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L’Assurance-Vie, rempart contre l’altération du budget familial

Le budget familial correspond à la matrice qui présente l’ensemble des ressources et des dépenses d’un ménage. Il retrace donc les revenus d’emplois, de pension et éventuellement les revenus passifs (rentes, dividendes etc.). Ce budget sert principalement à couvrir les charges domestiques (loyer, épicerie, facture d’eau et d’électricité, téléphone, internet, les impôts…). Il constitue l’épine dorsale de survie de la cellule familiale.

Quant à l’Assurance-vie, il s’agit d’un produit de gestion du risque décès qui garantit le versement d’un capital ou d’une rente au souscripteur ou au bénéficiaire selon le type de contrat. L’assurance-vie peut se présenter selon plusieurs variantes dont l’Assurance-vie en cas de vie, l’Assurance-vie en cas de décès ou un contrat d’Assurance mixte vie et décès. L’Assurance-vie en cas de décès consiste en une garantie pour les proches de l’assuré, alors que l’Assurance-vie en cas de vie est considérée comme un placement pour lequel l’assuré pourrait en être lui-même le bénéficiaire.

L’Assurance-vie en cas de décès constituera le centre d’intérêt de notre sujet d’analyse. Ce produit d’assurance est caractérisé par le versement d’un capital au (x) bénéficiaire (s), au décès du souscripteur ou de la personne assurée.

Le décès étant consubstantiel à la vie, il constitue un risque permanent que chaque personne côtoie quotidiennement. Plusieurs facteurs influent sur le risque décès dont l’âge, l’état de santé, le sexe, les antécédents familiaux, l’emploi, les comportements dangereux etc. Le décès, au-delà d’avoir un caractère atroce ou tragique, entraine des conséquences sur le niveau de vie des membres survivants de la famille. Les impacts financiers potentiels du décès sur les survivants d’un ménage sont de plusieurs ordres et peuvent se décliner en ces points :

-        Le décès entraine systématiquement la réduction ou la perte de revenus pour la famille du défunt, surtout quand le revenu d’emploi du De cujus alimentait principalement le budget familial.

-        Les charges fiscales rattachées aux actifs du défunt peuvent réduire les actifs de la succession. Si le liquidateur d’une succession manque de moyens pour régler les charges qui en découlent (droit de mutation, taxes foncières …), il peut être contraint à vendre les actifs transmis aux bénéficiaires, avec un risque d’absorption du revenu de la vente par les montants dus ;

-        Le règlement des frais de scolarité des enfants ou autres personnes à charge s’avère difficile, du fait de l’amenuisement ou de l’absence des ressources alimentant le budget familial ;

-        Le recours à l’épargne du ménage, à l’emprunt ou à des aides d’amis et parents pour couvrir les charges domestiques et les dépenses induites par le décès ;

 

Les impacts financiers potentiels sur le niveau de vie des survivants d’une famille, à la survenue du décès d’un membre de celle-ci, sont implacables et inévitables, surtout quand il ne s’agit de personne sur laquelle pèse l’essentiel des charges familiales. Il en ressort que le budget familial va connaitre des perturbations énormes, et en l’absence d’une digue de mesures correctives, la précarité peut s’incruster dans la cellule familiale.

 

En plus de son caractère atroce et parfois tragique, le décès est un vecteur d’appauvrissement des ménages, surtout en Afrique où les cérémonies funéraires constituent de véritables moments de pressions sociales et de jaugeage du potentiel financier des membres d’un clan, d’une communauté, d’une famille ou d’un groupe social donné. Il faut à tout prix entrainer  les survivants du défunt à faire étalage de leur richesse par des dépenses somptuaires, en vue de rendre dit-on un hommage mérité à l’âme du défunt.

Face à un probable effondrement que fait courir le risque décès aux familles endeuillées, le choix de sa gestion est important, en vue de garantir une relative sécurité financière aux membres survivants de l’entité familiale.

Pour affronter ce risque qui au demeurant est réel et permanent, deux options s’offrent. A savoir, l’acceptation du risque qui consiste à choisir d’être exposé à celui-ci et en assumant les conséquences qui en découle, avec son corollaire d’impacts négatifs sur la trésorerie des ménages et l’option du transfert du risque à une compagnie d’assurance en contractant une police d’assurance-vie.

 

Avec l’assurance-vie en cas de décès, de son vivant l’assuré substitue l’éventualité d’une catastrophe financière en cas de décès, au versement de primes d’assurance annuelles, en vue de garantir aux bénéficiaires la perception d’un capital ou d’une prestation d’assurance qui va constituer une véritable manne financière pour les bénéficiaires. La disponibilité de cette prestation s’inscrit dans un délai raisonnable, selon les termes du contrat. Pour les compagnies d’assurance qui exercent sous la férule de la Conférence Interafricaine de Marché des Assurances (CMA), ce délai est d’un mois à compter de la réception des pièces justificatives prévues au contrat. En cas de non-respect de cette disposition par l’assureur, les sommes dues produisent de plein droit intérêt au taux d’escompte. (Conf. Art. 74 du code CIMA). Il faut préciser que les prestations d’assurance-vie sont exclues de l’actif successoral (Conf. Art 71 du Code CIMA). Ce qui les rend automatiquement cessibles, en cas de décès, alors que les avoirs détenus par le défunt dans les autres établissement financiers (Banques) sont gelés dés constatation du décès. Le dégel de ces comptes n’est effectif qu’au terme d’une procédure de règlement de la succession. Il s’agit d’une formalité fiscale obligatoire qui permet aux ayants- droits de disposer in fine de l’actif net successoral.  

Le montant souscrit par l’assuré peut servir à réaliser sa dernière volonté en termes de frais funéraires, de maintien de niveau de vie de ses ayants-droits, de continuité de scolarisation des enfants etc. Prenons l’hypothèse d’un couple composé de X et Y âgés respectivement de 35 et 30 ans. Ils ont 2 enfants de 5 et 7 ans à charge. Madame est salariée du public, tandis que Monsieur est cadre dans une compagnie pétrolière. Ils jouissent d’un niveau de vie enviable. Ils ne disposent pas pour l’instant d’un patrimoine familial conséquent, puisque étant tous les deux en l’entame de leur carrière professionnelle.

Lors d’un voyage, par l’imprudence de la conduite d’un tiers, X l’époux perd la vie et cette situation plonge la famille dans un état de détresse avec des impacts financiers immédiats. 

Les fonds disponibles sur le compte du défunt ne sont pas accessibles aux ayants-droits dans l’immédiat, en raison des règles qui régissent les règles de fonctionnement des établissements bancaires, alors que les revenus de Madame ne peuvent couvrir les charges domestiques immédiates, à fortiori les  frais funéraires de son conjoint décédé. Il faut alors faire appel à la solidarité communautaire parfois hypothétique, pour exécuter le budget funéraire, en plus des charges habituelles du ménage.

Alors que si l’époux avait opter pour une assurance-vie en cas de décès, la prestation d’assurance aurait permis à la famille de disposer d’apports financiers substantiels qui permettrait d’éviter l’altération du budget familial, et de consolider le niveau de vie habituelle du conjoint-survivant et de ses enfants. 


Au regard de sa spécificité à gérer le risque décès, l’Assurance-vie constitue un rempart contre la paupérisation des familles monoparentales, suite au décès d’un des conjoints, parce qu’elle garantit l’équilibre du budget familial et consolide le patrimoine familial. Son internalisation par les ménages et toutes les composantes sociales est un gage de lutte contre la pauvreté sous les tropiques et ailleurs, parce qu’elle lutte contre l’altération des revenus domestiques et constitue le vrai levier de la manifestation de la solidarité, par la transformation du risque décès individuel en risque collectif. 

Avec un taux de pénétration de l’assurance en Afrique qui se situe autour de 3% en moyenne, l’assurance-vie est un produit dont la vulgarisation pourrait booster le secteur des assurances, si celle-ci est conduite par une politique managériale qui allie accessibilité économique et actions promotionnelles. Les conseillers ou commerciaux en assurances ont de ce point de vue un rôle essentiel à jouer par une mobilité accrue auprès des prospects, pour leur expliquer que l’Assurance-vie est salutaire pour la consolidation des actifs successoraux et constitue un frein à une paupérisation constante des familles impactées par un deuil.

Pour terminer nous disons ceci « Autant en avoir, quand on en n’a pas besoin, que d’en manquer quand on en a le plus besoin ».

 

 

                                                                          M. GBATO JEAN

 

 

 


Content created and supplied by: JeanBaptisteGbato (via Opera News )

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