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Cacao/ Des exportateurs fermes :vers un autre blocage de la commercialisation

 Après les nombreux problèmes liés à la commercialisation, lors de la campagne principale (1er octobre 2020 au 31 mars 2021), les producteurs continuent de tirer le diable par la queue, durant la campagne principale. Voici la raison.

 

 

Les nouvelles ne sont pas du tout bonnes pour les producteurs de cacao ivoiriens. Tout porte à croire que la campagne intermédiaire sera une fois encore difficile.

En effet, depuis quelques jours, les plus gros exportateurs ont décidé de tout arrêter, en matière d’exportation de fèves. Motif, ils auraient atteint leur quota pour l’année 2020-2021. Il s’agit entre autres de Cargill, Cemoi, Barry Callebaut.

Selon un président de coopérative qui a requis l’anonymat, parmi ces gros exportateurs, certains ne demandent qu’à acheter le cacao certifié. « Or, durant la campagne intermédiaire, il n’y a pratiquement plus de cacao certifié. La production actuelle ne répondant pas aux normes. C’est une façon pour ces industriels de dire qu’ils ne vont plus acheter le cacao », fait-il savoir. Puis de déplorer que depuis quelques jours, plusieurs producteurs qui ont du cacao sur les mains ne savent plus à quel saint se vouer. « Les producteurs ne parviennent plus à écouler leur produit. Il faut s’attendre à un autre blocage de la commercialisation comme durant la campagne principale », dénonce-t-il. D’ailleurs, selon Charles Koné, producteur à Soubré, dans plusieurs petites localités, les acheteurs se sont rares, depuis plus d’une semaine. « Nous n’arrivons pas avoir des acheteurs pour vendre notre cacao. Quand des pisteurs se présentent, ils proposent 500 F le kg de fèves, en dessous du prix bord champ garanti fixé à 750 F le kg. C’est dommage », se lamente-t-il.

Rappelons que dans une note à l’attention des exportateurs et transformateurs, en avril dernier, le Conseil café-cacao, l’organe de gestion de la filière a relevé que l’impact du Différentiel de revenu décent (DRD) est de 5 F CFA pour la campagne principale et de 4 F pour la campagne intermédiaire, soit 9 F pour l’ensemble de la campagne. Selon le directeur général du Conseil café-cacao, Yves Koné, cet appui apporté aux industriels du fait de la crise sanitaire mondiale, est estimé à 10 milliards F CFA. Une information qui a soulevé le courroux des producteurs qui trainent encore des impayés et qui n’ont reçu aucun soutien.

Mais, à l’évidence, ce soutien apporté par le Conseil café-cacao aux multinationales de la filière n’a rien changé puisque celles-ci ne veulent plus continuer à acheter le cacao.

Le cacao représente 10% du Produit intérieur brut (PIB) et 40% des recettes d’exportation. Selon la Banque mondiale, dans son rapport sur l’économie ivoirienne en 2019, la filière emploie près d’un million de producteurs et fournit un revenu à 1/5 de la population ivoirienne. Pourtant, 54,9 % des producteurs de cacao ivoiriens et leurs familles, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Des chiffres qui restent d’actualité et ne sont pas loin de changer au vu des difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs.

 AKE

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

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