ce que le pouvoir d’achat va augmenter pour deux catégories de citoyens, les fonctionnaires et les forces de l’ordre. Soit autour de 220 000 personnes pour l’une et 115 000 pour l’autre. Etendues aux familles que cela représente, ces mesures ne sont pas anodines et nous nous en réjouissons pour les heureux bénéficiaires.

Mais un père se doit d’être juste et équitable. Alors, comment comprendre que tous les autres citoyens soient mis de côté et que le problème de la cherté de la vie ait été escamoté sous des promesses vagues. Sont également nombreux ceux qui ne partagent pas l’enthousiasme du Chef de l’Etat sur l’amélioration de leur qualité de vie.

La classe dirigeante de notre pays semble vivre sur une autre planète et lorsqu’il est affirmé dans ce discours que « la paix et la cohésion sociale depuis deux décennies demeurent des acquis les plus précieux », nous pouvons en déduire que la réconciliation – mot qui n’a pas été prononcé tout au long du discours – n’a plus sa raison d’être puisqu’elle est un « acquis ».

Or nous savons et le dénonçons que l’unité nationale est compromise par la récurrente politique de rattrapage ethnique et par le communautarisme pratiqué, source de profondes rancœurs. Les conflits inter communautaires ne peuvent pas être ignorés. Ce sont des facteurs qui menacent la cohésion nationale. C’est pourquoi, le chantier du foncier rural et le déboisement de nos forêts doivent être pris à bras le corps. L’orpaillage clandestin, dénoncé en son temps par le Président Bédié, au-delà des problèmes environnementaux catastrophiques qu’il provoque, soulève la nécessité pour notre pays d’élaborer une véritable politique d’immigration ce qui n’est nullement contradictoire avec notre vocation « contrôlée » d’hospitalité et d’accueil.

La montagne a accouché d’une souris. Pourquoi transformer en privilège ce qui n’est qu’un dû. Le dégel des avoirs du Président Laurent Gbagbo et le paiement des arriérés de ses rentes viagères rentrent dans la normalité administrative. Pourquoi cela n’intervient-il que maintenant alors qu’il a été acquitté en 2019. Et comment se réjouir d’une simple grâce qui élimine un concurrent éventuel alors que nous attendions une amnistie comme en a bénéficié Simone Gbagbo en 2018.

Ces mesurettes ne sont pas satisfaisantes. Le pardon doit être total sinon il ne convainc pas. Le Dialogue politique a égrené les points essentiels, indispensables pour que la situation se normalise et qu’un point final soit tiré sur toutes ces crises répétitives qui nous ont déchirés depuis 2 décennies. La réponse donnée par le Chef de l’Etat est minimale. 

Autant nous nous réjouissons de la libération « conditionnelle » du vice-amiral Vagba Fassignaux et du Commandant Abehi, autant nous affirmons que tant que le Général Dogbo Blé ne sera pas libéré avec tous ses frères d’armes ainsi qu’avec tous les prisonniers politiques, la paix, la cohésion sociale et la réconciliation ne seront qu’un leurre. « La véritable indulgence consiste à comprendre et à pardonner les fautes qu’on ne serait pas capable de commettre » Victor Hugo.

Danièle Boni-Claverie.

Présidente de l’Urd.

Content created and supplied by: RaoulMobio (via Opera News )

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