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Éducation : faut-il exclusivement incriminer les enseignants dans l'échec de l'école ivoirienne ?

Depuis la publication du dernier classement PASEC sur le système éducatif en Afrique subsaharienne , les réactions et les accusations se succèdent. Il ne se passe aucune journée sans que l'on évoque les responsailités surtout, dans cette période de proclamation des résultats des examens à grands tirages.

Évidemment, ceux qui en font les frais sont les enseignants et encadreurs. Aucun débat n'a lieu sans qu'on ne mentionne la responsabilité des enseignants dans ce fiasco, ce déshonneur.

Toutefois, loin de dédommager le corps enseignant, n'est-il pas judicieux de passer à une autre étape et d'unir nos forces et nos énergies pour poser un diagnostique apronfondi et porter une attention particulière à ce grand malade ?

Les enseignants sont certe en parti responsables de ce mauvais résultat, pour autant, ils ne sont pas le seul maillon de ce dysfonctionnement. Chacun des acteurs doit assumer son lot de responsabilités et porter sa croix. Nous sommes donc tous interpellés.

Tous interpellés, et responsables, comme dans le cas de la corruption d'un agent des forces de l'ordre ou encore de l'insalubrité exponentielle dont font l'objet nos cités. Quand un agent des forces de l'ordre prend de l'argent à un citoyen en effraction, c'est que celui-ci est autant responsable que lui. De même, lorsqu'on reproche au maire l'insalubrité dont fait l'objet sa commune, il brandit l'incivisme des populations. Mais alors, pourquoi refuse t-on aujourd'hui de partager les responsabilités de la déroute du système éducatif ?

Dans une de ses interventions l'honorable Assalé Tiemoko député et maire de la commune de Tiassalé a dit, je cite << Il faut auditer le niveau des enseignants du primaire recrutés de 2000 à 2020. Ils n'ont pas le niveau et ont de faux diplômes >> fin de citation. Que sous entend cette affirmation de ce dernier ? Les responsables de ce pays n'étaient ils pas au courant des recrutements d'enseignants faits durant cette période ? Qui a organisé et validé le recrutement de ces enseignants, qui sont objet de critiqus acerbes aujourd'hui ? Attendaient-ils le rapport pasec pour se rendre compte du malaise de l'école ivoirienne? Viennent-ils d'arriver ? pourquoi et seulement maintenant décident-ils les états généraux de l'école ivoirienne tant réclamés par les enseignants ?

En réalité, gouvernement , parents d'élèves, société civile, tous sont responsables au même titre que l'enseignant de cette chute libre.Tous, sont restés passifs aux cris de détresse de l'école ivoirienne.

L' Etat en tant que régulateur a lui même précipité son école dans le gouffre, en balbutiant sur la méthode pédagogique à adopter, si bien que ses formateurs eux mêmes ont du mal à la cerner. C'est encore l'Etat qui décide de choisir le BEPC en lieu et place du BAC pour l'entrée dans les CAFOP alors qu'auparavant étaient admis simultanément le BEPC et le BAC. Que dire des 85 points pour l'admission en 6ème, de la suppression de la dictée à l'école primaire, des effectifs pléthoriques dans les classes, du matériel didactique dépassé et inadapté, des enseignants intimidés, sévèrement réprimés dans la revendication de leur droit ...

Que les autorités se remettent en cause et évitent d'exposer les enseignants par la faute de leurs méthodes incompréhensibles. Pour être complet avec ce sujet il faut aussi se tourner vers la société civile et les parents d'élèves.

Nombreux sont ces parents en complicité avec des enseignants qui ont cautionner le téléphone portable dans les centres d'examen. Aujourd'hui l'accent est tellement mis sur les droits de l'enfant qu'on confond ce qui est nécessaire pour lui, et ce qui ne l'est pas. L'élève vient de la maison avec son téléphone, alors à ce niveau qui est fautif ? De même, on sait qui va vers qui afin de plaider à l'approche des épreuves.

On note un abandon des enfants aujourd'hui, livrés à eux même ou aux répétiteurs. Combien, sont-ils ces parents d'élèves qui jettent un oeuil dans les leçons de leurs progénitures ou répondent à des convocations dans les écoles ?

Il revient aussi souvent que beaucoup d'enseignants ont des diplômes frauduleux et par conséquent ne sont pas aptes à enseigner.

C'est vrai qu'on en parle de plus en plus, mais malheureusement ce phénomène touche aujourd'hui tout les ministères et cela est dommage. Par conséquent cela fait ressurgir la fâcheuse question de la corruption en Côte d'ivoire.

Indexer exclusivement le corps enseignant, ne fait que appréhender le problème de manière superficielle, mieux vaut attaquer le mal à la racine en évoquant le problème façon général.

La promotion du mérite n'est qu'un lointain souvenir dans notre pays.

Pour une question d'équité et de transparence, l'honorable aurait dû proposer un audit de tous les corps de métier des services publics ( enseignants, force de défense et de sécurité, élus, parlementaires, tout les autres ministères ) car les dysfonctionnements s'observent à tous les niveaux et domaines de l'Etat.

Les questions de l'enseignement, base de l'éducation d'une nation ne doivent pas être l'affaire des seuls enseignants.

On est déjà ''enseignant'' quand on est responsable d'une famille.

Juste attirer l'attention de mes chers concitoyens. Sauvons notre pays.

AKA AKA DIDIER, paix en Côte d'ivoire

Content created and supplied by: AkaAkaDidier (via Opera News )

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