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Etats généraux de l’éducation nationale : ce qu’un enseignant demande à Mariatou Koné

 En prélude aux états généraux de l’éducation nationale, la ministre de l’éducation nationale Professeur Mariétou KONÉ multiplie depuis un moment les rencontres.  La dernière de cette longue liste fut celle avec son homologue du Sénégal. Une démarche que semble apprécier,  dans l’ensemble, certains enseignants. « Vous semblez donner espoir en ce qui concerne le devenir de l'école Ivoirienne » se félicite dans une contribution dont nous avons reçu copie, Tapé GROUBERA, Enseignant, par ailleurs Président du Mouvement pour la Renaissance de l'Afrique (moraf). Toutefois, ce dernier invite la ministre à s’appuyer sur les chiffres sortis des enquêtes de ses prédécesseurs.  « Madame la ministre Mariétou KONÉ, vous savez comme moi que l'école Ivoirienne va mal. Regardons ensemble quelques données publiées dans le document de la Direction des Stratégies, de la Planification et des Statistiques (DSPS). Dans ce document (téléchargeable portant le titre de Statistiques Scolaires de Poche 2018-2019), à la page 4, il y a le mot de votre prédécesseur (l'ex-ministre) Mme Kandia CAMARA. Ce qui signifie qu'elle était informée de ce qui suit. 

En effet, à la page 29, il est noté que "1 141 942 élèves du primaire ne disposent pas d'extrait d'acte de naissance en 2018-2019 [Ce qui représente 28,52 % d'élèves] contre 1 080 240 cas en 2017-2018". 

Ce qui représente une augmentation de 5,4 % en une année. 

 

À la page 48, il est mentionné ceci:

*73% d'écoles (soit 66% d' élèves) sont électricité. 

*56,4% d'écoles (soit 51% d'élèves) sont sans latrines (WC) fonctionnelles. 

*62% d'écoles (soit 54,9% d' élèves) sont sans points d'eau. 

*83,7% d'écoles (soit 81,7% d’élèves) sont sans lave-mains. 

Si le secondaire général est mieux lotis que le primaire, il n'en demeure pas moins le nombre d'élèves par enseignant est élevé 34 (61 338 enseignants pour instruire 2 110 499 élèves) » rappelle-t-il quelques chiffres. A titre d’illustration il prendra deux exemples pour montrer que

« Le nord est mal équipé ».

Ce sont les exemples de  KABADOUGOU (Odienné) où relève-t-il  

« Il y a 40 % d'écoles qui ont une clôture, 40% qui une salle multimédia, 90% qui ont un point d'eau, 75% qui ont des toilettes élève 95% qui ont l'électricité ». Puis de WORODOUGOU (Séguéla) où « Il y a 38 % d'écoles qui

ont une clôture, 19% qui une salle multimédia, 61% qui ont un point d'eau, 52% qui ont des toilettes élève 47,6% qui ont l'électricité.

Or dans le second document de DSPS, (rapport d'analyse statistique : système éducatif ivoirien 2020), l'on nous apprend, à la page 17 ceci: "Le budget alloué au secteur Éducation-Formation en 2018 en Côte d'Ivoire s'élève à plus de 1 285 milliards de F CFA, soit 19% du budget global du pays." 

Question à quoi a, réellement servi cette somme ? 

Dans ce même document, à la page 36, il est indiqué les régions administratives du Folon, de Boukani, du Bafindg et du Guémon ont une insuffisance de leurs capacités à accueillir tous les enfants au secondaire inférieur à 50%. Et pourtant, nous observons, à la page 46, sur 191 collèges construits de 2015 à 2019, il eut:

7 dans le Boukani, 5 dans le Bafing et le Guemon, 2 dans le Folon. Par contre dans la région du Poro, c'est 17 collèges qui y furent construit. L'idée ici n'est pas de dire pourquoi, on a construit 17 dans le Poro, mais plutôt de dire qu'il fallait construire au moins 20 dans les 4 régions dont j'ai fait cas au-dessus. C'est une question d'équité. 

On ne va pas rester sur ce qui fut fait. Nous allons, nous orienter vers les perspectives. Et votre idée et volonté de faire des états généraux trouvent, dans ce sens, mon assentiment. C'est pourquoi je me permets de vous faire ces quelques propositions, si elles n'ont pas encore été évoquées ». 

« Mme la ministre Mariétou KONÉ, au risque de me répéter, vous savez comme moi que l'école traduit l'état d'une société dans laquelle elle prend naissance. Donc, faire ces états généraux en restant cloîtrée dans le cadre strict de votre ministère ne fera que tourner en rond. Ainsi, outre les partenaires habituels (parents d'élèves, enseignants, personnels non-enseignants dans les écoles, les élèves, tous les syndicats), vous devez associer d'autres ministères: de la santé, de l'intérieur, de la Défense, du budget et de la fonction publique. 

Pourquoi donc cela ? C’est connu de tous, la Côte d'Ivoire est devenue une plaque tournante de la drogue. C'est un fléau qui est aussi voire plus dangereux que le terrorisme. Des mesures fortes s'imposent:

*Fermer tous les fumoirs sur tout le territoire national. Et, en même temps, lutter résolument contre ceux qui font entrer la drogue dans le pays (les nationaux et leurs complices étrangers). 

*Créer des centres de désintoxication et d'apprentissage de métiers pour les jeunes scolarisables faisant partie des "Microbes". 

*Faire un audit des budgets alloués à l'éducation nationale, ainsi que les COGES. 

* Revaloriser le salaire des enseignants. 

*Élaborer un calendrier régulier clair de rencontre et d'échange avec les partenaires sociaux. 

*Mettre en avant les langues maternelles, par un système d'immersion régionale, à travers un bilinguisme (français/Agni, français/Abbey, français/bheté, français /Baoulé, français/koulango, français/Sénoufo, français/Tagbana, etc). 

*Donner la priorité à un contenu national et africaine: les résistances africaines à l'esclavage et au colonialisme, parler des os d'Ishango, des pyramides du Soudan et d'Égypte, etc. » propose

Tapé Groubera.

 

Tché Bi Tché

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