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Interview / Marcel Tia, producteur : « La filière café-cacao est mal gérée »

 Le président de l’Union des sociétés coopératives agréées de Côte d’Ivoire (USCOACI) n’est pas du tout content de la situation des producteurs, depuis le début de la campagne de commercialisation du cacao. Pour lui, les dirigeants doivent revoir leur copie. Interview.

 

Quel bilan faîtes-vous de la campagne intermédiaire de cacao ?

La campagne intermédiaire se passe dans les mêmes conditions que la campagne en cours.

 Quelles sont ces conditions ?

Nous constatons le non-respect du prix bord champ. Dans certaines zones, le kg de cacao au producteur est de 500 F alors que le prix garanti fixé par le gouvernement est de 750 F.

C’est pour éviter la désillusion que nous demandons aux autorités de fixer un prix bord champ raisonnable qui sera respecté par les acheteurs.

 Mais le Conseil  café-cacao vous a demandé d’exiger un reçu pour tout achat de cacao ?

Dans les faits, l’acheteur fait un reçu normal, mais paie au bas prix. Il faut le dire, depuis le mois de novembre, durant la campagne principale, jusqu’actuellement, dans la campagne intermédiaire, le prix bord champ garanti n’est pas respecté. Pis, parfois, le produit reste aux mains des producteurs. Pour éviter la mévente, nous bradons donc nos produits.

 Le Conseil café-cacao parle de surproduction…

Quand j’entends des responsables de la filière café-cacao parler de surproduction, je tombe des nues. Il n’y a pas de surproduction du cacao. Les différentes autorités auraient dû chercher de nouveaux marchés pour le secteur. J’estime qu’il y a une véritable non maîtrise de la filière par les dirigeants.

 Le directeur général du Conseil café-cacao, Yves Koné, demande aux producteurs de ne plus planter du cacao. Quelle réaction ?

C’est impossible de demander aux paysans d’arrêter de planter du cacao. Venant de la bouche du premier responsable de la filière, cela veut dire que le directeur général du Conseil café-cacao n’a pas de solution pour la filière. En 2014, il était dit que la gestion de la filière doit revenir aux acteurs que nous sommes. Ce qui n’a pas été fait. Conséquences, ceux qui gèrent la filière ne prennent pas des décisions inopportunes.

Que font les organisations des producteurs face à tous ces problèmes de la filière ?

Le Conseil café-cacao a fragilisé les vraies organisations des producteurs. Sans moyens financiers, aucune organisation ne peut organiser les paysans. Malheureusement, ce sont les structures à la solde du Conseil café-cacao qui ont les moyens. Toutefois au lieu de lui dire la réalité du terrain, ces organisations conduisent le Conseil café-cacao droit dans le mur.

 Le Covid-19 a sans doute des effets sur  la filière cacao…

La Côte d’Ivoire a opté pour le système de la vente anticipée à la moyenne. Le Covid-19 ne peut donc justifier tous les problèmes. La vraie cause des difficultés de la filière, c’est l’incompétence. Avant d’aller affronter les multinationales, il faut avoir le soutien des producteurs. C’est une bonne chose de négocier un différentiel de revenu décent (DRD). Mais, il faut au préalable, réorganiser les sociétés collectes pour la collecte. Ce qui n’a pas été fait. Dommage.

 

AKE

 

 

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

marcel tia

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