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Absence des Universités africaines dans le Top 300 : voici le diagnostic profond d’un Expert !

Kouadio Jean Bonin, Juriste et Président du Think Tank FIER


Kouadio Jean Bonin, Juriste pointilleux dans ses analyses, jette un regard sur une récente publication de Financial Afrik. Ce magazine, leader de l'information financière en Afrique, révèle que sur 1 000 universités évaluées au monde, en 2022, aucune université africaine ne figure dans le top 300. « Le capital humain, ce qui fait toute la différence », a-t-il noté d’entrée, avant d’argumenter. Ci-dessous, son diagnostic de la situation.

"Dans une récente publication du magazine Financial Afrik, on découvre, avec effroi, qu’aucune université africaine ne figure dans le top 300 des meilleures universités au monde, sur 1000 universités de référence. C’est un fait (dramatique) qui devrait interpeler tous les dirigeants africains.

Pourquoi la Corée du Sud qui était plus pauvre que la Côte d’Ivoire dans les années 1960 se retrouve aujourd’hui dans le top 10 des puissances économiques mondiales alors qu’aucun État africain ne s’y rapproche ?

Alors que la nature nous a doté de presque de tout, on ce rend de façon factuelle que ce qui nous différencie des grandes puissances économiques c’est la Capital humain. Analysons.

En prenant comme sujet d’étude la Corée du Sud, on observe que. la formation est là-bas, tout au long de la vie, inscrite dans la Constitution. Ainsi, 70 % des Sud-Coréens de 24 à 35 ans ont reçu une formation universitaire.quand moins de 10% des africains en reçoivent.

Chaque semaine, après avoir passé en salle de classe dix heures de plus que les écoliers ivoiriens, les jeunes Sud-Coréens étudient de longues heures dans des groupes d’études et continuent à la maison jusqu’à 2 heures du matin. Un sur deux manque de sommeil et neuf sur dix ont moins de deux heures de loisir pendant le week-end

La Corée du Sud a pour lui la qualité de ses enseignants. L’éducation est une profession valorisée qui attire les meilleurs étudiants. La sélection pour l’admission aux institutions de formation, au niveau maîtrise pour un instituteur, est extrêmement sévère.

En Corée, tradition confucéenne oblige, les enseignants sont respectés : « On ne devrait jamais marcher sur l’ombre d’un professeur », dit le proverbe. En Côte d’Ivoire, à l’image de nos enseignants contractuels qui attendent en vain depuis 7 mois que leur salaire leur soit payé par l’Etat, l’enseignement ne fait plus rêver. Le secteur privé n’est pas plus reluisant.

Selon les données de l’Union des Banques Suisses en 2015, la rémunération d’un instituteur coréen approche celle d’un ingénieur. Mesurée en parité de pouvoir d’achat, elle se classe cinquième dans l’OCDE après le Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne et les Pays-Bas.

Pr. Adama Diawara, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


La Corée du Sud est l’un des pays du monde les mieux classés dans les indicateurs internationaux concernant son niveau d’éducation et les performances de son système scolaire parce qu’elle consacre une grande partie de son budget à l’éducation. Alors qu’en 2021, la Côte d’Ivoire a consacré 14,98% de son budget aux dépenses en éducation, la Corée lui consacrait déjà 24,98 en 2011.

Le taux d’alphabétisation de la Corée du Sud approche les 100 % (99,2 % pour les hommes et 96,6 % pour les femmes en 2012). En Côte d’Ivoire le taux d’analphabétisme est très élevé car il touche un peu moins de la moitié de la population. Officiellement, selon la ministre Kandia Camara, il était en 2017 de 43,8%. Pour sa part, le gouvernement annonçait en 2018 un taux net de scolarisation de 91%.

Nos Etats africains ont la chance d’avoir des matières premières. Malheureusement, en ce qui concerne le Capital Humain, comme pour la saison des pluies, il n’y a point de place pour la chance. Il faut méthodiquement le développer.

Notre état de sous-développement et l’histoire nous enseignent que ce qui développe un pays, ce ne sont pas les matières premières ; c'est d'abord et avant tout la matière grise.

Le Japon, la Corée du Sud, Singapour etc. n'ont pas de matières premières et pourtant ce sont des pays développés. Ils achètent nos matières premières, les transforment et nous les revendent beaucoup plus chères. Ce qui leur procure de substantielles plus-values qui contribuent à accroître leur développement.

Ils ont hier investi dans la formation, l’éducation, la recherche et le développement (R&D). Ils en récoltent aujourd’hui les dividendes. Résultat des courses, alors que notre richesse nationale annuelle plafonne en 2021 à 58.988 M€, la Corée du Sud s’établît elle a 1.520.447 M€. De même, le revenu annuel par habitant est en Côte d’Ivoire de 2,180€ alors qu’un Coréen vaut 29.384 €.

Nos Etats doivent comprendre qu’il leur faut miser sur une éducation de qualité et éduquer leur jeunesse à avoir une éthique de vie. Ce n'est pas en sortant chaque mois un nouveau pas de danse ou en nous abrutissant à suivre des programmes télé poubelle que l’Afrique et nos universités feront la différence avec les autres pays du monde, qui eux continuent de creuser l’écart. Or, qui n’avance pas, recul."

Content created and supplied by: Saint_Claver_Oula (via Opera News )

financial afrik jean bonin

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