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René Yédiéti répond à Ousmane Bamba : « tu m’as volé, oui ou non ? »

Une réponse du berger à la bergère. Suite à l’interview d’Ousmane Bamba dans notre colonne concernant l’affaire les opposant en justice, le président directeur général de la Librairie de France a immédiatement réagi aux accusations portées contre lui. René Yédiéti donne, dans cette interview, sa version des faits afin de lever encore plus un coin de voile sur cette affaire à rebondissements.  

  

 Qu’avez-vous à répondre à l’interview de monsieur Bamba Ousmane ?

Il est truffé de mensonges. Je vais évoquer chaque point. Comme il l’a dit, il y a effectivement 2 dossiers. Sur celui de ECOM, je ne me suis jamais déplacé avec lui dans une banque pour retirer des espèces de ce type. Jamais ! La banque peut en être témoin. Il y a des caméras, des agents et autres dans les banques. Je ne me suis jamais déplacé pour aller retirer un quelconque sou. Pour étayer les faits, il y a une expertise judiciaire sur ce dossier. Il ne sait même pas voler parce qu’il prend sur le compte ECOM pour reverser sur différents comptes. Il y a la traçabilité, j’ai des relevés que je peux produire. Vous voyez quelqu’un qui va retirer 600 millions FCFA; 1 milliard FCFA en espèce ? Et on retrouve le même montant sur son compte. J’ai pré-signé effectivement des éléments de chèque et des bordereaux. Mais cela en toute confiance et dans le cadre de l’exploitation d’une société. Je suis un homme d’affaires. J’ai fait des études et je construis.

 Vous confirmez la double signature sur les comptes?

Oui, on avait la double signature. Mais c’est pour cela qu’il y a des problèmes. Je n’ai jamais été informé des décaissements qui ont été faits. Raison pour laquelle j’ai autant de mal à avoir les relevés de banque. C’est après les avoir obtenus que la plainte a été portée. La police judiciaire a fait l’enquête pendant que nous étions en audition. Ils ont retrouvé les fonds retirés de la société ECOM sur ses comptes. J’en ai les preuves et je peux vous les produire. Le juge a aussi ordonné une expertise judiciaire. Elle ressort les retraits faits et identifie les comptes sur lesquels ces retraits ont été versés. Donc on ne peut pas continuer dans le mensonge. Ça, c’est la première chose. La deuxième, quand deux personnes vous parlent, il faut chercher l’antériorité de chacun. J’ai fait une école de commerce. J’ai passé dix ans de ma vie dans un cabinet. J’ai été Daf ( directeur administratif et financier, Ndlr) de grosses entreprises en Côte d’Ivoire avant d’intégrer ensuite la Librairie de France. J’ai un parcours qui n’est pas celui d’un voleur. Des milliards FCFA, j’en ai vu passer assez sous mon nez. Si j’étais un voleur, je pense que je n’en serais pas là. ECOM, c’est simplement cela. Il a pompé tous les fonds d’une entreprise qui aurait pu être grande avec des employés et tout le reste. Allez chercher mes entreprises, elles ont toutes un bilan. Mais allez chercher celles de monsieur Bamba. Qu’est-ce qu’il déclare, qu’est-ce qu’il en est et combien d’employés il a ? Je ne suis jamais allez dans une banque avec lui et l’expert comptable a aussi les relevés où il a versé l’argent. S’il m’en avait donné la moitié, c’est la moitié qu’il aurait versé sur ses comptes et non la totalité donc il faut arrêter de mentir

 Qu’en est-il de l’affaire ALAP CI ?

L’affaire ALAP CI est très simple. C’est une société qu’on a monté avec mon idée. Nous avons eu le marché des annuaires téléphoniques. La société a 1 million FCFA de capital. Ils ont 33, 33 et moi 34% des actions. Ousmane Bamba a été nommé cogérant avec Atlan qui lui était chargé de vendre les insertions publicitaires. Nous avons eu un contrat de 150.000 exemplaires à livrer de Côte d’Ivoire Telecom. Comment finançons-nous cette commande avec ce montant ? Ousmane Bamba n’a pas mis un sou dans cette entreprise ni monsieur Atlan. Les annuaires ont été financés par la Librairie de France. On a payé les imprimeurs à l’étranger, le fret et la douane. Quid à l’ALAP CI de nous rembourser sur les recettes d’insertion. Côte d’Ivoire Telecom a des redevances sur le chiffre d’affaires réalisé par la société. Son intérêt est donc de vérifier sur la base des insertions le niveau de chiffre d’affaires. Dans un annuaire, chaque carré d’insertion a un coût. Vous le chiffrez et vous aurez le chiffre d’affaires de l’annuaire. Nous avons eu l’annuaire sur 3 ans ensuite la loi l’a transmis à l’ARTCI ( Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire, Ndlr). La Librairie de France n’a pas pu rentrer dans la totalité des fonds qu’elle avait avancés. A ce jour, ALAP CI doit, je crois, 212 millions FCFA à la Librairie de France. Comment après cela, l’on peut imaginer une affaire d’abus sociaux de 2 à 3 milliards FCFA ? Le chiffre d’affaires sur les 3 ans ne fait même pas ce montant. Mais ce qu’il ne dit est que la plainte à l’ALAP CI a été montée de toute pièce après qu’il est sorti de prison. Il avait 2 objectifs. Le premier, me salir et le deuxième faire une contrebalance sur les 10 milliards FCFA qu’il volés. Il a utilisé l’argent volé pour raconter n’importe quoi. Moi, j’ai envie de travailler tranquillement.

 Il a fait mention d’une affaire prochaine notamment celle de BUROTOP ?

 BUROTOP n’est pas une entreprise mais une enseigne de la Librairie de France. Par conséquent, je ne vois même pas comment quelqu’un peut être un actionnaire. Demandez lui de vous produire simplement des documents d’actionnariat. On ne peut pas être actionnaire d’une enseigne. Donc il peut faire ce qu’il veut, je trouve cela ridicule. Maintenant j’entends dire qu’il y a aussi une affaire CFAO...Mais de quoi se mêle-t-il ? Je ne comprends pas. Je suis le seul de ma génération a avoir pris le risque de reprendre une entreprise qui était en difficulté, en faillite à savoir la Librairie de France. Je l’ai reprise par un protocole, par emprunt. J’ai signé 4 milliards FCFA pour cette entreprise au moment où personne n’y croyait. C’est le travail, mon intelligence, la sueur de mes employés qui ont permis qu’on en arrive là où nous sommes.

 Avez-vous effectivement affirmé devant le juge avoir été envoûté ?

S’il m’avait envoûté, je pense que cela n’a pas été assez fort pour que je porte plainte. Dans une affaire judiciaire peut-on parler d’envoûtement ? Pourquoi alors dirai-je cela devant un juge, je suis cartésien. Il m’a volé, j’ai porté une plainte avec des preuves. Le juge a fait son job, il a demandé une expertise judiciaire. J’ai la copie qui a confirmé ces vols.

 Il parle aussi d’une voiture offerte à une femme ?

Ce sont des conneries. Les gens cherchent toujours des échappatoires. Un ami en commun m’a demandé du travail comme fournisseur pour son épouse. La dame a acheté sa voiture avec un prêt sur 36 mois, je crois. Quel est le rapport avec l’affaire nous concernant? Il faut respecter une femme mariée et ne pas évoquer publiquement sa vie. La dame est là et peut être interrogée.

 Est-ce cela la base de votre achoppement ? 

 Je l’accuse d’avoir volé de l’argent à quelqu’un qui lui a fait confiance. Ce monsieur quand je l’ai connu, il n’avoir pas un rond. J’ai même été obligé de lui acheter une voiture pour le travail.

 Avez-vous obtenu une ordonnance de non-lieu?

Nous sommes dans un imbroglio judiciaire. L’affaire ECOM est à la Cour suprême. L’affaire de ALAP CI est encore en première instance. Je vous explique. Mes avocats reçoivent un notification de non-lieu pour tous les accusés à savoir moi, Atlan, ses deux enfants et le vieux Doumbia, mon caissier parce que Bamba aurait vu un relevé d’un retrait effectué par ce dernier à mon nom. La société a une comptabilité et un bilan. Donc si vous avez un décaissement, demandez au comptable qui sortira les justificatifs. Ce qui a été fait. Mais la honte est que le chèque en question est relatif à un prêt de 25 millions FCFA à lui Ousmane Bamba. Bien sûr qu’il a remboursé après mais cela a existé. La société a des états financiers qui sont produits chaque année et déposés auprès des différentes administrations. On nous accuse d’abus de biens sociaux, de blanchiment..et personne ne nous dit de combien. J’ai lu ici et là tantôt 2 milliards tantôt 3. Le chiffre d’affaires de la société n’atteint pas ces montants. Comment peut-on accuser alors des gens sur ces faits?

 Où en est la procédure judiciaire actuellement ?

Mes avocats reçoivent un avis de non-lieu, comme je vous l’ai dit plus haut, et veulent la notification. Mais ils ont toutes les difficultés du monde à l’avoir. Ils vont chez le juge d’instruction après au parquet, ils tournent en rond. Le jeudi d’il y a deux semaines, ils apprennent que l’affaire va être enrôlée le mardi suivant. Aucun de nous n’est convoqué. Nous n’avons pas non plus la notification qui nous envoie en correctionnelle. La notification, nous l’avons vue sur un site d’informations avec un titre : ‘’ René Yédiéti en route pour la MACA’’. Le mardi effectivement l’affaire a été enrôlée. Mes avocats se sont plaints du fait que l’affaire est été jugée alors que la défense n’en était pas informée. Il y a une suspension d’audience. Et après concertation, on annoncé le report au 16 mars. Entre-temps, mes avocats ont interjeté appel. Dans une juridiction normale, lorsqu’il y a appel, la décision va à la Cour d’appel. On ne peut s’empresser de l’enrôler et de la juger. Mais avocats, aujourd’hui, essayent de savoir où en est appel. S’il est encore à la Cour d’appel ou s’il y aura un jugement le 16 mars ?

 Pourtant dans toute cette affaire, c’est vous en premier qui porter plainte ?

 Oui, après avoir découvert toutes les malversations qu’il a faites.

Mais la justice l’a blanchi, selon lui, et il revient porter plainte contre vous ?

Sur le dossier ECOM, je peux vous produire des documents, comme par enchantement il y a eu un non-lieu en première instance. Avant cela, il y a eu un arrêt. Lorsqu’il est sorti de prison, parce qu’il est encore en liberté provisoire, le juge avait fait une saisie sur ses comptes bancaires. Comme par enchantement, il y a eu une main levée sur cette saisie. L’ordonnance à la base indique que la main levée peut se faire parce qu’il a des biens meubles qui ont été saisis alors que cela n’a jamais été le cas. Après quoi il a eu accès à tout son argent donc imaginer la suite. Nous avons fait appel sur la notification de main levée. Le 7 novembre 2019, la Cour d’appel a sorti une décision afin de refaire les saisies, j’ai l’arrêt. Il n’y a jamais eu de pouvoir en cassation. Et nous obtenons en janvier la grosse demandée en novembre de cette décision. Le 17 janvier, nous avons la décision de non-lieu du tribunal de première instance. Nous faisons appel. Alors les 13 février, bizarrement il y a un deuxième arrêt de la Cour d’appel qui dit qu’une nouvelle expertise judiciaire sera demandée. L’expert comptable commis à la tâche a même été cité. Le 20 février, un troisième arrêt dit qu’il n’y a plus d’expertise, demande le remboursement de la caution de 100 millions FCFA payés par Bamba et confirme le non-lieu. Il annule aussi la notification de non saisie de l’arrêt du 7 novembre. En droit, un arrêt ne peut annuler un autre en Cour d’appel. L’arrêt ne pouvait être annulé que par une décision de la Cour suprême. Aujourd’hui, l’affaire ECOM est entre les mains de la Cour suprême. Ce qui fait que de l’autre côté, on s’excite sur l’affaire ALAP CI.

Mais Bamba parle d’un acharnement de votre part afin de le mettre en faillite.

Quel acharnement? Je suis associé avec quelqu’un qui a volé tous les acquis de la société. Et la plainte posée, personne n’en parle. Elle a été posée au nom de ECOM en tant que personne morale et celui de Yédiéti en tant qu’associé. La question est simple : oui ou non Ousmane Bamba a-t-il volé ECOM ?

 Si vous aviez la co-signature, cela suppose que pour les retraits vous avez donné votre accord avant ?

J’ai signé des documents. Cela n’est pas interdit. Une société a son fonctionnement. Il y a ce qu’on appelle des chèques pré-signés pour la bonne marche et l’exploitation de l’entreprise.

Avec toutes ces preuves que vous dites détenir, l’affaire devrait être assez simple à votre niveau ?

Justement, c’est pour cela que le journaliste que vous êtes devriez jouer vôtre rôle. Je peux vous donner copie de tous ce que j’avance.

A l’heure actuelle, comment souhaitez-vous le règlement définitif de cette affaire?

Il y avait 2 solutions pour la régler. La première est celle que j’ai souhaité dès le début, une solution à l’amiable et fraternelle. Mais il n’a jamais voulu entrer dans cette voie malgré l’intervention d’amis en commun. La dernière fois que je l’ai vu sur ce dossier avant que je ne porte plainte il m’a dit : tu peux faire ce que tu veux, on est à Abidjan il y aura rien. Maintenant à partir du moment où j’ai porté plainte, j’attends simplement que le droit soit dit. La question que je pose : Ousmane Bamba m’a-t-il volé ? Oui ou non ? A part cela, je continue ma vie et mes affaires. Je demande juste qu’on me foute la paix et me laisse travailler.

Y a-t-il une main politique derrière cette affaire selon vous?

Une main politique, cela ne veut rien dire à mon sens. Je pense juste qu’on essaye de noyer le poisson en le voyant sous cet angle. Et il y a encore beaucoup de possibilités pour la justice.

  

Interview réalisée par Franck K

 

Content created and supplied by: Franck_K (via Opera News )

René Yédiéti

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