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2021 : Voici la nouvelle méthode utilisée par des "vendeuses de sexe" pour attirer les clients

"Besoin d'un massage complet ? Ne cherchez plus. Je suis une belle fille de 24 ans, naturelle. Je vous invite à venir passer avec moi un moment de détente et de relaxation." Cette petite annonce postée par une certaine "Sandichou77" s'accompagne de trois photos suggestives en déshabillé noir transparent et d'un numéro de téléphone. Plongeons dans l'univers de la prostitution à Abidjan.

Des annonces comme celles de Sandichou77, il en a des milliers sur les sites de rencontre. Certains sites de petites annonces gratuites ont même une rubrique dédiée, au nom explicite, "BIZI". Cette prostitution qui ne dit pas son nom a investi la toile ces dernières années et elle s'immisce sur des supports de petites annonces sur des sites qui sont devenues très célèbre, des sites de rencontre ou même les réseaux sociaux avec photos suggestives, allusions et mots codés. Certains sites ont de véritables catalogues avec des recherches par critères ultra précis : tour et même forme de poitrine ("en poire", "en pomme", "en obus" ou "en gant de toilette"), forme des fesses, couleur des yeux, et même ongles, lieu de rencontres ou encore horaires. Parfois, les clients peuvent même laisser notes et commentaires.  

Elisa, installée en indépendante à Cocody depuis le mois de Janvier, trouve ses clients sur des sites "spécialisés", cinq au total, pour trois clients par semaine maximum. Elle livre peu d'informations dans ses annonces mais renvoie vers son site personnel dans lequel elle détaille prestations et tarifs, sans détours. "Au début, je ne donnais quasiment aucune information, juste 'je fais des massages, appelez-moi' et je recevais plus d'une centaine d'appels par jour pour me poser des questions." Pourquoi avoir choisi Internet plutôt que la rue ? "Quand on a vraiment le choix, on préfère bosser de chez soi, sur son canapé, avec son ordi sur les genoux", affirme la jeune femme de 25 ans.  

À Abidjan, les habitudes des professionnelles du sexe ont changé avec l’avènement de la maladie à Coronavirus (covid-19) et même bien avant. Dans divers quartiers d’Abidjan, les filles de joie qui traquaient leurs clients dans certains coins de rue, les bars et night-clubs, investissent désormais, en masse, la toile pour offrir leur service : la prostitution.

« Gérer Bizi », un jargon ivoirien qui veut dire "Business du sexe" (des rapports sexuels en contrepartie d’une somme d’argent) est une forme de prostitution qui a pris de l’ampleur en ligne lors de la période de confinement en prévention de la propagation du Corona virus. Ces prostituées ont une technique d'approche particulière. Elle font des publications osées sur la toile avec des noms d’emprunt sur Facebook comme « Blanche Bizi » où « Claire Bizi » illustrées avec photos et poses suggestives.

« La prostituée vous demande en amitié sur Facebook et lorsque vous acceptez, vous communiquez par WhatsApp et vous organisez un rendez-vous dans un hôtel ou à domicile si le client n’est pas marié », explique le manager d’un bar de striptease, Kouakou Florent.

Des cabinets de massage qui ont également fait leur apparition sur la toile, servent d’appât pour gérer bizi, explique un gérant de maquis qui a voulu garder l’anonymat. Ils sont plus concentrés dans les quartiers chics d’Abidjan, telle que la Riviera. Après avoir mordu à l’hameçon des annonces et des publicités de prestations sur internet, il y a bien de quoi bénéficier de massages plus approfondis en échange d’argent.

En dehors des réseaux sociaux et des salles de massages, les clients qui avaient conservé les numéros des prostituées qu’ils fréquentaient peuvent les appeler pour s’enquérir de leur disponibilité après la fermeture bars et boites de nuit.

Fortement impactées par le covid 19

« Avec le Covid, c’est trop dur. Je dois quatre mois de loyer. Ma mère est malade. Je ne bouge pas vraiment. C’est dur et je n’arrive pas à atteindre les deux bouts. Tout est fermé partout et les maquis et bars ne sont pas ouverts », se plaint AP, une pratiquante du plus vieux métier au monde.


Agée de 34 ans et mère de deux enfants, une fille de deux ans et un garçon de 15 ans, elle témoigne qu’avant le Covid 19, elle gagnait entre 30.000 et 50.000 FCFA par jour. Mais les clients se font désormais rares, indique-t-elle, arguant que "certains clients ont perdu leur emploi". Prétextant de la crise sanitaire, dit-elle, certains clients lui proposent parfois 2000 ou 5000 de FCFA la passe, là où elle n'acceptait pas, jadis, moins de 10.000 FCFA. Pour si peu, elle préfère rester à la maison, utiliser ou faire fructifier ses économies pour survivre. Dans la commune de Treichville, des jeunes filles et des femmes sont assises. Chacune sur une chaise devant un studio qu’elle loue pour recevoir les clients derrière le rideau bleu à l’entrée de la maison. Des clients dont plusieurs sont happés depuis le net, grâce aux smartphones qu'elles pianotent incessamment. En effet, cette nouvelle technique à valeur ajoutée, acquise à la faveur du covid 19, s'est désormais installée dans leur approche du métier.

Certaines vont encore plus loin et s’installent dans des résidences meublées et à l’aide de leur publication propose aux clients de les rejoindre dans leur lieu de travail pour du plaisir.

Cap sur la zone 4, dans la commune de Marcory, lieu où se pratique la prostitution à grande échelle. Dans cette agglomération où des filles de joie de différentes nationalités se retrouvent, plusieurs bars sont ouverts.Des jeunes naïades regroupées se font désirer par des clients qui, entre deux verres de bières, se délectent en prélude à une éventuelle prestation.

M.L, adolescente de 17 ans, très belle, aux lèvres pulpeuses, à la forme généreuse moulée dans un T-shirt et une petite culotte qui épousent parfaitement ses rondeurs s’ouvre : « on ne gagne plus de client. Un jour tu as 10 000, un autre 20 000 à 30 000 FCFA. Je partais à l’école avant au pays mais avec les difficultés de ma famille et comme les parents n’ont pas d’argent, j’ai décidé de venir en Côte d’Ivoire pour gagner de l’argent », raconte-t-elle avec regret.

Cette dernière loue un appartement tout équipé de 200.000 FCFA qu’elle partage avec une amie dans le quartier chic de Biétry.

Des montants qu'elle aurait du mal à atteindre sans l'apport stratégique du net, qui les expose mieux que le trottoir où elles sont obligées de porter des masques de protection. " Beaucoup refusent de les approcher quand on porte le cache-nez", révèle ML, le regard figé sur son smartphone.

"Faut-il pour cela s’attaquer aux réseaux ?"

Cyber harceleur

En plus de la nouvelle prostitution sur internet, on attribut tous ces méfaits au compte de l’internet : escroqueries en ligne, contenu interdit ou illégal, Le cyber harcèlement, Le vol d’identité… Des exactions qui sont toutes poursuivie par la loi. Alors on suspend les réseaux ou on continu ?

S’il est impossible d’empêcher la prostitution 2.0, celle-ci doit être régis par des règles strictes et pourquoi pas par une législation.


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