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Sourire du lundi : Mariage, funérailles et cherté de la vie

Est-ce fariboler pour faire s'esclaffer tout le monde, que de parler de cherté de la vie ? Nous en donnons pourtant tout l’air, peut-être, par notre comportement qui ne va pas avec cette conjoncture que nous décrions. 

Des exemples ? Rien qu'un regard dans les mariages et les funérailles.

Les dépenses engagées dans les mariages n’ont pas diminué d’un iota : les lieux de leurs célébrations et de ripailles qui s’y rapportent, sont identiques, avant et au moment de cette cherté de la vie tant décriée. 

Les candidats aux mariages vous répondront que cela est tout à fait normal, qu’on ne se marie qu’une seule fois dans la vie, et d’ailleurs le mariage, c’est jusqu’à la gare ! Daphné l’a chanté, nous avons tous aimé ! Alors ?

Telle encore cette veuve d’il y a à peine six mois, la soixantaine bien sonnée, qui vient d’avoir un nouvel amoureux dans sa vie, un homme timide depuis bien des lustres ; leur mariage devrait avoir lieu le 10 septembre de cette année, dans un hôtel « comme ça ! », dit cette femme. La location de l'hôtel coûte quatre cent mille de nos francs ! L'homme se dit pourtant fier de faire de telles dépenses pour sa dulcinée, quel que soit le prix à payer.

"La vie est chère, aujourd'hui, que dit le Premier ministre, Patrick Achi? Lui aussi !"

Côté funérailles de parents décédés ? Mêmes prix !

On doit enterrer cet homme " dignement ! " , disent en chœur les membres de la famille. Le cercueil est alors acheté au prix de plusieurs mois d’économies du travailleur de la famille et de quelques autres énergumènes de ces circonstances curieusement adulées.

Ils arrivent ainsi dans les villages sans routes praticables, dans des corbillards de fortune, après la levée de corps dans la ville d'à côté, ou d'une lointaine ville du pays, à 22 heures. Le lendemain, l’enterrement ! Plus de trois cent milles francs du cercueil, ou un peu plus, engloutis après quelques petites heures de contemplation d’un mort et son cercueil si coûteux, je ne sais pourquoi. 

"La vie est chère, aujourd'hui, que dit le Premier ministre, Patrick Achi? Lui aussi !"

Pauvre Gbalet Pulchérie. Sont-ce ces gens qu’on appelle à la reconnaissance de la cherté de la vie, à lever le doigt pour cela, même en restant chez eux, à la maison ?

Refrain d’une rengaine mondiale, la cherté de la vie. Les gens la vivent sans coup férir. Jeunes, vieux, ruraux et citadins, tous s’en vont, joyeux, cueillir les épis de la vie, non pas dans la protestation, mais dans les plaisirs qu’offre cette vie elle-même, fussent-ils si chers !

Bon. Passons, il n'y a vraiment rien à en tirer... Un peu plus loin, le Mali et ses coups d’Etat militaires. Qu’Allah accueille dans son paradis, l’âme de ces nombreux morts innocents que ces pronunciamientos dérisoires occasionnent. 

Allah est grand, Son Prophète aussi, pour tout ce qu'il nous arrive. 

A lundi prochain, inch’allah.


Constant Minangoy 

Content created and supplied by: Constant_Minangoy (via Opera News )

patrick achi

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