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Société : incursion dans l’univers de ces femmes au petit commerce qui soutiennent leurs époux

Elles sont assises au bord des routes, sous des hangars de fortune vendant quelque nourriture aux passants. Leur présence souvent anodine à laquelle clients ou simples passants sont habitués, est pourtant le ferment d’un indispensable soutien à leurs époux.

Ce sont des femmes de tous âges qui s’évertuent à apporter à la maison le complément financier que la bourse de l’époux ne peut couvrir.

Cette pratique de l’équilibre complémentaire dans les foyers par les femmes commande que l’on fasse une incursion dans leur quotidien.

Ce qu’on y découvrira pourrait changer notre réserve à acheter ce qu’elles vendent, parce qu’on comprendra que notre achat n’est pas en réalité un enrichissement qu’on leur prépare, mais plutôt des gestes altruistes que nous posons.

Mme G. Christelle, épouse d’un instituteur témoigne en effet :

« Mon mari a contracté un prêt bancaire pour construire une maison. Aussi les remboursements mensuels opérés sur son compte par la banque ne nous permettent pas de joindre les deux bouts, vu que les enfants sont devenus grands et la scolarité est chère. Je fais alors ce petit commerce pour lui permettre de tenir la maison et à moi aussi de satisfaire mes petits besoins. »

Chez mademoiselle Tapé V. en couple avec un jeune homme titulaire d’un BTS mais sans travail pour l’heure, la situation est identique. Elle aussi témoigne :

« De ce petit commerce je tire l’argent pour les frais de dossiers aux différents concours auxquels il se présente. Ses parents ne veulent plus l’aider. »

Les raisons des initiatives de commerce de ces femmes sont diversifiées, mais qui sont la réponse à une seule équation : permettre premièrement au conjoint de bien tenir la famille et deuxièmement à toute la famille elle-même, d’être en posture de combat pour de lendemains meilleurs.

Mais que de difficultés rencontrent-elles ! Ces difficultés partent de la cherté des denrées de base de leurs produits de commerce à la rareté de la petite monnaie qui leur fait perdre la clientèle :

« Souvent, le client arrive avec un billet de 2000 Frs pour un achat de 200 Frs. Difficile tout cela ! » dit mademoiselle Tapé V.

Il faut ajouter à cela la question de l’emplacement de leur étable pour exercer leurs activités.

Etant entièrement dans l’informel, elles sont soumises aux exigences des personnes dont elles occupent un pan du terrain, ou sont souvent déguerpies par les autorités municipales du fait qu’elles occupent en effet irrégulièrement des espaces communaux.

Pour ces femmes, la vie est effectivement un combat comme le dit l’adage. Malgré tout, elles sont présentes sur le terrain, pour se faire une place au soleil. Reconnaissons-le et donnons-leur des « cœurs ».

Ouraga Dali Constant

Content created and supplied by: OuragaDConstant (via Opera News )

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