Sign in
Download Opera News App

 

 

Dysfonctionnements dans l’application du LMD : un professeur d’université interpelle

Il ne veut pas se taire sur la question. Le professeur d’Economie, maître de conférences agrégé, Séraphin Prao, n’est pas du tout content de l’application du système Licence, Master, Doctorat (LMD). Voici ses récriminations.

 

 

Dans une lettre ouverte, le professeur d’Economie des universités, maître de conférences agrégé, interpelle le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique sur plusieurs problèmes. « Je voudrais attirer votre attention sur les dysfonctionnements dans l’application du LMD, surtout sur le cadre institutionnel dans lequel les docteurs sont formés en Côte d’Ivoire. Alors que, dans des pays comme le Bénin et le Burkina Faso, l’adaptation avec les nouveaux paradigmes de formation est effective depuis longtemps et que la volonté politique a accompagné la volonté académique de respecter les nouvelles dispositions, l’on constate, en Côte d’Ivoire, que la volonté politique marque le pas : l’implémentation du LMD n’étant toujours pas totalement effective », écrit Séraphin Prao. Sans détour, cet universitaire qui préside le mouvement politique et citoyen, Les démocrates de Côte d’Ivoire (LDCI), indique que les universités publiques fonctionnent sans laboratoires, sans équipes de recherche et sans écoles doctorales. Dans ces conditions, dit-il, c’est à l’ancienne que les docteurs sont formés. « La mise en place des écoles doctorales, des laboratoires et des équipes de recherche pourrait permettre un meilleur encadrement des thèses de doctorat. Elle pourrait aussi permettre que les enseignements, à travers les équipes de recherche, soient engagés dans des programmes nationaux ou transnationaux de recherche et d’échanges sur la base de projets adaptés aux besoins endogènes (de développement) de la société ivoirienne », souligne M. Prao.

Par ailleurs, l’universitaire déplore que la Côte d’Ivoire tarde à entrer pleinement dans le marché unique de l’enseignement supérieur de l’UEMOA alors que la réforme du LMD a fait l’objet d’une décision académique du CAMES et politique de l’UEMOA.

L’autre préoccupation soulevée par le président du mouvement LDCI, concerne l’inexistence de mécanismes de filtrage des étudiants pour les études en cycles supérieures. « L’on se retrouve avec des masters pléthoriques comme des licences qui ne tiennent pas compte des exigences du marché de l’offre doctorale, lesquelles ont entrainé l’instauration du concours de recrutement des assistants d’université. Si la Côte d’Ivoire veut mettre fin au phénomène de plus en plus inquiétant des docteurs chômeurs formés en dehors du cadre institutionnel moderne, elle devrait avoir le courage d’engager les réformes exigées, malgré les coûts induits », propose-t-il.

Enfin, le professeur des Universités signale à l’attention du ministre, un autre mal de l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire : le chevauchement des années universitaires. « La rentrée académique 2021-2022 est fixée au 18 octobre 2021 alors que bien d’UFR et de départements dans les universités publiques n’ont pas achevé le second semestre de l’année en cours. Il arrive même parfois de voir la masse horaire des enseignements être sacrifiée sur l’autel de la volonté de terminer l’année en un temps record. Dans ces conditions, la formation dispensée ne peut être qu’au rabais. Il est donc logique qu’aucune université ivoirienne ne figure dans le classement des 200 meilleurs établissements d’enseignement supérieur d’Afrique, là où l’Université Cheikh Anta Diop et l’Université Gaston Berger, toutes deux du Sénégal, l’Université de Lomé (Togo) et l’Université d’Abomey-Calavi du Benin parviennent à figurer dans ce classement », dépeint-il tout en se disant prêt à approfondir les questions soulevées.

 

AKE

 

 

 

 

Content created and supplied by: Eddy3 (via Opera News )

COMMENTAIRES

Chargez pour lire plus de commentaires