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Trêve sociale / P. Attabi (CSSP-CI) "On ne sera pas tenu par un accord ..."

Revenu d'un séjour d'un mois en Europe, Pacôme Attabi, Président de la coalition des syndicats du secteur public de Côte d'Ivoire ( CSSP-CI), a bien voulu se prononcer sur la mise à l'écart de sa faîtière par le gouvernement, aux dernières négociations de Grand Bassam, dans le cadre du dialogue social, les 20 ,21 et 22 juin 2022.


Vous avez passé presqu' un mois hors du pays. Où étiez vous ?

Je suis allé en Europe. Notamment en Suisse puis en France pour des activités syndicales. En Suisse,par exemple, se tenait la 110e session de la conférence internationale du travail de l'OIT. En France, j'ai été au congrès de la confédération générale des travailleurs Force Ouvrière qui s'est tenu dans la ville de Rouen en présence de plus de 3000 délégués. J'ai représenté le Secrétaire général de la centrale FESACI-CG. Puis j'ai bénéficié de diverses formations syndicales à Paris avant de rentrer en Côte d'Ivoire.

Des retombées certainement?

Bien sûr ! Les structures syndicales auxquelles j'appartiens y ont beaucoup gagné. En effet,j'ai pu accroitre le relationnel de ces structures. En bénéficiant de l'expérience des camarades français dans divers domaines de la lutte syndicale. Ce qui, du reste, nous permet de relever le contraste existant entre la place du syndicalisme français et celui de chez nous, en Côte d'Ivoire. En France,le syndicalisme demeure un pilier majeur de la démocratie sociale. En Côte d'Ivoire, ce n'est pas le cas. Le syndicalisme est à la croisée des chemins du fait du manque d'une véritable démocratie sociale. En fait, en Côte d'Ivoire, les syndicalistes sont des faire valoir.

La Coalition des syndicats du secteur public de côte d'Ivoire (CSSP-CI ) n'a pas été convoquée pour la récente concertation de Grand Bassam entre les syndicats et le pouvoir. Quelles en sont les raisons ?

J'étais absent du pays lorsque la coalition a été mise de côté pour Grand Bassam. J'ai gardé le silence pour voir comment cette situation va se développer. En ma qualité de Président du CSSP-CI, je demeure pour l'instant dans cette posture sans être naïf pour autant.

N'avez vous pas l'impression qu'on vous écarte du dialogue social ?

C'est en janvier 2021 que la CSSP-CI a déposé cinq points de revendication des fonctionnaires sur la table du ministre de la fonction publique. Par la suite,nous avons eu plusieurs rencontres avec le ministère de la fonction publique sur ces revendications, jusqu'à avril 2022. Ces rencontres inclusives ont permis de s'accorder sur une matrice d'action de 16 points de revendications transversales. Du 20 au 22 juin dernier, le gouvernement et certaines faîtières se sont retrouvés à Grand Bassam. Je ne peux pas en dire plus, parce que ma coalition n'y a pas été invitée.

Pourquoi?

C'est au gouvernement qu'il faut le demander.

L'année 2022 est marquée par une relative accalmie au niveau du front social. Les pouvoir aurait-il donné des garanties ?

La situation ne se présente pas en terme d'assurances données par le gouvernement. En ce qui concerne la CSSP-CI, elle a déposé les préoccupations majeures des fonctionnaires à la table du gouvernement. Etant donné que ce sont des revendications transversales d'une part et le ministre de la fonction publique s'est disposé au dialogue d'autre part,la coalition s'inscrit dans ce dialogue jusqu'à terme. La fin de la discussion sera appréciée par la coalition selon ce qu' elles auront produit pour les fonctionnaires.

C'est â croire que vous êtes en phase avec le ministre ?

La disposition du ministre actuel en charge de la fonction publique à rencontrer les syndicats pour se parler régulièrement sans arrogance, nous contraint à épuiser le dialogue d'abord. Ce n' était pas le cas ailleurs. Dans tous les cas la fin est pour bientôt. On verra la suite.

Cette approche négociée ne semble pourtant pas marcher.

Il y a une seule chose à retenir:que la coalition soit ou non à la dernière phase des négociations, l'accalmie durable du climat social sera tributaire des réponses du gouvernement à nos revendications sociales. A savoir: la revalorisation de l'indice référentiel de base de 233 FCFA à 500 FCFA, la suppression de la contribution nationale, le relèvement des allocations familiales à 10 000 FCFA par enfant contre 2500FCFA aujourd'hui, le relèvement de la prime de transport et bien d'autres. Ce n'est donc pas le fait que des syndicats choisis par le gouvernement annonceront aux fonctionnaires les réponses attendues qui est le plus important. C'est plutôt l'impact des réponses du gouvernement sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires qui déterminera la suite. Surtout que la coalition ne sera pas tenue par un accord à l'allure que les choses prennent.

Il se dit pourtant que le front social est resté plutôt calme après la signature de la trêve de 2017, parce que le gouvernement a tenu ses engagements.

Je l'ai entendu quelque part. Mais, vous savez,le gouvernement qui est une institution politique peut dresser un tel tableau pour les besoins de son image. Il a intérêt à une telle communication. En revanche, quel est l'intérêt pour le travailleur du secteur public à valider une telle communication ? Les graves mouvements de grèves qu'il y a eu dans l'éducation nationale en 2019, c étaient dans le privé ? Les grèves de la coordisanté de 2018 et 2021 étaient ce dans le privé ? Les greffiers qui ont observé un arrêt de travail était-ce dans le privé ? Les mouvements d'humeur au ministère de l' agriculture,dans l'enseignement supérieur, aux ministères du commerce,de l'intérieur, des ressources halieutiques... Je crois qu' on veut nous retrancher dans le déni de la réalité. Tout naturellement,ceci explique cela (rire.)!

Emmanuel Fofana

Content created and supplied by: Emmanuelfofana (via Opera News )

CSSP Europe Suisse

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