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Arrimage CMU / MUGEFCI : les mutualistes lâchent la proie pour l’ombre

Une élection est l’occasion de renouveler les instances, c’est aussi l’occasion rêvée à tout individu pour se donner de la contenance. La MUGEFCI s’inscrit dans cette logique, elle s’apprête à renouveler ses instances dirigeantes, dans une ambiance électrique. Des voix s’élèvent pour manifester leur mécontentement. Dans cette grisaille, des mutualistes accusent le Conseil d’Administration sortant de ne pas « les soigner », nonobstant l’environnement nouveau dans lequel baigne la mutuelle depuis l’arrimage CMU/MUGEFCI. Une situation non voulue mais interprétée par certains mutualistes comme une volonté manifeste du Conseil sortant de ne pas les soigner. En attendant un retour à de meilleurs sentiments, l’on assiste à un scenario identique à celui du « lâcher la proie pour l’ombre. »

 

Depuis la date d’entrée en vigueur de la Couverture Maladie Universelle (CMU), le 1er octobre 2019, le panier des soins de la mutuelle a été réduit de moitié, donc une partie attribuée à la CMU, ceci dans le cadre de l’arrimage CMU/MUGEFCI. Malheureusement, cette politique de complémentarité est mal perçue par les mutualistes et accusent la mutuelle de ne pas les soigner, plutôt que d’interpeller la CNAM chargé du pilotage et de la régulation de la Couverture Maladie Universelle, un système national obligatoire de couverture contre le risque maladie au profit des populations résidant en Côte d’Ivoire. En d’autres termes, nous invitons les fonctionnaires à jeter un regard critique et interpellatif du côté de la CNAM. Car, le déséquilibre décrié par les fonctionnaires en termes de prestations pourrait relever de son fait.

 

C’est un secret de polichinelle : des voix s’élèvent dans le ciel de la MUGEFCI, où des mutualistes s’époumonent à longueur de journée sur les réseaux sociaux quant aux difficultés rencontrées dans le parcourt de soin. L’occasion fait le larron, dit-on. Des candidats déclarés ayant flairé le coup, veulent surfer sur la vague, car c’est une circonstance favorable constituant un terreau fertile pour faire rallier à leur cause des mutualistes qui se sentent spoliés face à la situation. Et pour plaire davantage en vue de bénéficier de leurs suffrages, ils n’hésitent pas à verser dans la délation aux relents démagogiques et populistes. Comme il fallait s’y attendre, l’on parle de tout et de rien ; juste pour plaire.

 

Pour le citoyen lambada, quel est le contenu de cet arrimage ? Quels sont les avantages ?

 

L’histoire rappelle que dans le cadre de la politique sociale du Président de la République, il a été institué la Couverture Maladie Universelle (CMU), un programme majeur de la politique sociale du Chef de l’Etat. Pour accompagner les fonctionnaires, il une politique d’arrimage entre la CMU et la MUGEFCI a été adopté. L’arrimage CMU/MUGEFCI dont il s’agit définit clairement les champs d’action de chaque partie prenante. Au titre de la Couverture Maladie Universelle, le panier de soin (l’ensemble des prestations médicale couvertes par la CMU) est clairement défini. Les actes garantis par la CMU sont les consultations effectuées par les médecins, les chirurgiens-dentistes, les infirmiers et les sage-femmes ; les médicaments ; les actes de chirurgie ; les examens de laboratoire ; les soins bucco-dentaires ; les hospitalisations.

Selon les textes, à l’exception des maladies chroniques, les actes de la chirurgie digestive, de la dermatologie et vénérologie, la gynéco-obstétrique, des maladies infectieuses, de l’odontologie, l’ophtalmologie, de l’oto-rhino-laryngologie, de la pédiatrie, de la pneumologie, de la stomatologie, de la traumatologie-orthopédie sont pris en compte par la CMU.

Toutefois, pour une prise en charge efficiente et efficace, le patient est appelé à consulter d’abord le médecin généraliste du centre médical de référence. « Avec votre carte CMU, vous devez vous rendre d’abord chez le médecin généraliste de votre centre médical de référence (Niveau 1). S’il ne peut traiter votre affection, il vous adressera à un autre médecin ou à un centre de soins de niveau supérieur (Niveau 2 ou 3) appartenant au réseau CMU. Vous devez vous y rendre muni d’un bulletin de consultation ou d’examen que le médecin vous aura délivré et vous vous acquitterez sur place du paiement du ticket modérateur, soit 30% du coût des actes médicaux. Les textes précisent également que le patient est soumis au paiement sur place d’un ticket modérateur de 30% du coût des actes médicaux et des médicaments pour avoir droit à toutes ces prestions médicales. « Les 70% restant étant à la charge de la CNAM », disent les textes. Malgré ce parcourt de soin éloquemment détaillé, les populations, notamment les mutualistes n’arrivent pas à se faire soigner, c’est-à-dire bénéficier des prestations de la CMU. Contre toute attente, c’est la MUGEFCI qui est mise à l’index, malgré le fait que les « parkings » sont désormais partagés.

De son côté, la MUGEFCI continue de soigner les mutualistes en tenant compte du contenu de son panier de soin : les pathologies chroniques. En médecine, l’on appelle les maladies chroniques les états pathologiques à long termes et généralement lents. Les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) le cancer, les maladies respiratoires chroniques dont l’asthme, le diabète, l’insuffisance rénale constituent les gros lots de maladies chroniques relevant de la MUGEFCI.

De façon prosaïque, l’on dira que les parkings sont partagés entre la CMU et la MUGEFCI, chaque entité doit donc jouer sa partition en apportant le confort en termes de prestations sanitaires. Si tel est le cas, pourquoi la CMU n’arrive-t-elle pas à soigner les mutualistes ? Malheureusement, cet état de fait a du mal à prospérer auprès de certains mutualistes dont l’habitude a la peau dure. L’environnement nouveau semble être une utopie à leurs yeux. « On n’arrive pas à se soigner ! », tel est leur cri de cœur que certains candidats n’ont pas hésité à en faire leur slogan.

Face à la situation, si certains ont fait contre mauvaise fortune bon cœur, en se contentant des nouveaux produits, notamment Ivoir’Santé proposés par la mutuelle pour pallier cette difficulté née de l’arrimage, d’autres cependant, continuent d’accuser naïvement le Conseil sortant, parce qu’effectivement la CMU peine à jouer sa partition.

Rappelons à titre gracieux qu’il a été proposé à l’époque d’augmenter d’1% les cotisations des fonctionnaires. De 3% plafonné à l’indice 1000, les cotisations devaient donc atteindre 4% pour supporter les 900 000 000f prélever des caisses de la mutuelle, et le panier de soins restait en l’état, sans être dégradé. Le principe qu’au démarrage de la CMU, les fonctionnaires paient les 4% avait été acquis, à en croire le PCA sortant Mesmin KOMOE. Malheureusement, en 2017, des syndicats ont manifesté contre le relèvement des cotisations.

A ce jour, c’est la somme de vingt milliards FCFA qui ont été reversés à la CMU pour le compte de la MUGEFCI pour soigner les fonctionnaires et agents de l’Etat. Moins de 5% de cette somme (20 milliards FCFA), précisément 450 millions FCFA, ont été utilisés pour soigner les mutualistes. L’accusation faite à la MUGEFCI de ne pas soigner les fonctionnaires trouve donc sa solution du côté de la CMU.

C’est dans cette perspective d’amélioration des prestations dans ce contexte d’arrimage, que Dr Kamara Laurence, candidate déclarée au poste de PCA de la MUGEFCI propose de poursuivre le plaidoyer auprès du gouvernement pour la dynamisation de la CMU en plaidant davantage pour que les fonds soient utilisés pour la cause de la santé des mutualistes. Elle propose également d’étoffer le panier de soins médicaux en forfaitisant certains actes qui sont exclus de la garantie (non pris en compte par les assurances) tels que les malformations congénitales, les greffes de peaux ... d'autant qu'ici nous sommes dans un cadre mutualiste et donc d'entraide. Au gouvernement, elle propose la prise en charge médicamenteuse de certaines pathologies qui relèvent normalement de la CMU pour qu'elles soient reversées à la MUGEFCI afin de rendre facile et dynamique l'accès aux soins.

En attendant cette ère nouvelle, les fonctionnaires et agents de l’Etat, notamment les responsables des différents syndicats de la Fonction Publique, doivent plaider pour une meilleure prise en charge médicale de leurs membres par la CMU.

Revendiquer ce qui leur revient de droit, c’est-à-dire que la CMU joue sa partition doit être leur préoccupation du moment. Cela y va de la santé de leurs syndiqués.

Content created and supplied by: Manizan (via Opera News )

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