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Insécurité alimentaire dans le Sahel : des experts font des propositions concertées

En marge des travaux de la COP 15 prévue du 9 au 20 mai 2022 à Abidjan, des experts ont planché sur les mesures dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.

 

 

 

L’insécurité alimentaire en Afrique en général et dans le Sahel en particulier était au centre d’un panel animé, le 12 mai au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, par quatre experts. Ce, dans le cadre de la 15e Conférence des parties (COP 15) de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Ces panélistes sont : Patrick Youssef, directeur Afrique du Comité international de la Croix rouge (CICR) ; Sandra Ruliere, directrice adjointe de la biodiversité de l’Agence française de développement (AFD) ; Laouli Garba, Manager Division recherche agricole, de la production et de la durabilité de la Banque africaine de développement (BAD). Reconnaissant que de nombreux défis restent à relever pour l’atteinte de la sécurité alimentaire, Patrick Youssef a appelé les pays à travailler de façon concertée dans ce sens.

L’expert a fait savoir que des pays du Sahel comme le Niger et la Mauritanie ont produit 40% de nourriture en moins par rapport à la moyenne des cinq dernières années, tandis que le Mali a connu une baisse de 15% et le Burkina Faso de 10%. La Mauritanie a également vu sa production de biomasse diminuer de 80% dans les zones en proie à des feux de brousse et à la sécheresse. « Les acteurs du développement, les gouvernements et les organisations humanitaires doivent s’unir et proposer des solutions nouvelles et innovantes qui renforceront les systèmes existants et fourniront des outils permettant à la population de s’affranchir de l’aide », a-t-il soutenu ; et d’ajouter : « A ce jour, 33 millions de personnes sont affectées par la faim. D’ici septembre 2022, nous serons à 40 millions de personnes si rien n’est fait. Nous avons besoin de paix et de sécurité, d’une forte coalition pour travailler la main dans la main et bâtir la sécurité et la paix dans la Région. (…) C’est le lieu de tirer la sonnette d’alarme, car l’impact de l’insécurité alimentaire provoque des difficultés », a-t-il dit et de souligner l’importance d’aider les femmes, les jeunes, les Pme pour leur permettre de mener leurs propres activités et restaurer leur dignité. Laouli Garba, quant à lui, a affirmé que la Bad a accordé une aide de 1,5 milliard de dollars aux pays fragiles dans le cadre de la Facilité africaine d’alimentation urgente. Ces pays bénéficient, en outre, de solutions innovantes. Il a également soutenu que pour venir à bout de la crise alimentaire dans le Sahel, il faut une synergie d’actions de tous les acteurs sur le terrain. Le nombre de déplacés internes a augmenté de 80% en 2015 du fait de la crise alimentaire. Selon lui, la gestion des ressources naturelles constitue un élément clé. « Si nous ne faisons rien face à cette situation, des millions de personnes vont continuer de souffrir. Un nouveau programme sera approuvé en juin par la Banque africaine de développement pour une intervention beaucoup plus rapide contre la crise alimentaire. Nous devons mobiliser les banques publiques de développement et les institutions financières pour améliorer l’accès au financement des TPe et Pme », a-t-il préconisé.

 

AKE

 

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

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