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La culture du raisin en Côte d'Ivoire : quelque chose d'extraordinaire

Depuis quelques jours, des internautes ivoiriens et même d’Afrique de l’Ouest sont fascinés de découvrir que le raisin, considéré comme un fruit des régions tempérées, se cultive et pousse aussi en terre ivoirienne. Mais pour les spécialistes, «cela n’a rien de surprenant». Originaire du village de Gabia, situé dans la sous-préfecture d’Oumé dans le Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire, il entend mettre sous le feu des projecteurs ce fruit, mais surtout son cultivateur, Denis Kouassi, qui le produit depuis maintenant 20 ans, dans un anonymat quasi total.

JM Vainqueur, un artiste-chantre, a publié sur sa page Facebook une vidéo dans laquelle il présente aux Ivoiriens du raisin produit dans son village et se livre à une séance de dégustation. L'opération est réussie car très vite, c'est toujours plus nombreux que des internautes de la Côte d'Ivoire comme d'ailleurs découvrent, s'émerveillent et partagent cette merveilleuse nouvelle. Premier producteur mondial de cacao (la culture emblématique du pays) et de noix de cajou, premier producteur africain de caoutchouc naturel, deuxième producteur africain d'huile de palme, troisième producteur africain de café… la Côte d’Ivoire est depuis plusieurs décennies un grand pays agricole. Le secteur représente environ de 20% du PIB ivoirien et emploie près de la moitié de la population.

Interrogé par Sputnik, Inza Yapo, agronome dans un cabinet d’ingénierie agricole d’Abidjan, assure qu’«il n’y a, en soi, rien de bien surprenant à voir de la vigne pousser à Oumé».

«Toutes les plantes peuvent pousser partout en Côte d’Ivoire. Il suffit d’un minimum de fonds, de temps et d’entretien», a-t-il déclaré au micro de Sputnik.

Plus concrètement, l’agronome Jean-Charles Tano explique, pour ce qui le concerne, que «la vigne est une plante qui se complait dans les sols argilo-calcaires ou argilo-graveleux, des caractéristiques que l’on retrouve dans la zone d’Oumé».

Il est par ailleurs attesté, depuis des dizaines d’années, que la vigne peut également s’épanouir en d’autres endroits de la Côte d’Ivoire. C’est le cas par exemple de Guiglo, une ville de l’ouest du pays où cette plante a été cultivée par des missionnaires européens.

Pour l’agronome Inza Yapo, les véritables obstacles à l’introduction et au développement d’une culture dans une région donnée sont les mœurs des populations (leurs habitudes de consommation), les conditions agroclimatiques (qui peuvent rendre la plante vulnérable à certaines maladies), mais surtout la rentabilité.


Sur sa parcelle d'un quart d’hectare, Denis Kouassi arrive actuellement à cultiver plusieurs dizaines de kilogrammes du fruit.


Le planteur, qui a acquis son savoir-faire auprès d’Européens, assure pouvoir faire bien mieux, si la possibilité lui en était donnée. Aussi sollicite-t-il l’aide financière de «toute personne de bonne volonté» pour commercialiser ses produits, acquérir un champ plus grand et, pourquoi pas, faire de la Côte d’Ivoire un hub régional de la culture de la vigne.


La culture du raisin à Oumé rappelle celle de la fraise, qui s’épanouit fort bien dans le sol du Burkina Faso, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Ces dernières années en effet, la production de la fraise au Burkina Faso est devenue si florissante et rentable que de jeune Ivoiriens n’hésitent plus à passer la frontière pour se former à sa culture et revenir appliquer leurs connaissances dans le nord du pays.


Si le raisin ivoirien pouvait connaître une trajectoire similaire à celle de la fraise burkinabè, ce serait un succès.

Pour l’heure, le très nommé Bi, qui passe pour un prodigieux paysan, se contente de passer en boucle comme un être extraordinaire. Rien de plus. Aucun sou. Aucun franc. Aucun opérateur ne vient vers lui. Et il attend.On est sans doute trop occupé à regarder le Brexit, à s’informer des dégringolades de la bourse de Pékin face à la propagation du coronavirus, ou à s’étonner d’un hôpital construit en 10 jours. Le pire serait qu’un non africain sente la bonne affaire, s’en saisisse, y investisse pour susciter après un courroux inexplicable.

Quelques questions intéressantes

Selon vous, est-ce à l’Etat ivoirien ou aux entrepreneurs privés de se saisir de cette opportunité liée aux raisins de Oumé en Côte d’Ivoire ? Les Ivoiriens, si friands de vins, sauront-ils saisir l’affaire ? C’est une question africaine ouverte. Vos avis nous intéressent

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Content created and supplied by: Nutritionniste (via Opera News )

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