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En 2020–2021, 55 % des élèves ont été formés au privé où les enseignants ne sortent pas de l'ENS

C’est peu de le dire. La Ministre de l’Éducation Nationale et de l'Alphabétisation Mariatou Koné veut redorer le blason de l'école ivoirienne. Les réformes qu'elle annonce, si elles sont empreintes de rigueur, n'excluent pas que le chantier qui attend cette universitaire reste immense.

En attendant des déclarations officielles du Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation, Afriksoir.net à révélé ce mercredi que 52.000 candidats au concours d'entrée dans les Centres d'Animation et de Formation Pédagogique (CAFOP) ont été recalés pour leur niveau jugé faible. C’est clair, Mariatou Koné a déjà annoncé la couleur. Elle veut aujourd’hui se donner tous les moyens pour réussir sa mission. Il faut alors l'encourager.

Au même moment, il faut indiquer que le chantier qui attend Mariatou Koné est très vaste et reste parfois sinueux. Aujourd’hui, l’État a certainement les moyens d'assainir le mode de recrutement de ceux qui auront en charge la formation des élèves de Côte d’Ivoire. Mais dans le privé, la situation reste encore complexe. Si certains observateurs ont décrié les récents recrutements d'enseignants contractuels notamment à la faveur du PS-Gouv (10.300 enseignants recrutés) comme participant de la baisse du niveau des apprenants, il faut aussi et surtout regarder du côté du privé. À ce niveau, indiquons que pour l'année scolaire 2020-2021, 55 % des élèves de Côte d’Ivoire ont été formés dans des établissements privés. Il s'agit là, des chiffres se rapportant au secondaire général.

Ces chiffres sont de la Direction des stratégies, de la planification et des statistiques (DSPS) du ministère de l'éducation nationale et sont consultables sur le site internet de ladite direction. À en croire donc la DSPS, 78 % des établissements en 2020-2021 sont privés. On y trouve 1 330 809 élèves contre 1 105 205 pour le public et 43 888 enseignants contre 27 339 pour le public. Et pourtant à ce niveau, hormis quelques enseignants du public qui y vont pour leurs « gombos », le gros lot des enseignants du privé n’est pas passé par des écoles de formation. Dans le mieux des cas, certains sont détenteurs d'une autorisation d'enseigner.

 Mais cela ne fait pas pour autant de tous les enseignants du privé de mauvais enseignants. Absolument pas. Il y a d’ailleurs des parents d'élèves qui préfèrent les établissements privés au public. Autant il y a des mauvais enseignants au public malgré leur passage dans des écoles de formation dédiées, autant il y en a de bons au privé. Cela amène plutôt à comprendre qu’autant, il faut resserrer l’étau au niveau des concours d'entrée dans les CAFOP et à l'École Normale Supérieure (ENS), autant, il faut amener les établissements privés à miser sur la qualité des enseignants qui ont en charge la plus grande partie des élèves de Côte d’Ivoire.

Dans un tel contexte, le remède et le recours dans l'urgence semblent être la formation continue ; car en réalité, les enseignants demeurent les premiers leviers de tout changement qualitatif dans le système éducatif. Le métier de l'enseignement est un métier exigeant qui demande des compétences multiples et complexes afin d'assurer la qualité de la formation offerte aux apprenants.

C’est pourquoi, il est plus que jamais urgent de rendre mieux opérationnel le dispositif de suivi et d'encadrement des enseignants. En réalité, cette formation continue devrait être l'affaire des Antennes de la Pédagogie et de la Formation Continue, des Unités Pédagogiques (UP), des Conseils d'Enseignement (CE), des Coordinations Pédagogiques (CP), des Conseils Pédagogiques (CP) ou Animation Pédagogique du Secteur (APS). L’encadrement pédagogique, le recyclage et le perfectionnement des enseignants déjà sur le terrain sont des mesures additives qui doivent venir s'ajouter aux efforts amorcés au niveau du recrutement des enseignants de qualité en Côte d’Ivoire.


Dégnimani Yéo

Content created and supplied by: Dégnimani_Yéo (via Opera News )

mariatou koné

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