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Le FCFA : voici pourquoi la France ne peut l’abandonner

Le FCFA sera, dit-on, bientôt remplacé par l’ECO, une nouvelle monnaie qui devra désormais régir les rapports monétaires entre la France et ses ex-colonies.

Pour les plus sceptiques, FCFA et ECO, ce sera blanc-bonnet bonnet-blanc.

Les plus grands économistes tentent chaque fois de nous expliquer le fonctionnement du FCFA et les différentes manipulations que la France en fait. Malheureusement, très peu de gens comprennent vraiment ces explications de nos érudits. Tout semble compliqué. Et finalement, personne n’y comprend rien.

Certains panafricanistes affirment que la France ne peut survivre sans le FCFA. Et que 95% de l’économie française est nourrie par les retombées d’un fameux compte d’opération qui existerait dans les livres du Trésor français. Faux, répond la Grande France qui prétend qu’elle peut très bien continuer à vivre et à nourrir sa population sans recourir aux ressources tirées de ses ex-colonies et du FCFA.

Mais en réalité, que représente vraiment le FCFA ou l’ECO pour la France ?

Pour comprendre les enjeux qui existent derrière ces instruments monétaires, essayons de recourir à un peu d’histoire.

Disons que le FCFA a été une création du Président Charles De Gaulle après l’occupation allemande. De Gaulle s’est inspiré de la façon dont les allemands géraient la France sur le plan financier. 

La France sous occupation dépendait exclusivement de l’Allemagne. Autrement dit, toutes l’économie française était gérée par l’Allemagne nazi. Et la France n’avait pas le droit d’utiliser sa propre monnaie : c’est la monnaie allemande qui lui était imposée. Si la France vendait quelque chose à l’étranger, l’argent de cette vente transitait d’abord par le Trésor allemand ; l’Allemagne retenait 70% du fruit de la vente et faisait parvenir à la France les 30%. Et c’était avec les 30% que la France devait nourrir sa population. Ce compte allemand qui gérait toutes ces transactions était appelé « compte d’opération ». Et tout cela, avec bien sûr, la supervision du Maréchal Pétain, à Vichy, considéré aujourd’hui comme le plus grand traitre de la France.

Quand la France a été libérée en 1945, après le débarquement de Normandie, le Général De Gaulle va créer ce même système allemand entre la France et ses territoires colonisés. Pour gérer ses territoires colonisés, il crée alors le Comptoir Français d’Afrique (CFA) et il adjoint à ce comptoir un instrument financier qu’il baptisera Franc des Colonies Françaises d’Afrique (FCFA).

Après une quinzaine d’années, les territoires francophones subsahariens ont réclamé leur indépendance. Mais le souhait de De Gaulle était de faire de ses colonies des départements français. Devant la détermination des premiers dirigeants de ces territoires, De Gaulle a dû reculer. Il décidera alors de couper la poire en deux : De Gaule accordera l’indépendance politique à ses colonies mais conservera astucieusement la gestion de leurs économies en créant un compte d’opération exactement comme celui de l’Allemagne nazi.

Alors, comment fonctionne le compte d’opération qui gère principalement l’économie et les finances de certains pays de l’Afrique de l’ouest (à travers la BCEAO) et de certains pays de l’Afrique centrale (à travers la BEAC) ? 

Lorsqu’un pays de la BCEAO ou de la BEAC vend un produit agricole à une entreprise étrangère, l’entreprise qui achète remet un chèque à ce pays. Mais ce chèque n’est pas libellé en FCFA, il est soit en Dollar, soit en Euro. Pour encaisser ce chèque, ce pays ex-colonisé est obligé de le déposer à l’encaissement au Trésor français. C’est le Trésor français qui est habilité à encaisser ce chèque. L’argent atterrit donc dans le compte d’opération du Trésor français.

Supposons que le montant inscrit sur le chèque soit 1.000.000 €. Cela correspond à peu près à 655.000.000 FCFA. Le compte d’opération retiendra 65% (environ 425.000.000 FCFA). Le reste, soit les 35% (environ 230.000.000 FCFA) est transformé à Chamalières (Clermont-Ferrand) en billets FCFA et expédié soit à la BCEAO, soit à la BEAC pour les besoins du pays concerné.

Voici en réalité comment fonctionne ce fameux compte d’opération. C’est une véritable vache à lait pour la France.

Ce système a été dénoncé plusieurs fois par l’Union Européenne au cours d’importantes réunions. Mais la France n’est pas prête à abandonner ce système au risque de se suicider économiquement et financièrement. Car, selon des sources bien averties, ce système mettrait chaque année en moyenne 500 milliards de dollars des ex-colonies dans la trésorerie de la France.

Lors de la création de l’Euro en Europe, les autres pays membres ont découvert le système d’exploitation français. Beaucoup, en particulier les pays du Nord, ont désapprouvé ce système; ils ont même demandé à la France de l’abandonner parce qu'il ne permettra jamais à aucun pays africain d’être indépendant et développé. Mais la France a toujours refusé.

Alors, chers lecteurs, selon vous, la France pourra-t-elle un jour clôturer ce compte d’opération et permettre à ses ex-colonies d’acquérir une véritable liberté ?

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Thomas Phill

(Sources : 1-« Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique », Nicolas Agbohou – Editions Solidarité Mondiale. 2-« L’Afrique noire est mal partie », René Dumont – Editions Seuil).

Content created and supplied by: ThomasPhill (via Opera News )

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