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Délestage en Côte d'Ivoire: un véritable enfer pour les travailleurs de la zone industrielle

Coupure d'électricité en Côte d'Ivoire, un véritable enfer pour les employés de la zone industrielle de Yopougon

Image d'archive: Zone industrielle de Yopougon


Ces derniers temps, la Côte d'Ivoire fait face à une crise d'électricité sans précédente due à la baisse drastique du niveau piézométrique des barrages hydroélectriques qui alimentent les différentes turbines de la compagnie ivoirienne d'électricité (cie).

Cette crise d'électricité à laquelle le pays est confronté entraîne des coupures intempestives de l'électricité dans plusieurs régions notamment dans le district d'Abidjan.

Les coupures d'électricité enregistrées dans la ville d'Abidjan, localité qui concentre environ quatre-vingt pourcent (80%) des industries du pays ne sont pas sans conséquences sur la qualité de vie des populations, les ménages, ainsi que certaines couches d'activité.

Les coupures d'électricité ont d'une manière générale des impacts négatifs sur l'ensemble des populations. Cependant certains secteurs d'activité utilisant le courant comme principale source d'énergie, d'alimentation ou de production sont plus affectés que les autres couches d'activité.

À l'instar des autres secteurs d'activité, les entreprises des différentes zones industrielles de la capitale ivoirienne sont les plus affectés par la crise d'électricité que traverse le pays.

La majorité des usines installées dans les zones industrielles d'Abidjan utilisent le courant électrique comme première source d'énergie servant à l'alimentation des machines de production.

Les récentes coupures d'électricité empêchent la majorité des entreprises de production à fonctionner normalement entraînant ainsi une modification des horaires de travail.

En effet, le nouveau programme d'électricité par secteur a engendré une modification des horaires de travail de certains employés des zones industrielles d'Abidjan notamment les travailleurs de la zone industrielle de Yopougon où nous nous sommes rendus pour nous imprégner de la réalité.

Les travailleurs de la zone industrielle de Yopougon vivent un véritable calvaire du fait du nouveau programme d'électricité, nous explique M. S. Youssouf, travailleur journalier d'une usine de production de préforme basée dans la dite zone industrielle.

Selon le témoignage de notre interlocuteur, les coupures d'électricité ont réduit considérablement les heures de travail alors que leur rémunération est fonction des heures de travail exécutées.

<<Nous sommes des ouvriers, on travaille en 3/4 d'heures c'est-à-dire que nous commençons le travail à 06 heures et descendons à 14 heures, une autre équipe nous remplace à 14 heures et finit à 22 heures et la dernière équipe monte à 22 heures et descend à 06 heures. C'est comme cela on fonctionne en temps normal. Mais avec les coupures de courant là, tu peux monter aujourd'hui à 06 heures et normalement le lendemain tu dois travailler à 14 heures mais on te dit il n'y a pas de courant donc tu reste à la maison alors que tu es payé au pointage. Quand c'est comme ça, la quinzaine finit même l'argent n'arrive pas à payer même l'argent de nourriture pour dire même le loyer>>, dénonce M. S. Youssouf.

Outre M. S. Youssouf, nous avons interrogés plusieurs autres travailleurs d'autres entreprises dont M. B. Dancho, travailleur journalier dans une usine cosmétique, M. K. N'zi Boris, travaillé embauché d'une usine de fabrication de pâtes alimentaires et M. K. Simon, travailleur dans une usine de fabrication d'emballages et d'objets en plastique.

Interrogé, M. B. Dancho, travailleur journalier en horaire normale (personne travaillant de 08 heures à 17 heures avant une pause déjeuner à midi) dans une usine de fabrication de produits cosmétiques a souligné qu'ils vivent la même situation que ses collègues en 3/4 heures.

<< Que tu sois en 3/4 d'heures ou en heure normale c'est la même chose. Nous tous on "bara" pas tous les jours. Au fait, actuellement si tu travailles aujourd'hui, tu ne travailles pas demain parce qu'il n'y a pas courant. Par exemple dans notre secteur ici, le lundi, il n'y avait pas courant donc nous n'avons pas travaillé, hier mardi on a travaillé, aujourd'hui mercredi comme toi même tu le ne voit on ne travaille pas pour la simple raison qu'il n'y a pas courant. Le groupe électrogène ne peut pas alimenter toutes les machines donc tout le monde ne peut pas travailler en même temps. Quand c'est comme ça notre argent de quinzaine diminue. Si on travaille tous les jours ( du lundi au samedi), on gagne 75 000 FCFA par quinzaine or actuellement où on travaille un jour, on se repose un jour là, si tu as trop eu la quinzaine c'est 35 000 FCFA>>, nous a expliqué M. B. Dancho.

M. K. Simon a exprimé son optimisme vis à vis de la situation dans laquelle il se trouve tout en précisant que cette situation est un coup dur pour lui et l'ensemble des travailleurs de la zone.

<< On espère que bientôt les choses reviendront à la normale. Mais actuellement c'est très dur pour moi, ainsi que mes collègues de la zone. Ici, nous sommes payés deux fois chaque mois ou comme on le dit par quinzaine. Chez nous ici, chaque quinze, on a environ 80.000 FCFA pourtant avec cette situation on se retrouve à 40.000 FCFA par quinzaine. Même si on se repose beaucoup mais les charges n'ont pas diminuées. Ma maison coûte 40.000 FCFA, et actuellement je me retrouve 40.000 FCFA par quinzaine. Vous même vous voyez non?? Est-cequ'après avoir finit de payer ma maison je pourrai nourrir ma famille et faire un peu d'économies?>>, a souligné M. K. Simon.

Par conséquent M. K. N'zi Boris, travailleur embauché il souligné qu'ils ne sont pour le moment pas touchés par cette crise d'électricité.

<< Pour le moment, les embauchés que nous sommes, n'avons pas de difficultés liées à cette crise de courant. Chez nous ici, tous les embauchés travaillent normalement. Par contre les journaliers et les contractuelles sont ceux qui subissent les conséquences du coupures de courant. Mais nous prions pour que les choses reviennent à l'ordre car si on ne produit pas assez les ressources de l'entreprise va baisser ce qui peut conduire à la mise au chômage technique de certaines personnes>>, a précisé M. K. N'zi Boris.

Bientôt ce calvaire dans lequel vivent les employés de la zone prendra fin pour le bonheur pour tous et de chacun car les équipes techniques de la compagnie ivoirienne d'électricité et tous les acteurs du milieu de l'électricité sont à pied d'œuvre pour mettre fin à cette crise qui dure maintenant des semaines.

Sylvestre_Kamenan

Content created and supplied by: Sylvestre_Kamenan (via Opera News )

côte d'ivoire yopougon

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