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C’est bien de rappeler aux enseignants les ‘’interdits’’ mais que fait-on des devoirs des élèves?

 

        

Mouvement d’humeur d’élèves, image d’illustration

Quoique nous soutenions les efforts de la ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation dans sa quête aux solutions pour relever l’école ivoirienne, nous nous permettons, en tant qu’acteur du système de nous prononcer sur le fameux arrêté n°0111 MENET/CAB du 24 Décembre 2014 portant code de conduite des personnels des structures publiques et privées relevant du ministère de l'éducation nationale signé par l’ancienne ministre KANDIA CAMARA.

      Rappelons les points saillants de cet arrêté :

              LES INTERDITS:

CHAPITRE 3.

ARTICLE 5: Sont interdits et passibles de sanctions disciplinaires :

1- toute tenue indécente, à caractère politique, religieux ou relative à une publicité non autorisée en milieu scolaire, ainsi que les chaussures non fermées, les tatouages, les piercings et les dreads;

2- tout prosélytisme à caractère politique ou religieux, de même que l'expression d'une opinion personnelle syndicale, religieuse ou politique face aux élèves ;

3- L’absence au poste sans autorisation du supérieur hiérarchique ;

4- L’exclusion d’un élève des cours non conforme aux dispositions prévues dans le règlement intérieur de l'établissement ;

5- toute tâche confiée à un élève en dehors d’un objectif pédagogique Clair défini par le ministère, à fortiori inadaptée à l'âge de l'élève;

6- toute forme de discrimination notamment celle basée sur l’ethnie, la religion, la race, la situation sociale, le genre et/ou le handicap de l'élève ;

7- toute forme de propos à caractère insultant, humiliant, discriminatoire ou raciste à l'endroit de l'élève ;

8- toute forme de menace sur l'élève ;

9- toute forme de punition physique, psychologique et humiliante à l'endroit de l'élève ;

10- L’introduction, la vente et/ou la consommation d’alcool et de tabac à L'INTÉRIEUR et aux abords des établissements scolaires et dans les administrations relevant du Ministère.

ARTICLE INTERDITS PASSIBLES DE SANCTIONS DISCIPLINAIRES ET/OU DE POURSUITES JUDICIAIRES;

1- les relations sexuelles entre tout agent et les élèves;

2- toute forme de HARCÈLEMENTS SEXUELS sur les élèves;

3- les attouchements sexuels sur les élèves;

4- la divulgation de toute information confidentielle concernant la situation personnelle ou familiale d'un élève;

5- L’acceptation ou la sollicitation d’un avantage financier, matériel  ou de quelque nature que ce soit, en contrepartie de la notation, de la progression scolaire d'un élève ou d'un autre traitement particulier que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement scolaire ;

6- les coups et blessures volontaires sur les élèves ;

7- la consommation de tabac, la vente et la consommation de stupéfiants ou de toute autre substance psychotrope à l'intérieur et aux abords des établissements scolaires et dans les administrations relevant du Ministère.......

Des élèves protestant, image d’illustration

     Tous ces différents énumérés ne concernent que les enseignants et le personnel éducatif. C’est bien, c’est même très bien vu mais rappelons que la crise de l’école ivoirienne n’est pas liée uniquement aux enseignants ; nous pourrions même risquer de dire que ce n’est même pas, (du moins ces dernières années) le corps enseignant qui est au centre des scandales : nous avons encore en mémoire celui de cet élève du lycée Alassane Ouattara qui menaça en janvier 2021 son éducateur avec un fusil (parce qu’il avait été surpris visionnant un film en classe, ce qui est interdit), de cet autre qui confisqua le portable de son professeur d’anglais à Bocanda ( parce que ledit prof avait conformément à la loi, confisqué les deux portables que l’élève exhibait devant lui en classe, c’était toujours en janvier 2021).

       Nous ne passerons pas sou silence ce professeur qui a été tabassé à Bouaké violemment agressé par son élève au collège privé Nanan Yamousso Marie Thérèse de ladite localité (les faits s’étaient déroulés fin février 2021). Continuons notre revue des scandales et citons cette fois le cas de cette étudiante du lycée professionnel de Yopougon qui prit aux collets sa professeure.

Image d’illustration d’élèves tentant de déloger leurs camarades

       Que dire de toutes ces agitations animalières qui, à la veille des différents congés scolaires, occasionnent des jets de pierres de la part d’élèves ? A Yopougon cette année, dans un établissement privé, un élève a perdu un œil à la suite d’un caillou qu’il a reçu au moment où il se trouvait au balcon de sa classe.

      La liste des griefs contre les élèves est très longue et il est important que la ministre prenne également un arrêté, cette fois pour les cas d’indiscipline car aujourd’hui, l’école est gouvernée par les élèves et non par les administrations : ils sont les maîtres, les rois, les dieux, ils font la pluie et le beau temps. Et la question centrale est de savoir comment un enseignant doit faire face à de telles débauches d’indiscipline sans que son intégrité ne soit menacée.

    Un adage bien africain le dit, quand on parle au chien, il faut aussi parler à l’os. Tant qu’on ne se penchera pas sur l’indiscipline notoire qui prend de l’ampleur dans nos établissements, indexer le corps enseignant seul serait se limiter aux portes béantes de la crise sans véritablement y entrer.

            Frederic GNEZE 

Content created and supplied by: FredericGneze (via Opera News )

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