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Multiplication des maisons inachevées dans nos villes, un entrepreneur révèle la raison

Les Ivoiriens ont fini par créer une expression en rapport avec les maisons inachevées : "Être serein comme une maison inachevée". Dans plusieurs quartiers ou villes, il n'est pas rare de trouver des constructions non achevées et qui font finalement partie du décor. On se pose souvent la question de savoir si le propriétaire est vivant, s'il y a litige ou un problème quelconque sur le terrain, etc.

Si ces différentes hypothèses ne sont à exclure, il y a tout de même une autre raison. Celle des fonds, selon l'entrepreneur, youtubeur et influenceur web franco-camerounais, Philippe Simo (fondateur de "Investir Au Pays"). La plupart de ces maisons inachevées seraient le résultat d'un mauvais calcul des propriétaires. 

(Philippe Simo à Abidjan, sur le plateau de l'émission C'Midi de la RTI1)

Dans une vidéo qu'il a posté le 27 novembre sur sa page Facebook depuis le Cameroun, son pays d'origine, Philippe Simo cite le témoignage d'un propriétaire qui s'est confié à lui. Ce dernier aurait investi plus de 35 millions de FCFA dans les travaux. Puis, il s'est retrouvé à court d'argent, alors que le bâtiment entamé est à mi-chemin. 

«Les gens nous parlent tout le temps de l'immobilier. C'est un business de riches. Si tu n'as pas d'argent ne te lance pas», déclare Philippe d'emblée.

«L'immobilier n'est pas pour tout le monde. Et quand tu n'as pas d'argent, il faut que la banque te fasse un prêt. Ne le fais pas sur fonds propres. Jamais !», déclare-t-il, en prenant pour exemple une maison inachevée devant laquelle il se tient, depuis le Cameroun : «C'est une maison que j'ai remarqué il y a près de 10 ans. Les gens sont venus construire autour. Et ce n'est pas la seule maison inachevée dans le quartier. Imaginez combien d'argent ce monsieur a immobilisé ici, depuis plus de 10 ans. C'est de l'argent immobilisé qui ne lui sert à rien du tout. Et beaucoup d'Africains font ça. Dès qu'ils ont un peu d'argent, ils se disent qu'ils vont construire leur maison petit à petit. C'est le piège», fait-il remarquer.

(Les entrepreneurs Éric Ntondo, Philippe Simo avec l'animatrice et business woman Diara Ndiaye)

Cependant, s'il ne s'oppose pas à l'idée d'un tel business, Philippe Simo fait la distinction entre l'achat de terrain et la construction immobilière. Deux choses différentes. «Je suis d'accord pour l'achat de terrain pour le foncier, mais pas pour l'immobilier. Je différencie les deux. On n'entre pas dans l'immobilier ou la construction, tant qu'on n'a pas l'argent. Si vous dites que vous voulez le faire sur fonds propres, assurez-vous d'avoir tout l'argent pour faire au moins un immeuble. Dans ce cas, tu termines le rez-de-chaussée. Ensuite, tu peux rentabiliser en continuant les autres appartements. Autrement, si tu commences à monter deux niveaux en même temps, et que tu as un problème, des imprévus surviennent, tu n'as plus d'argent. Pendant ce temps, celui que tu as investi est bloqué. L'argent a pour but de tourner dans l'économie», dit-il. 

Philippe Simo, visite plusieurs pays africains à l'affût des opportunités. Évidemment, il constate que le phénomène des maisons inachevées est général. «Partout où je vais en Afrique, je vois ce genre d'absurdités, des maisons qui ne sont pas achevées. Qu'est-ce qui se passe lorsqu'un propriétaire de ce type de maison décède ? C'est foutu à vie. J'en ai vu beaucoup dont les propriétaires sont décédés. Soit la famille ne sait même pas qu'il a une maison comme ça, soit personne n'a les moyens pour continuer. En conclusion, elles sont habitées par des SDF», affirme-t-il.

«Je sais que mes propos vont faire jaser, mais la nouvelle génération que nous sommes ne peut pas faire les mêmes erreurs que nos parents. Avec un crédit bancaire, tu finis ton projet. Mais démarrer un projet de construction avec un peu d'argent, c'est une erreur à ne pas faire. Achetez des terrains, revendez-les et faites tourner cet argent dans quelque chose», recommande Philippe Simo. Il encourage d'ailleurs à investir dans l'immobilier parce qu'il y a un gros déficit. Sa principale observation concerne les erreurs d'appréciation. «Il y a un gros déficit, mais les gens se lancent dans le business en commettant des erreurs», dit-il. 

Content created and supplied by: Fatogoma (via Opera News )

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