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Opinion / Etats généraux de l'école ivoirienne : la fraude, la gangrène de notre système éducatif

ACTE I: La fraude, la gangrène de notre système éducatif . 


Dans la structuration et la diffusion des productions des savoirs sur notre école, je m'étais assigné d'aborder aujourd'hui certaines thématiques qui pourraient être une base de la réflexion pendant les états généraux de l'école ivoirienne. Mais compte tenu d'un événement majeur qui s'est produit dans un centre d'examen, je me permets de modifier l'ordre des productions. Car il est nécessaire de tenir compte de cette réalité contextuelle (BAC)

En effet, pendant le déroulement de l'examen, un enseignant , professeur d'Anglais, a été violemment agressé par un élève dans un centre d'examen du BAC. La raison toute trouvée est que l'enseignant lui a retiré son passe droit. Le droit de tricher. La fraude pour nos élèves est devenue la chose la mieux partagée en en côte d'ivoire et qu'ils comptent bien garder intact.  

Les mesures conservatoires en pareil situation est l'expulsion de l'élève de la salle et ensuite l'interdiction lui est faite de prendre part à un examen sur une période de deux ans avant qu'une sanction pénale vienne mettre fin à la série de sanction. Mais au constat, ces mesures n'ont pas dissuadé les fraudeurs ( élèves, enseignants et parents d'élèves y compris). Ces mesures ont montré ainsi leurs limites. Elles n'ont pas pu juguler la fraude qui s'organise dans notre système éducatif. D'autres solutions doivent être envisagées. Les lignes qui suivent nous en donnent la primeur.. 

Les enseignants du privée doivent nécessairement retrouver leur dignité. Et cette dignité passe par un nouveau cadre juridique de l'enseignement privé .

Pour les années d'ancienneté que j' ai eu dans l'enseignement, j'ai été frappé par deux choses. La première c'est le fait que dans l'enseignement privé le coût de l'heure à payer en terme de prestation à un enseignant varie d'une école à une autre. Les enquêtes menées dans ce secteur font dire que certaines écoles payent l'heure moins de 1000f CFA. La seconde découle du fait que ceux qui sont salariés en tant que embauchés dans les écoles sont sous payés. Une enseignante de la maternelle d'une école privée connue et renommée du dokoui (Abidjan) me disait qu'elle a été de ceux qui ont ouvert cette école et plus de 20 ans après avec son autorisation d'enseigner et son baccalauréat, elle touche à peine 115000f CFA mensuel. A regarder aujourd'hui le chiffre d'affaire des fondateurs de ces écoles et le traitement des enseignants sur qui repose leur aisance matérielle le fossé est abyssal. Un autre me disait que sur l'année, il n'est payé que six mois les autres mois, il faut supplier le fondateur afin d'avoir de quoi nourrir sa famille. Ce qui importe pour le fondateur c'est de faire en sorte que les résultats soient bons, peu importe la manière ( nous y renviendrons). L'on est tenté de dire ici, quel lien avec les examens? Établissons le liens entre la situation des enseignants du privé et la fraude à l'examen.

Sous payés et sans salaire, ces enseignants, pour certains, jettent leur dévolu sur les examens du BEPC et du BAC pour avoir de quoi tenir les deux ou trois mois que vont durer les vacances. Les examens deviennent un lieu où il faut aller se faire une santé financière. Le refus des fondateurs de payer les enseignants à la hauteur de leur tâche en est le ciment. Les contactuels sous payés n'ont pas pu faire des économies pour affronter la période des vacances. La crise de l'emploi ne les permettant pas d'avoir un travail saisonnier pour résister à la fermeture des écoles pendant les vacances. Alors les examens deviennent une aubaine pour se faire le maximum d'argent. Mais comment mettre fin à cette fraude organisée ?

Il faudra simplement que l'Etat s'y invite en prenant des mesures drastiques pour mettre fin à cet esclavage des temps modernes. Le parlement doit légiférer sur la question et une loi doit être votée en tenant compte du coût de l'heure afin qu'il soit uniformisé. L'Etat doit protéger les salaires des enseignants du privé en faisant respecter les textes en vigueur. Dans ce cas, que faire ? Amener chaque fondateur à verser dans un compte d'

opération commun pour l'enseignement privé logé dans une banque étatique le traitement mensuel des enseignants avant chaque 25 du mois en cours. C'est cette banque qui se chargera du virement des salaires des enseignants du privé sur leur compte individuel. Chaque enseignant doit ouvrir un compte dans les grands livres de cette banque. Le fondateur qui ne se conforme pas à cette réalité verra son école provisoirement fermé. Juste le temps qu'il se mette en conformité avec les textes en vigueur. Élaborer un nouveau cahier de charge pour l'enseignement privé en tenant compte de cette nouvelle donne est nécessaire. L'un des constats que l'on fait également au cours des délibérations des examens du BAC surtout est que l'ensemble des élèves des privés remplissent les conditions du repêchage. Trois professeurs de ce secteur interrogés sur la question pointent du doigt les fondateurs. Pour le prestige de leur école et pour une question de publicité ( les résultats sont parlants et c'est l'un des éléments que prend en compte les parents d'élèves pour inscrire leurs enfants dans un établissement privé) les fondateurs des établissements privés interviennent pour améliorer les moyennes de leurs élèves ont-ils dit.

La fraude qui vient des enseignants du privé est liée aux conditions de vie et de travail dans lesquelles les fondateurs les plongent à l'approche des examens de fin d'année. Contraindre les fondateurs à honorer leur engagement vis à vis des enseignants, l'école ne fera que bien se porter.

Mais la fraude n'est pas une exclusivité liée aux conditions de vie et de travail des enseignants du privé, ceux du public et les élèves et les parents d'élèves y ont également une grande responsabilité. Où se situent leur responsabilité et que faut-il faire pour la guguler. A lire très bientôt dans l'acte ll .

OPINION de Monsieur

Coulibaly Dognima

Instituteur ordinaire

Dr en Histoire moderne

Université Félix Houphouët-Boigny , sur les mot qui gangrène le système éducatif ivoirien.

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