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Guy Pacôme Somian : "L’enjeu du SAMA est de permettre aux acteurs de l'industrie musicale de maîtriser toute la chaîne de valeur de ce business"

Demain jeudi 9 décembre s'ouvre la première édition du Salon de la musique d'Abidjan (SAMA). A la veille de cet événement qui est une première en Côte d'Ivoire, le Commissaire général, Guy Pacôme Somian, s'est prêté à nos questions. Entretien !

Guy Pacôme Somian est aujourd’hui un nom très présent dans le milieu de la Culture en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Pouvez-vous nous faire un résumé de votre parcours ?

L’aventure est partie de mon amour, de ma passion pour ce corps de métier-là. Depuis l’école primaire, je m’exerçais à tenir le micro dans les booms comme on disait à l’époque. Après le BEPC, je suis rentré au Lycée d’enseignement artistique à l’Institut national supérieur des arts et action culturelle (Insaac) où j’ai obtenu un Bac H3. A la suite de cela, j’ai intégré l’EFAC (Ecole de formation à l’action culturelle) d’où je suis sorti avec une Licence en Action culturelle. A ce moment, je me suis dit qu’il fallait que j’ai tous les rudiments, donc qu'il fallait que je m’adonne à toutes les formations qui vont dans le sens du développement de ce business. J’ai donc fait de la radio pour être vraiment présent. Puis après, j’ai fait du management, de la production. Aujourd’hui, je suis le Commissaire général du Salon de la musique d’Abidjan.

Homme orchestre, on vous retrouve également dans la production artistique et le showbiz...

Je me suis dit qu’en fonction de la vision que l’on a, pour atteindre des objectifs on doit s’arranger pour maîtriser les mécanismes. Pour moi, il fallait passer par tous ces aspects-là pour avoir le positionnement que j’ai aujourd’hui. Je reconnais avoir commencé par la nuit en présentant des spectacles en club, en organisant des soirées et autres. Après, j’ai fait de la radio et ensuite le management et la production artistique. Tout cela pour être celui que je suis aujourd’hui.

Aujourd’hui Commissaire général du Salon de la musique d’Abidjan (SAMA). D’où est partie l’idée de cet événement ?

L’idée a germé à l’issue des rencontres professionnelles lors des voyages que j'ai effectués dans la sous-région. Quand on partait à ces rencontres-là, c’était pour apprendre. Je n’ai pas hésité à dire sur des plateaux télé au Burkina Faso et au Maroc que chez nous en Côte d’Ivoire, nous maîtrisons et adorons la forme alors que l’essentiel part du fond. Et c’est pour apprendre le fond que j’ai effectué toutes ces rencontres professionnelles. Je me suis alors rendu compte qu’une telle plateforme n’existait pas dans mon propre pays la Côte d’Ivoire qui, dit-on, est la plaque tournante de la musique en Afrique. Alors qu’en réalité, nous avons chuté. Nous étions premier avant, mais aujourd’hui nous sommes quatrième derrière quelques pays. Je me suis dit qu’il fallait avoir une plateforme pour échanger, parler, s’informer, se former entre acteurs de la filière de l’industrie musicale. Egalement, permettre aux apprenants, aux formateurs notamment les étudiants et les enseignants de la filière musicale de se frotter aux réalités du business de la musique. C’est de là qu’a germé l’idée de ce salon. Et ce salon-là, je suis juste le jeune ivoirien qui porte le projet sinon derrière, il y a des Marocains, des Sénégalais, des Maliens avec qui nous avons monté une team pour créer la fondation Kultur Faman qui porte le projet. Et derrière, cette fondation va recueillir des fonds pour venir en aide aux enfants en situation de précarité.

Que nous réserve cette 1ère édition du SAMA ?

Il y aura deux grandes articulations à cette première édition du SAMA. Notamment la partie scientifique qui consiste à des conférences, panels, meets and greets, partages d’expérience avec Le Molare. Il y aura également le volet détente. En début de soirée, ce sera l’apéro live avec du pur live, des découvertes et redécouvertes de purs talents ivoiriens et africains en présence d’acheteurs, de producteurs, de managers. Pour me résumer, il y aura la partie réflexion et la partie détente avec du pur live.

Quel est l’enjeu de cet événement ?

L’enjeu véritable du SAMA est de permettre aux acteurs de l’industrie musicale d’ici de maîtriser toute la chaîne de valeur de ce business. Egalement à ceux qui souhaitent s’investir dans ce domaine de maîtriser tous les mécanismes avant de se lancer. Il est vrai qu’on peut être un mécène, mais il est également important de connaître schémas du business. Parce qu’un acteur culturel, un opérateur culturel, un entrepreneur culturel est au même titre qu’un médecin ou un avocat. Donc il est important de se crédibiliser en asseyant sur le plan juridique son business, c’est-à-dire être déclaré, monter sa société culturelle, etc. Ce sont tous ces aspects-là qu’on va débattre, qu’on va donner à ceux qui viendront à ces différentes formations dans le cadre du SAMA. Et c’est à juste titre que la première édition a pour thème "Musique, développement économique et social". Tout cela pour permettre aux acteurs et entrepreneurs culturels leur propre autonomisation. Parce que c’est désolant de voir un artiste lancer des SOS. Alors qu’en venant au SAMA, on va apprendre qu’étant artiste, on est une entreprise. Donc il faut maîtriser le business de sa propre entreprise, avoir une épargne, avoir un compte en banque, avoir une assurance. C’est une vraie société un seul artiste.

Un dernier mot ?

Je voudrais remercier du fond du cœur toutes ces institutions, ces organismes qui nous accompagnent déjà sur cette première édition. J’aimerais remercier l’UNESCO, le ministère de la Culture, de l’Industrie des Arts et du Spectacle, le ministère du Tourisme et des Loisirs. Egalement toutes les faîtières du ministère de la Culture, notamment l’Insaac, le Cnac, le Burida. Cela veut dire que pour une première édition, l’événement est déjà reconnu. On est convaincu qu’après l’accompagnement financier va se faire. Mention spéciale à la mairie de Marcory.

Réalisée par JM TONGA

Content created and supplied by: JMTONGA (via Opera News )

Côte d'Ivoire Guy Pacôme Somian SAMA

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