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ARTCI: La gestion de Bilé Diéméléou décriée, pillage à haute fréquence de 800 Méga hertz

Ça ne va plus à l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire et des technologies de l’information et de la Communication (ARTCI/TIC). La gestion népotique et de pillage de l’Autorité dirigée par Diéméléou Amon Gabriel Bilé est décriée depuis un certain temps. La goute d’eau de trop a été la gestion du Plan national de numérotation pour le passage de 8 à 10 chiffres. De quoi s’agit-il ? Africanewsquick.net s’est intéressé à l’ARTCI.

Depuis le 31 janvier 2021, la téléphonie de Côte d’Ivoire est passée de 8 à 10 chiffres. Un passage à la césarienne coûteuse, à un peu plus de 800 millions FCFA avec à la clé une application qui a buggé, contrairement au passage de 6 à 8 chiffres en 2000 par voie basse, moins coûteuse et sans plainte des usagers.

Au cours de sa conférence de presse du mardi 28 juillet 2020, Bilé Diéméléou, Directeur général de l’ARTCI, annonçait le passage de 8 à 10 avec le nouveau plan national de numérotation (PNN). Il a tout expliqué mais n’a pas voulu donner le coût de toute l’opération. «Il n’a pas voulu communiquer sur le coût de l’opération qui est supporté par les opérateurs. L’ARTCI, a-t-il dit, ne prend en charge que le volet de la communication du projet», avait rapporté un journaliste présent à sa conférence de presse.

Selon des indiscrétions, il aurait même confié que l’ARTCI ne mettrait pas d’application en place et que seuls les opérateurs du secteur de la téléphonie devraient le faire pour leurs clients. Et que son rôle se limiterait à la régulation, au contrôle, à la validation et à la communication sur le projet.

Pour la première fois, les trois (3) sociétés de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire se mettent ensemble pour écrire une application à l’attention des usagers pour une conversion automatique des répertoires de 8 à 10 chiffres.

Et puis, tournée casaque, retournement de situation. Certains directeurs de l’ARTCI, au cours d’une réunion de direction, apprennent par la voix de leur directeur général, Bilé Diéméléou, que le régulateur va proposer une application, le pnn-artci pour la conversion des numéros de 8 à 10 chiffres. L’ARTCI devient donc juge et partie. Pourtant ses collaborateurs-directeurs le lui ont déconseillé. Mais, «le DG s’est encore entêté comme d’habitude, non seulement en laissant de côté les compétences internes habituées au système de l’ARTCI (y compris la direction de la communication), pour, sans appel d’offres, choisir une société de Conseil en communication et non productrice d’application, Origin7, une société qui serait créée, par hasard en 2020, quelques mois avant le lancement du PNN», nous a confié une source au sein de l’ARTCI.

«Cependant, poursuit notre interlocuteur, ce que nous ne comprenons pas, c’est la facturation adressée à l’ARTCI par Origin7 (il nous présente des factures, d'acompte de la facture globale qui affichent au moins la somme de 500 millions FCFA TTC). Il y est marqué en objet : Campagne globale-Plan national de numérotation et en libellé des actions, il est mentionné : Phase I : Information (sans coût indiqué) ; Phase II : Préparation (sans coût indiqué) ; Phase III : Exécution (sans coût indiqué) et Phase IV : Formation (sans coût indiqué), mais avec un total qui avoisine 500 millions FCFA et d’autres factures d’acompte sont en cours de paiement. Et ce sont les mêmes libellés sur toutes les factures comme si les différentes phases ont été payées plusieurs fois pour justifier un montant total qui avoisine 800 millions FCFA du coût global du marché du PNN accordé à Origin7 de gré à gré. Or, pour bien faire les choses, il aurait fallu faire appel d’offres parce que le montant est largement au-delà des 50 millions FCFA (montant au dessus duquel il faut un appel d'offres selon les principes de bonne gestion)».

Puis après l’épisode des enfants Bilé embauchés par le père Bilé à l’ARTCI, un autre agent de nous rappeler l’affaire de la société ‘’ETS 2B’’ qui entretient les espaces verts et les bureaux de l’ARTCI avec un marché de près de 100 millions FCFA (à raison d’un peu plus de 6,5 millions FCFA/mois en y ajoutant la TVA) depuis 2014, appartenant à son épouse et dont le téléphone de bureau était celui du domicile du DG Bilé Diéméléou.

«Conseiller technique du ministre de La Poste et des TIC, il était à la retraite et le ministre Koné Bruno l’a rappelé pour le nommer DG de l’ARTCI, d’abord intérimaire en 2012 puis confirmé en 2013. Donc selon nos textes, il avait droit à deux mandats, et son dernier mandat à la tête de l'ARTCI finit au mois de mai 2021. Ce qu’il n’a pas eu dans sa carrière, il veut sans doute le rattraper. C’est pourquoi, il crée des sociétés écran pour piller la société et s’enrichir», extrapole notre second interlocuteur.

Il faut noter que lors du lancement du PNN, les appels vers les numéros à 8 chiffres devraient prendre fin le 28 février 2021. Mais, sans doute avec le bug de l’application pnn artci, ils ont continué pendant un mois, tout le mois de mars. Et on a appris, du DG  de l’ARTCI (interview dans Fraternité Matin du mercredi 31 mars), que c’est finalement le 31 mars 2021 que les appels vers les numéros à 8 chiffres ont pris effectivement fin.

Pour l’équilibre de l’information, nous avons joint les responsables de la direction de la Communication de l’ARTCI. Ils ne veulent pas en parler et ne veulent pas qu’on en parle. «Nous ne voulons pas de bruit sur l’entreprise. Qu’est-ce qu’il faut pour laisser tomber cette affaire ?» Nous disent-ils. Comme quoi, les hommes de Bilé Diéméléou et lui-même sont prêts à tout pour ne pas diffuser l’information.

Toutefois, considérant que c’est le DG Bilé Diéméléou qui est mis en cause dans l’article, nous lui avons envoyé plusieurs messages par SMS (avec accusés de réception) et par Whatsapp (Ndlr, il les a vus, nous avons les captures d’écran), nous lui avons aussi envoyé l’essentiel de l’article pour qu’il donne sa version des faits allégués contre lui, nous avons tenté à plusieurs reprises de le joindre par téléphone, le téléphone sonne, mais il ne décroche pas, il ne nous a répondu que juste au moment où nous nous apprêtions à mettre l’article en ligne pour nous donner un rendez-vous le lendemain à son bureau à l’ARTCI.

Nous avons pris soin d’y aller en prenant un témoin avec nous, un journaliste professionnel et directeur de publication bien connu dans le milieu de la presse ivoirienne. Et le DG Bilé Diéméléou était assisté de son conseiller spécial Messan Beugré (qu’il nous présente comme son DGA) et de Armel Koffi qu’il a présenté comme étant le Financier de l’ARTCI (Ndlr, nous avons découvert par la suite que ce dernier est le Directeur général de Origin7, la société dont les facturations sont mises en cause).

Dès l’entame de notre rencontre, Bilé Diéméléou s’est fait menaçant, usant d’intimidation. «Pourquoi vous me harcelez ? Savez-vous que je peux vous poursuivre pour harcèlement ?», commence-t-il. Puis d’ajouter : «Vous pouvez publier ce que vous voulez, nous avons les vrais chiffres avec nous ici dans nos fichiers. Le coût du projet du PNN est largement en-dessous des 500 millions que vous avancez encore moins 800 millions FCFA». Ce que Armel Koffi a soutenu en disant que les factures dont nous parlions plus haut sont «des résumés de la facturation détaillées et agrafée aux détails. Ça ne vaut même pas 200 millions». Et Messan Beugré de renchérir pour dire que : «500 millions c’est vraiment trop. Si nous dépensons ça pour un projet, nous ne pourrions pas payer les salaires des agents. Encore moins 800 millions ? C’est la faillite assurée.»

N’étant pas convaincus des propos de Bilé Diéméléou et ses assistants, nous avons approfondi nos investigations. Et ce que nous avons trouvé est ahurissant et confirme nos propos d’accusation. Bilé Diéméléou et ses collaborateurs ont failli nous manipuler avec leurs propos sans preuve. Nous avons vu les ordres de virement à l’ordre de Origin7 déjà effectué dans une banque de la place (dont nous taisons volontairement le nom) qui s’établissent comme suit :

-Le 04/08/2020, juste après la conférence de presse du lancement du PNN, l’ARTCI a viré 200 millions FCFA sur le compte de Origin7 (voir fac similé 1) ;

-Le 02/10/2020, soit deux mois après le premier acompte, l’ATCI a viré 170 millions FCFA sur le compte de Origin7 dans la même banque. (Voir fac similé 2)

-Le 03/12/2020, soit deux mois encore après le deuxième acompte, l’ARTCI a viré 130 millions FCFA sur le compte de Origin7 (voir fac similé 3).

Ce qui confirme nos soupçons de 500 millions FCFA décaissés en l’espace de 4 mois (Août à décembre) à l’ordre de Origin7. Et nous apprenons qu’il y aurait encore des acomptes en cours de paiements. Tout cela n’est pas loin des 800 millions allégués plus haut.

Gilles Richard OMAEL

Content created and supplied by: Africanewsquick.net (via Opera News )

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