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Réforme du permis de conduire : Les moniteurs d’auto-écoles en colère, interpellent

 La mesure a-t-elle été prise dans la précipitation ? Le ministre des Transports, Amadou Koné a suspendu, les inspecteurs chargés des examens théoriques et pratiques du permis de conduire afin d’assainir le secteur, le 26 avril 2021. Ceci afin de réduire le nombre d’accidents. En lieu et place des inspecteurs, ce sont désormais des gendarmes. Mais, près d’un mois après la mise en œuvre de cette nouvelle disposition, la grogne monte. Nous avons interrogé des moniteurs d’auto-écoles sur le site de passage des examens, le mardi 1 juin 2021, notamment le vice-président de l’Union nationale des auto-écoles de Côte d’Ivoire (Unaeci), Cissé Lamine. 

 

Un changement jugé déjà négatif par les auto-écoles

Pour le moment la situation est difficile pour les auto-écoles. Car, le nombre de candidats à présenter est limité. « Au départ, on s’était convenu avec la direction générale des transports terrestres (DGTCC) de programmer 15 candidats par gendarme, de façon quotidienne. On nous avait dit que les gendarmes pouvaient examiner 50 candidats par jour. Après trois jours de travail, on nous appelle et on nous dit de revenir à dix. Par la suite, on dit de revenir à 7 candidats par jour. C’est une perte pour les auto-écoles qui sont des opérateurs privés », souligne le vice-président de l’Unaeci.

Durée du passage pour le code assez long

Les auto-écoles désapprouvent le temps mis par les candidats. « On nous apprend qu’il faut 13 questionnaires au code. Le candidat passe 45 mn dans la salle. C’est excessif. Un candidat qui maîtrise son sujet, n’a pas besoin de passer toute la journée avec un inspecteur alors que des milliers de candidats attendent. Soit les gendarmes ne sont pas suffisamment rodés, soit ils ne sont pas en nombre suffisant. Il y a des fois où des candidats restent au Plateau jusqu’à 22h. C’est dangereux pour les jeunes candidats qui viennent de loin. La situation est la même à l’intérieur du pays, les auto-écoles sont contraintes d’attendre deux semaines pour voir des inspecteurs dans leurs localités. Et si ces inspecteurs doivent prendre que quelques candidats, vous voyez ce que cela fait » dépeint avec amertume M. Cissé. 

Des règles des examens de conduite qui changent

« Nous ne sommes pas contre les gendarmes, mais nous voulons plus d’inspecteurs pour que les auto-écoles puissent travailler. Il faut améliorer la méthode de travail. Nous avons besoin de respect. Bientôt, nous serons dans la réforme, avec le Projet d’appui à la modernisation du secteur des transports (Pamoset). Mais, en attendant ce programme d’enseignement commun, il faut que les mesures existantes soient celles qui s’appliquent. Concernant la conduite, nous faisons le créneau avec 6 piquets. Les gendarmes sont venus avec 8 piquets. On ne comprend pas cela. Concernant le slalom, les gendarmes font le huit. Pourtant nous n’avons pas enseigné ces nouvelles donnes aux candidats. Veut-on nous humilier ou bien ?», s’interroge avec colère le vice-président de l’Unaeci. Puis d’ajouter : « on n’a pas besoin de demander à un candidat de rouler des II Plateaux jusqu’à Abobo. Ce n’est pas une période de recyclage ».

Par ailleurs, Cissé lamine ne comprend pas que les avis tardent à être délivrés. « Certains candidats sont à l’extérieur. Ils ne peuvent pas attendre indéfinitivement des avis leur permettant d’aller imprimer leur permis », dénonce-t-il.

Des mesures peu consensuelles

« Le ministre de tutelle, le ministre des Transports refuse de nous rencontrer. Depuis sa nomination, nous avons écrit de nombreux courriers, mais il n’a jamais cherché à échanger avec nous. C’est incroyable. Pourquoi cette barrière entre les auto-écoles et le ministre ? Le transport ne concerne pas que les transporteurs et les conducteurs. Le ministre a certes le droit de prendre des décisions, mais celles-ci ne doivent pas entrainer la bonne marche de notre secteur d’activité », interpelle-t-il.

La corruption dans le secteur du permis

« Les auto-écoles ne font que former. Elles n’ont aucune responsabilité dans la corruption du processus d’obtention du permis. Car, ce sont des agents assermentés de l’Etat qui évaluent nos candidats et non les moniteurs qui ne font que programmer les examens. On ne peut pas nous accuser », explique le vice-président de l’Unaeci.

Les effets du Covid-19 sont néfastes

« Pendant la période de Covid-19, on nous a dit de fermer. Pourtant ce sont un sac de riz et un bidon d’huile qui nous ont été distribués, sans rien. La situation des auto-écoles est critique. Durant des années, le ministère des Transports a annoncé vouloir nous accompagner. Mais, jusque-là il n’y a rien. Les politiques ont tué les auto-écoles, pour s’en servir pour vendre leur image. Aujourd’hui, il faut que ces politiques nous appuient pour sortir du marasme économique. Ces soutiens ne seront pas gratuits », fait savoir Cissé lamine.

Le site d’examen de conduite peu convenable

« On n’a même pas de site. Le site est en grande partie occupé. Des bâtiments poussent. En sus, il y a des garagistes. Car les propriétaires terriens ont vendu l’espace. On ne peut pas examiner des candidats alors même que nous n’avons même pas de site. Le ministre n’est jamais venu voir où nous travaillons. C’est pénible », lance ce moniteur d’auto-école.

 

AKE

 

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

amadou koné

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