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Le péage de Bassam fait grimper les prix des transports: les consommateurs en colère

Les populations ne décolèrent pas, depuis l’annonce des tarifs du péage.

 

Depuis son annonce, le poste de péage de Grand-Bassam continue de faire couler beaucoup d’encre. Le passage du péage fixé à 1000 F CFA influe déjà sur le coût du transport en commun dans la région du Sud-Comoé, en Côte d’Ivoire.

Il faut le signifier, les populations ne sont pas contentes parce qu’elles doivent ajouter la somme de 100 voire 200 F sur le tarif habituel. « Pour me rendre à mon lieu de travail situé dans la commune de Treichville, j’ai payé 900 F au lieu de 700 F comme d’habitude. Mon voisin de quartier a déboursé la somme de 1200 F pour se rendre à Adjamé », nous informe le jeune Gérard K., un résident de la ville de Bonoua.

À la gare de Renault sise à Adjamé, les passagers de la ville d’Aboisso se plaignent également. Les caissiers demandent aux clients désireux de se rendre dans cette ville de préparer une pièce de 100 F. « Veuillez ajouter la pièce de 100 FCfa sur vos billets de 2000 F », lancent-ils aux passagers.

Selon l’un d’entre eux, qui a requis l’anonymat, l’ordre est venu des patrons de la gare. « Nous ne sommes que des exécutants », dit-il. Puis d’indiquer que cette augmentation crée un véritable souci de monnaie qui embarrasse tout le monde.

Rencontré à la gare d’Adiaké, A.S. fait savoir que l’augmentation des tarifs de transport impactera forcément le prix des denrées alimentaires. « A cette allure, nous les commerçants n’auront pas d’autres choix que d’augmenter les prix de nos marchandises », a-t-il déploré.

Pour lui, tout comme pour Pulchérie Gbalet, présidente de l’Alternative citoyenne ivoirienne (Aci) et de nombreuses personnes, les autorités ivoiriennes doivent revoir le coût du péage à la baisse, afin de faciliter la vie à la population qui souffre déjà.

Il faut noter que ces transporteurs profitent de la situation pour augmenter leurs tarifs mais n'empruntent pas l'autoroute pour éviter le péage. « Nous étions dans un autocar de 60 places. Chaque passager a payé 100 F de plus. Malgré cela, le conducteur est passé par l'ancienne route pour ne pas payer les 1000 F au péage », a relaté Yves K.

 

Jean-Baptiste Koffi, président de consommateurs : « Le gouvernement doit revoir sa copie »

« Le poste de péage de l’autoroute Abidjan-Grand Bassam est entré en service depuis le 24 juin 2022, avec des tarifs annoncés qui ont coupé le souffle de tous usagers de cette route. Tous les propriétaires de véhicules légers, qui espéraient faire des économies sur leur budget familial en allant vivre à coûts réduits en province, du côté de Bassam, Bonoua, Aboisso, Assini etc. sont sans voix. Ils devront désormais s’acquitter de 12.000 F CFA de frais de péage par semaine (du lundi au samedi) soit 48 000 F par mois. Sans compter que s’ils roulent au super, ils ont déjà vu leur budget carburant croitre avec les dernières hausses du prix du litre du super sans plomb à la pompe. Ne parlons pas des autres postes du budget familial comme la nourriture qui est loin d’être stable par ces temps qui courent. Cela devient intenable et insupportable pour les consommateurs condamnés quotidiennement à faire le difficile arbitrage entre des revenus maigres et bloqués d’une part et des charges familiales incontournables, en perpétuelle augmentations. Les consommateurs et les organisations de défense de leurs droits demandent au gouvernement de revoir sa copie. Rien ne saurait justifier un tel niveau de frais de péage à un moment où les consommateurs subissent de plein fouet, les effets collatéraux d’une crise Russo-Ukrainienne dont nul ne peut prédire le terme à ce jour. A toutes fins utiles, il convient de rappeler qu’il revient à l’État de mettre à la disposition des populations des infrastructures indispensables à leur épanouissement. En admettant le principe même du péage routier depuis quelques années, les consommateurs font déjà suffisamment d’effort et ne méritent pas d’être appauvrit davantage avec des tarifs inadmissibles. Un premier péage nous a été imposé en pleine agglomération (3ème pont) avec des tarifs que nous digérons toujours mal et voilà qu’on vient nous fixer un autre péage toujours en plein Grand Abidjan avec des tarifs encore plus élevés. Trop c’est trop. Il faut mettre un terme à cette escalade. Faute de réaction nous demandons à tous les usagers de se déporter sur la nationale (ancienne route). Nous osons croire que cette dernière ne fera pas l’objet d’ici quelques temps de fermeture pour travaux. Si tel devait être le cas, la loi fait obligation aux autorités de prévoir des voies alternatives car les usagers ne sauraient tous être contraints de passer par le péage. Nous y veillerons ».

 

AKE

 

 

                                

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

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