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Flambée des prix des denrées alimentaires : tous coupables

<< Une honte nationale >>, a dit récemment Tiémoko Assalé, député maire de Tiassalé, parlant de la hausse des prix des produits vivriers sur les marchés.

En effet, des populations ivoiriennes se plaignent chaque jour de la flambée des prix du riz, de l'huile alimentaire et d'autres denrées périssables comme le piment, la banane plantain, etc. Pourtant tous ces biens cités sont produits sur le sol ivoirien et ne subissent aucune transformation. Alors la question qui se pose est la suivante : pourquoi les prix des produits alimentaires locaux sont en hausse depuis quelques mois ? 

Une réponse à la question est l'insuffisance des productions. A elle, il convient d'ajouter une absence de politique agricole qui lui conduit à une absence d'engagement des populations pour des productions abondantes.

En effet, depuis des années, des autorités bombardent les esprits par une expression très répandue en Côte d'Ivoire : << Le succès de ce pays, repose sur l'agriculture >>. Possible de préciser que seules les cultures d'exportation dont le binôme café-cacao entraient en ligne de compte. Pas la promotion des cultures vivrières qui nourrissent et donnent de l'énergie aux producteurs de cacao, café, coton, etc. 

Même la culture du riz, une denrée très prisée dans les ménages et courante dans les assiettes a semblé être délaissée bien avant les années 1990. En effet, dans les années 1980-90, pour promouvoir la culture du riz, Feu Félix Houphouet-Boigny a fait créer des villages de culture de riz dont Yabra 1,2 et 3. Situés dans la sous-préfecture de Yamoussoukro, ces villages, avec une politique agricole, cultivaient exclusivement des hectares de riz. Finalité, réduire l'importation du riz. D'où l'auto-suffisance alimentaire en riz dans les périodes qui ont précédé le décès du père fondateur de la Côte d'Ivoire.

Pour soutenir Yabra, dans les contrées ivoiriennes, les cultures de riz de pluies ou de bas-fonds étaient encouragées et soutenues par des dons de produits phytosanitaires. Après Feu Félix Houphouet-Boigny, le projet fut arrêté et les villages de Yabra fermés. 

Lorsque, en 2011, le Président Alassane Ouattara accède au pouvoir, un ministre de la riziculture a été nommé pour relancer la production locale du riz. Des projets ont vu le jour non sans redonner une certaine confiance à des jeunes, de différentes localités à s'adonner à la riziculture. Hélas ! Quelques mois plus tard, le ministère fut supprimé et fondu dans le grand ministère de l'Agriculture. Là encore, les discours et les activités pour une production auto-suffisante en riz semblent loin d'être une réalité. 

Idem pour d'autres cultures vivrières. Récemment avec la mise en place, dans les années 2010, des sociétés coopératives et autres organisations de femmes rurales pour booster le secteur vivrier, les efforts des uns et des autres ont, durant des années, contribué énormément à l'approvisionnement des marchés locaux. Les prix de ces produits de première consommation ne pouvaient que se stabiliser ou chuter. 

Mais aujourd'hui, malgré l'avènement des cultures hors-sol, des populations ivoiriennes ne semblent pas tirer profit de cette nouvelle technique de pratique culturale pour leur consommation locale. Aussi, pas de politique générale pour promouvoir cette technique qui permettrait à chaque ménage de posséder un potager où poussera par exemple le gombo, la tomate, l'aubergine, le chou, les salades, les piments, etc. Une solution banale, mais qui pourrait réduire les dépenses liées aux achats de certaines denrées alimentaires.

Mais, avec les nombreux espaces de terres cultivables visibles dans les régions, une jeunesse de plus en plus désœuvrée qui pourrait être motivée et poussée vers les nouvelles techniques agricoles disponibles pour réduire l'exode rurale, etc, les populations se plaignent de la hausse des prix, à qui la faute ? Les responsabilités semblent partagées. 

En attendant de prendre la bonne décision, tous coupables de la flambée des prix de certaines denrées alimentaires.


En Dieu, il faut croire

Paul Konan

Content created and supplied by: Paulyfamienkoffi (via Opera News )

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