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L’Assurance Chômage, vecteur de stabilisation des revenus d’emploi en Afrique, à l’aune de la Covid

L’Assurance Chômage est une assurance à laquelle cotise l’employeur et ou l’employé, en vue de protéger les salariés du secteur privé ou public, suite à la perte de leur emploi pour des motifs qui échappent à leur contrôle. Les cotisations ou primes qui s’y rattachent représentent un pourcentage de leur salaire brut.

A la survenue du COVID-19, le recours à l’assurance -chômage a été salvateur pour les travailleurs ayant souscrit à ce type d’assurance, en vue de disposer d’un revenu de remplacement liés aux pertes d’emplois. Aux Etats -Unis, les demandes d’allocations chômage ont explosé pour atteindre un chiffre record de 20 millions, courant mars 2020.

Cette assurance permet aux employés ou salariés de transférer à la Compagnie d’Assurance le risque de perte d’emplois lié aux incertitudes de l’environnement socio-économiques. Par conséquent, les travailleurs qui perdent leur emploi, sans que leur responsabilité ne soit engagée, peuvent toucher un revenu temporaire sous forme d’allocations selon les règles préétablies entre l’assureur et ses partenaires-clients, en termes de durée et du montant de ce revenu.

En raison de l’importance de cette assurance, certains états du Nord ont jugé utile de participer à son financement tout en la rendant obligatoire. En France, le financement public de l’assurance chômage est supporté par une fraction de la Contribution Sociale Généralisée (CSG). La CSG est une taxe assise sur des revenus ciblés et est destinée à financer la protection sociale. 

 En effet, l’assurance chômage permet de limiter la pauvreté des personnes privées d’emploi, de maintenir le pouvoir d’achat des ménages et de soutenir la consommation. 

A l’aune des risques de perte d’emploi que suscite l’émergence inopinée  du CODIV-19, le secteur des assurances des pays africains, par le truchement de la Conférence Interafricaine des Marchés des Assurances (CIMA), se doit de se saisir de cette situation malencontreuse pour adopter des approches innovantes, en vue d’élargir l’assiette des produits d’assurance à caractère obligatoire en y incluant l’assurance-chômage. 

Une généralisation du système de l’Assurance-chômage, au sein

des économies africaines, s’avèrerait être un levier de bonne gestion des situations de perte massive des emplois et d’amortissement des chocs économiques engendrées par des situations imprévisibles et bouleversantes à l’image de l’apparition brusque du CODIV-19                  ( fin 2019) qui a décimé nombre d’emplois tant formels qu’informels.

En termes d’illustrations, les conséquences du COVID-19 sur l’emploi aux Etats Unis se traduisent par la perte de 20,5 millions d’emplois, tous secteurs confondus en Avril 2020. Le taux de chômage qui affichait un taux réconfortant de 3,5% en février, son niveau le plus bas depuis 50 ans, s’est établi à 14,5%, le plus haut depuis 50 ans.

En Côte d’Ivoire, plus de 19 000 travailleurs de 713 entreprises sont en situation de chômage technique, selon la Centrale Syndicale Humanisme, à l’occasion de la fête du travail, ce 1er Mai 2020. A cette occasion, un plaidoyer a été fait au patronat pour rétablissement des salaires de ces employés.

Face à un désert de dispositifs contraignants de gestion des risques de perte d’emplois par les compagnies d’assurance, l’Etat se trouve en première ligne dans la recherche de solutions de sauvetage des travailleurs exposés à l’incertitude d’un lendemain sans revenus, du fait de la survenue de situations destructrices d’emplois telle que le CODIV-19.

L’Etat doit alors faire face à des dépenses supplémentaires dans un contexte où la mobilisation des recettes fiscales s’avère problématique, en raison des mesures suspensives temporaires pour le paiement de certaines nature d’impôts et taxes , pour tenir compte de la contraction des chiffres d’affaires des entreprises due aux  pertes de marchés suite à l’application des mesures barrières édictées par les gouvernants telles que la limitation des mouvements de personnes à l’intérieur des périmètres territoriaux, la fermeture des frontières etc.

Ainsi, à l’occasion d’un conseil présidentiel tenue le 22 mai 2020, en vue de l’évaluation de la mise en œuvre de son Plan de Soutien Economique, Social et Humanitaire et plus particulièrement son volet « soutien aux travailleurs dont le contrat de travail a été résilié ou suspendu du fait de la COVID-19 », l’Etat ivoirien a autorisé à titre exceptionnel le versement d’un montant de 4,4 milliards à 20 326 travailleurs qui ont perdu leurs revenus d’emplois du fait du CODIV-19. Ce fardeau de dépenses conjoncturelles devrait-il incomber au seul budget de l’Etat, sans une interférence du secteur privé dans la protection des revenus de ses travailleurs ?

Cette problématique doit être adressée au secteur des assurances dont le rôle principal est d’indemniser les préjudices résultant de la réalisation des risques. Et le risque de perte d’un revenu d’emploi en raison d’une situation incontrôlable (pandémie, calamité naturelle …) peut être dévastateur d’un ordre social. Par conséquent, son traitement par les professionnels de la gestion des risques que sont les compagnies d’assurances nous parait plus que primordial à l’effet de rendre l’Assurance-chômage obligatoire. La CIMA et les Etats qui en sont membres doivent s’accorder sur les moyens et mécanismes d’intégration de l’Assurance-chômage au rang des produits d’assurances obligatoires tant pour l’employeur que pour l’employé.

                                          GBATO JEAN

Content created and supplied by: JeanBaptisteGbato (via Opera News )

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