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Crise alimentaire, le cri d'alarme d'une agronome ivoirienne: "Il est urgent de planter massivement"

Le monde risque bientôt d'être confronté à une crise alimentaire. La plus grave de son histoire, selon les Nations Unies qui évoquent "un ouragan de famine" avec pour conséquence des émeutes de la faim dans plusieurs pays.

L'Afrique ne sera évidemment pas épargnée par la catastrophe, si elle devait se produire. La pénurie ou la cherté de certains produits alimentaires sur les marchés ivoiriens, constatée déjà depuis quelques années, devrait interpeller.

La sécheresse dûe au changement climatique impacte négativement le rendement des productions agricoles. A cela s'ajoute un autre phénomène plus ou moins important au niveau local. Il s'agit de la destruction systématique des plantations voisines aux villes, compte tenu de la démographie et de l'expansion sauvage des constructions.

C'est d'ailleurs sur ce phénomène inquiétant que l'agronome Espérance C.A., consultante en agriculture biologique et blogueuse, attire l'attention à travers un cri du cœur, dimanche 22 mai. «Je me rappelle que sur le tronçon Abidjan-Dabou, il y avait une grande étendue de plantation de bananes. Et je me rappelle aussi à quel point c'était beau à voir. Un bonheur ! Souvent, quand j'avais plus de chance, je voyais les ouvriers s'affairer dans la plantation pour les soins de toilettage, les récoltes ou la vente. (...). Eh oui, certains venaient directement acheter les bananes en plantation. J'adorais le tableau», explique d'entrée la jeune femme.

Cependant, elle déclare que le décor n'est plus le même à cet endroit : «Au fur et à mesure, cette plantation a disparu. Au début, c'était un pied de bananier que je voyais par terre. Après, 4...6...9... Et puis, plus rien», se désole-t-elle. Un édifice dont elle ignore l'utilité aurait fait place à ce joli tapis de verdure. «La belle plantation et le beau paysage qu'elle offrait ont été remplacés par un édifice qui sert à je ne sais quoi. Ceux qui empruntent fréquemment cette voie et qui l'avaient remarqué aussi en savent quelque chose... peut-être.» 

(Espérance, dans une ferme de papayes)

La spécialiste en agriculture, également propriétaire d'une ferme, fait un constat amère et tire la sonnette d'alarme. Pour éviter que l'on regrette plus tard la disparition de nos terres.

«Je me rends compte aujourd'hui que, en plus du beau paysage qu'offrait la plantation, elle était une aubaine, une solution au problème que nous sommes en train de vivre aujourd'hui. A regarder la souffrance dans nos marchés : 4 bananes à 1 000 francs ! Je ne prétends pas que cette plantation à elle seule couvrirait le marché ivoirien mais je ne me souviens pas avoir vu 4 bananes à 1 000 francs au marché aussi à cette période-là», affirme-t-elle, avant d'ajouter : «A l'instar de cette plantation de bananes, plusieurs bouts de nos petits paradis ivoiriens ont été troqués pour des choses viles qui nous tuent à petit feu».

Pour Espérance, "il est urgent de planter massivement des denrées alimentaires de première nécessité, pas de les détruire". Le constat est général, avec la vente des terrains dans les environs d'Abidjan et à l'intérieur du pays.

(Les pays européens parviennent à concilier l'expansion démographique et les espaces agricoles)

Selon la spécialiste et passionnée d'agriculture, il est important de mettre les moyens à dispositions des sociétés coopératives, les entreprises agricoles, des paysans puis de les encadrer dans la production du vivrier, afin d'espérer sortir de cette insécurité alimentaire qui se profile. «Nous souffrons, mais nous vendons nos terres pour des usines, des hôtels et bien d'autres choses. Un jour, on comprendra... qui sait ? Je suis agronome et mon cœur a mal», dit-elle. 

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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