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Café / cacao : voici pourquoi les paysans ghanéens gagnent plus d’argent que les Ivoiriens

Selon un expert, le mécanisme de commercialisation du cacao ghanéen est plus efficace que celui des Ivoiriens


Pour la campagne actuelle, le prix du kilogramme de cacao est fixé à 825 FCFA en Côte d’Ivoire. Au Ghana, il est de 900 à 1000 cedis, selon la valeur de la monnaie qui est, comme on le sait, fluctuante. Si l’on prend en compte le poids de la monnaie ghanéenne par rapport au FCFA, il est clair que le kilogramme de cacao vaut plus cher au pays de Kwamé Nkruma qu’en Côte d’Ivoire. Le paysan ghanéen gagne donc plus que son homologue ivoirien.

Qu’est-ce qui expliquer cette disparité pour deux pays voisins ? Selon Ousmane Ouédraogo, expert, le Ghana est loin de surclasser la Côte d’Ivoire pour ce qui est de la production. « La Côte d’Ivoire produit 2.200.000 tonnes. Elle est loin devant le Ghana. Elle a gagné plusieurs batailles dont celle de la production et, depuis deux à trois ans, celle de la qualité. Ce qui reste, c’est la bataille de la commercialisation. Et sur ce terrain quand la bataille se grippe, ce sont les paysans payent le prix », explique-t-il. Selon lui, le Ghana dispose d’une structure étatique de gestion du cacao qu’on appelle le « Ghana cocoa board ». Cette structure dispose de magasins de stockage dans toutes les zones de production. Et c’est elle, donc l’Etat, qui achète la totalité de la production du cacao. Et personne d’autre ! Et c’est l’Etat qui revend le produit aux multinationales  « La production est la propriété de l’Etat et selon ses estimations, il procède à ce qu’on appelle la levée des fonds syndiqués.  Cela consiste à collecter un fonds permettant d’acheter, sans crainte, toute la quantité produite. En plus, le Ghana a réussi à réduire la taxe imposée à l’exportation du cacao», poursuit Ousmane Ouédraogo.

A en croire notre interlocuteur, c’est le cocoa board qui négocie avec une banque et la charge de mobiliser les autres pour la campagne de commercialisation, selon un prix décidé par l’Etat. Et il va en faire le partage dans la zone de production.  « Le mécanisme de commercialisation du Ghana est donc plus réaliste par rapport au marché. Il a un système fiable et efficace », conclut l’expert.

Pour ce qui est de la Côte d’Ivoire, il explique que ce pays a donné toute sa production aux exportateurs qui se débrouillent comme ils peuvent. Ce qui fait que le système est fragile à tous points de vue.    Pour lui, « la Côte d’Ivoire n’a pas un mécanisme qui répond aux réalités du marché. Certes, la politique des prix garantis est bonne. Mais elle devient mauvaise quand on n’arrive pas à la mettre en pratique ».

Interrogé, le ministre Lida Kouassi, compagnon de longue date du président Laurent Gbagbo, estime que « notre réforme n’est pas allée jusqu’à son terme. Chez nous, ce n’était pas l’Etat, mais l’organisation des producteurs qui aurait des magasins de stockage à travers toute la zone de production. Et les producteurs auraient un prêt de l’Etat pour l’achat de la production. Après, le dû prêté par l’Etat ».

Paul D.Tayoro     

Content created and supplied by: Paul-D-Tayoro (via Opera News )

ousmane ouédraogo

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