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Légalisation de l’avortement au Bénin / Le pays, prochaine destination du tourisme médical ?

 L'avortement est devenu légal au Bénin


Dans la nuit du mercredi 20 au Jeudi 21 octobre 2021, le Parlement béninois a voté une loi légalisant l’avortement. Jusque-là accepté seulement dans des circonstances précises, il est désormais possible, comme le rapporte la presse locale, « à la demande de la femme enceinte, jusqu’à la 12ème semaine, lorsque la grossesse est susceptible d’aggraver ou d’occasionner une situation de détresse matérielle, éducationnelle, professionnelle ou morale ». Cette nouvelle loi pourrait représenter une belle occasion pour les femmes désireuses d’interrompre une grossesse. Elles n’auraient qu’à se rendre au Bénin voisin, pour faire du tourisme.

Le bénin devient ainsi le seul pays de l’Afrique de l’ouest où l’avortement est légalisé. Certes, cette autorisation est soumise à des conditions. Mais « la situation de détresse morale » peut être une porte ouverte à toutes les excuses pour avorter. Et une aubaine pour les nombreuses femmes qui se livrent à cette pratique en Côte d’Ivoire où elle est strictement interdite par la loi. Dans notre pays, l’interruption volontaire de la grossesse est interdite sauf en cas de viol ou d’inceste ou encore lorsque la grossesse constitue un danger pour la parturiente.

 L’avortement et la tentative d’avortement sont interdits et passibles d’emprisonnement. Les peines peuvent aller de six mois à 20 ans de prison, avec une amende de 150.000 à deux millions FCFA. Aucune statistique n’est disponible sur l’avortement en Côte d’Ivoire. Cependant, dans toutes les villes, les jeunes connaissent les cliniques et autres « infirmeries privées » qui s’adonnent à cette pratique. En 2018, l’étude PMA 2020 (Performance and accountability 2020) a conduit une étude pour produire des indicateurs de l’incidence et des conditions de recours à l’avortement en Côte d’Ivoire. Elle a révélé que 4 à 5% des femmes en âge de procréer, ont eu un avortement potentiel dans les 12 mois précédant l’enquête, soit entre 210.000 et 288.000 avortements par an. Dans un rapport publié en juillet 2020,  l’OMS soutient qu’« en Côte d’Ivoire, le taux de mortalité maternelle est de 614 décès pour 100.000 naissances vivantes dont une part (18%) relève  des complications de l’avortement clandestin ».

Bien qu’interdit et responsable de nombreux décès, l’avortement est donc très largement pratiqué en Côte d’Ivoire. La nouvelle loi béninoise pourrait constituer une chance pour les Ivoiriennes et les femmes des autres pays voisins du Bénin, d’aller pratiquer l’avortement en toute légalité et en toute, dans les centres médicaux.

Un nouveau secteur du tourisme béninois va voir le jour ?

Paul D. Tayoro

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

Bénin

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