Sign in
Download Opera News App

 

 

C. I / Éducation Nationale : la suppression des frais annexes au public , les dures réalités à nue

Depuis son installation dans le fauteuil du ministère de l'éducation nationale et de l'alphabétisation, Pr Mariatou KONE est dans une logique de redorer le blason de l'école ivoirienne. Beaucoup la félicitent et d'autres grincent les dents. C'est d'ailleurs ce qui est normal.

La volonté de madame la Ministre d'organiser les états généraux de l'éducation nationale en Côte d'Ivoire a été saluée par la quasi-totalité de tous les partenaires de ce système. Et en attendant ceux-ci, des décisions ont été prises dans l'urgence, parmi lesquelles la suppression des frais annexes gérés par les COGES dans les établissements scolaires publics. Mais, à peine prise, cette décision bien que louable, révèle déjà les vrais réalités, mieux les réelles difficultés que connaissent certains Chefs d'établissement, surtout ceux de l'intérieur du pays. Car, ces frais aujourd'hui supprimés pour êtres remplacés par une subvention de l'Etat dont le début d'exécution n'est pas encore connue alors que les cours ont repris, permettaient aux COGES' de gérer les affaires courantes et pressantes dans les établissements publics en attendant que l'État réagisse quand il veut et comme il veut. Pour mieux éclairer nos lecteurs, ces fonds permettaient de recruter des enseignants vacataires pour combler le déficit criard, renouveller la peinture des bâtiments, remettre au point les ampoules électriques defaillantes, combler le déficit en table-bancs, rémunérer le personnel d'appoint, à savoir les jardiniers, secrétaires, gardiens de jour et de nuit, pour ne citer que ça.

Comme on peut l'imaginer, les difficultés que vivaient les établissements publics de l'intérieur de la Côte d'Ivoire sont mises à nue: la triste réalité aujourd'hui est qu'aucun Chef d'établissement ne peut s'hasarder à recruter un enseignant vacataire au risque de se créer des problèmes. Pire, le personnel d'appoint est libéré abusivement, l'environnement dans certains établissements est dans un état quelconque. Pour preuve, après la tenue des différentes réunions de rentrée, le point du personnel enseignant établi, est alarmant à l'intérieur : dans un établissement dans la région de la Nawa dont nous tenons le point, il y a 80 heures vacantes en mathématiques, soit 04 professeurs minimum à pourvoir, en anglais, 42 heures, soit 02 professeurs minimum à pourvoir. Ailleurs, c'est 05 professeurs manquant en mathématiques, 04 en anglais, 03 en français pour ne relever que ces cas parmi plusieurs.

Malheureusement, pendant ce temps, à Abidjan et ses environs, les enseignants sont sous-employés. On peut facilement trouver des professeurs qui ont 06 h, 08 h de travail par semaine au public alors qu'ils exécutent 16 h, 18 h et même souvent 20 h de travail dans les établissements privés..

Alors à ce stade, en attendant les subventions de l'Etat pour permettre enfin aux COGES' de gérer les problèmes actuels des établissements publics, ne serait-il pas nécessaire de procéder à un redéploiement du personnel enseignant sous-employé? Ce qui pourrait aussi amoindrir le budget à allouer à ce chapitre ? Car il faut savoir que tout changement a forcément des incidences sur tout un système et non sur une partie.


RigobertKohou

Content created and supplied by: RigobertKohou (via Opera News )

COGES Côte d'Ivoire

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires