Sign in
Download Opera News App

 

 

Accords de défense: le Mali veut renégocier mais la France favorable à de ''simples amendements''

La semaine dernière, le gouvernement de transition du Mali a dénoncé la violation de son espace aérien par un avion militaire de transport français de type A400M « Atlas » qui assurait une liaison entre Abidjan et Gao. Ce vol est intervenu alors que le Mali venait de fermer ses frontières aux pays de la CEDEAO en mesure de rétorsion aux sanctions prises à son égard par l'organisation sous régionale.

Mais du côté français, on voit plutôt les choses sous un autre angle. En effet, si l’on se réfère aux accords militaires conclus entre Bamako et Paris, le 7 mars 2013 sous forme « d’échange de lettres » entre les deux gouvernements, ceux-ci garantissent une « pleine liberté de circulation sur le territoire et dans l’espace aérien malien des véhicules et des aéronefs, militaires et civils, du personnel du détachement français ainsi que des détachements non français de la force Takuba ». Alors, la réaction du gouvernement malien qui a protesté contre ‘’la violation’’ de son espace aérien a été perçue du côté français comme un sot d’humeur vis-à-vis  de Paris qui a apporté sa caution aux sanctions prises par la CEDEAO contre le Mali.

Toutefois, la sortie du Premier ministre Choguel Kokalla Maiga le 16 janvier 2022 indique que la réaction malienne va au-delà d’une « simple réaction d’humeur ». Relatant les accords de défense entre son pays et la France, Choguel Maiga a indiqué sur la chaine de télévision nationale l’ORTM, qu’une  lettre envoyée par  Dioncounda Traoré pour demander l’aide de la France à déclenché l’opération française Serval, le 11 janvier 2013. Il a ensuite précisé que de cet accord, « aucune copie n’existe ni à la présidence, ni au ministère des Affaires étrangères », l’original étant en France. « Quand on a eu besoin récemment, c’est sur le site du Sénat français qu’on l’a trouvé. Parce que nous voulions relire les accords, qu’il estime « déséquilibrés » car ils font « de nous un État qui ne peut même pas survoler son territoire sans l’autorisation de la France ».

De plus, évoquant la lettre de Dioncounda Traoré du 11 janvier 2013, le Premier ministre Maïga a assuré qu’elle indiquait « clairement » un « appui aérien et en renseignement » qu’elle ne prévoyait « pas des militaires français sur notre terre ». Il s’est ensuite indigné « Ils ont amené 4000 militaires français. Ils ont fait venir d’autres africains, ils ont fait venir la MINUSMA, interdit à l’armée malienne d’accéder à une partie de son territoire, alors qu’ils proclament que c’est pour recouvrer l’intégrité du territoire. Donc, il y a un discours apaisant, lénifiant, en attendant le réveil brutal et la réalité ».

C’est pourquoi selon rfi, le gouvernement de transition du Mali a saisi fin décembre « les autorités françaises pour renégocier les accords de défense qui lient les deux pays ». A en croire Choguel Maiga, le gouvernement de transition « a décidé que nous n’allons plus demander d’autorisation à qui que ce soit pour survoler notre territoire. Et à moins de 7 mois de la rectification de la transition, nous avons les moyens de survoler et aller partout sur notre territoire sans autorisation ». Il s’agit donc pour la junte militaire dans un contexte de tension extrême des relations entre le Mali et la France, de restreindre considérablement la liberté de mouvement des forces françaises et de la MINUSMA. Mais là où le Mali parle de relecture des accords militaires qui le lie à la France, Paris parle plutôt de « simples amendements » à apporter aux accords existants. Les négociations promettent donc d'être très âpres.

 

Content created and supplied by: SGB78 (via Opera News )

abidjan bamako cedeao france gao

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires